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GUERRE DES GANGS À LA CITÉ KOURIFA, EL HARRACH

On s'explique au sabre et au gourdin

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Ghetto, insécurité, violence, guerre des gangs, aucun mot n'est assez fort pour qualifier le climat qui règne dans les nouvelles cités.

Les jeunes des nouvelles cités, dans la capitale, se livrent à des bagarres de rues, dans lesquelles le recours aux armes blanches est malheureusement fréquent. Ces batailles rangées rendent la vie des citoyens insupportable dans ces quartiers populaires où les nouveaux venus ont tout le mal du monde à s'adapter à leur nouvel environnement. C'est le cas au quartier Kourifa à El Harrach et dont les habitants vivent au rythme d'empoignades sanglantes dont les protagonistes deviennent des «abonnés aux urgences» des hôpitaux. Ces espaces d'habitations censés protéger leurs occupants se muent finalement en arènes où s'affrontent des gangs armés d'épées et autres fumigènes incendiaires. Dans ces nouveaux ghettos, le chaos règne en maître et les familles sont en proie au suspense et à l'angoisse nocturne. Ces secteurs urbains nouvellement créés et censés être de vrais melting-pot algérois se révèlent une vraie poudrière. La différence des «origines» des familles relogées fait que la cohabitation devient difficile, voire impossible. Certaines proviennent de Aïn Naâdja, d'autres du Lotissement à Kouba ou de Beaufraisier à Bouzaréah, alors que de nombreuses autres familles sont issues de l'extrême est de Rouiba. Difficile de réunir tout ce beau monde dans un espace commun! Cela semble révéler la violence qui marque le quotidien de ces bâtiments flambant neufs et qui poussent comme des champignons dans toute la capitale. Les derniers événements en date qui ont secoué le quartier Kourifa remontent à l'Aïd dernier, lorsque deux individus se sont affrontés à couteaux tirés. Cet épisode a semé l'émoi au sein de la population qui craignait que l'empoignade prenne des proportions plus grandes et finisse par provoquer le chaos. L'incident s'est tout de même soldé par la blessure de l'un des protagonistes qui a été conduit d'urgence et dans un état critique à l'hôpital Selim Zemerli.
La saison estivale ne fut d'ailleurs pas de tout repos pour les locataires de la cité Kourifa qui ont eu à vivre de longues nuits blanches tenaillés qu'ils étaient par le diktat des gangs qui se sont formés à la faveur de la nouvelle carte de distribution de logements. Ils se rappellent encore de l'affrontement entre jeunes hommes, tous deux issus des faubourgs de Rouiba et dont l'un a péri suite à un banal différend. Le phénomène de la violence dans ces cités se greffe souvent à celui du trafic de drogue. Les descentes policières tendent un tant soit peu à contenir les flambées de barbarie, les citoyens demeurent toutefois sur leurs gardes et ont appris à vivre sur les nerfs, suite à la récurrence des mêlées nocturnes. Depuis quelques années déjà, de jeunes voyous, les «Aâraya» ont pris de l'ascendant derrière les murs des nouvelles cités, imposant leurs lois et leurs vues avec violence aux habitants qui ne se sentent plus chez eux. Trafic de drogue, vols de voitures et recours aux armes blanches finissent par clore un tableau peu reluisant.

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