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RÉVISION DE LA LOI SUR LES HYDROCARBURES ET EXPLOITATION DU GAZ DE SCHISTE

Guitouni persiste et signe

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Avec un baril qui tourne autour de 50 dollars, il est devenu impossible d'appliquer le dispositif fiscal en vigueur car l'investisseur ne viendra pas, puisque non intéressé.

Après Ahmed Ouyahia qui a annoncé depuis le pôle pétrochimique d'Arzew où il était en visite de travail jeudi dernier, la prochaine révision de la loi relative aux hydrocarbures et le développement du gaz de schiste, c'était au tour hier du ministre de l'Energie Mustapha Guitouni de confirmer les deux options citées par le Premier ministre comme autant de leviers nécessaires pour alimenter les caisses de l'Etat et donc garantir le développement économique du pays. Sur le sujet de la révision de la loi sur les hydrocarbures, le ministre de l'Energie a révélé qu'une réflexion est engagée dans ce sens. Ce dernier, qui se prononçait à l'occasion de l'ouverture des travaux de la réunion du Conseil d'affaires algéro-américain, en présence de représentants de grandes compagnies américaines de plusieurs secteurs dont essentiellement ceux de l'énergie et des énergies renouvelables, a expliqué à propos de la réflexion qu'elle est «engagée pour réviser la loi sur les hydrocarbures à l'effet d'améliorer l'attractivité de notre pays en direction des partenaires étrangers, notamment dans la prospection et l'exploitation des hydrocarbures». Mustapha Guitouni a, par ailleurs, précisé dans une déclaration à la presse en marge de cette rencontre que cette révision va porter essentiellement sur l'aspect fiscal de la loi en vigueur. Celle-ci, faut-il le rappeler, date de juillet 2006, a modifié et complété la loi du 28 avril 2005 relative aux hydrocarbures. Comme on peut avancer que cette loi amendée en 2006 et 2013 paraît inadaptée aujourd'hui pour les compagnies pétrolières internationales. Ce qui a considérablement réduit, pour ne pas dire rendu inexistante, l'activité exploration des compagnies étrangères. Celle-ci (l'activité exploration) repose actuellement essentiellement sur l'effort financier et les moyens de Sonatrach. Du coup, les segments exploration et développement de gisements en partenariat ont connu un sérieux retard qui, par voie de conséquence, a fait baisser la production de pétrole et du gaz de Sonatrach, notamment cette année.
Une réduction qui pénalise doublement le pays car étant d'une part dans le besoin de recettes financières extérieures et d'autre part il ne tire pas profit des prix du pétrole en hausse ces dernières semaines. Devant une telle situation cela nous ramène à dire que la loi 86-14 amendée en 1991 était beaucoup plus attractive en termes d'exploration et d'exploitation.
En effet, c'est sous cette loi 86-14 qu'un nombre important de contrats de partenariat a été conclu dans les années 2000. Par contre, la loi de 2005 n'a pas contribué à l'arrivée d'un grand nombre d'investisseurs en Algérie. Et pour preuve: les appels d'offres lancés en exploration ont pour la plupart été infructueux...
En clair, ils se sont soldés par des échecs. C'est d'ailleurs sur la base de ce constat que le Premier ministre veut changer les dispositions de la loi. Ahmed Ouyahia compte en effet par le biais d'une révision de la loi en vigueur sur les hydrocarbures attirer de nouveaux investisseurs. «Cela est rendu nécessaire si l'on veut améliorer nos recettes financières extérieurs», avait-il lancé à Arzew à l'adresse des cadres de la Sonatrach.Leur rappelant enfin la nécessité pour la compagnie de faire face aux défis actuels du secteur de l'énergie et de mettre toutes ses potentialités et ses ressources au service du pays.
Si la révision de la loi sur les hydrocarbures est censée attirer plus d'investisseurs, il semble que ces derniers seront orientés, entre autres sur l'exploitation du gaz de schiste. Annonçant que le dossier du gaz de schiste est au «stade d'étude», Guitouni n'en pense pas moins que c'est là, une «option» incontournable. «On va y aller et on doit y aller», a clairement annoncé le ministre, au vu, dit-il, de la forte consommation enregistrée en matière de gaz naturel. En plus de placer l'enjeu actuel en termes d' «avenir des futures générations», le ministre s'est voulu pédagogue en soulignant que «le tiers de la production nationale de gaz naturel est consommé par le marché interne contre un tiers destiné à l'exportation, tandis que l'autre tiers est réinjecté dans le puits de production pour maintenir la pression du gaz». La solution qui semble s'imposer serait de pomper du gaz non conventionnel pour soutenir la consommation et l'exportation de ce produit énergétique stratégique pour l'économie du pays, aux dires du Premier ministre. Il faut savoir que l'Algérie dispose de 4 940 trillions de pieds cubes (TCF) de réserves de gaz de schiste, dont 740 TCF sont récupérables sur la base d'un taux de récupération (TR) de 15%. De fait, l'Algérie occupe la 4ème position mondiale en termes de ressources techniquement récupérables, juste après les Etats-Unis (dont le TR varie entre 20 et 50% selon les gisements), la Chine et l'Argentine, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie sur le gaz de schiste réalisé en 2013.

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