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L'URNE FACE À LA MENACE DE L'ARGENT

Les ogres de "la chkara"

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les formations politiques se font envahir par la machine de l'argentles formations politiques se font envahir par la machine de l'argent

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Front de Libération nationale (FLN) est le plus touché par le phénomène de l'argent qui a envahi les structures partisanes, et que l'on utilise comme tremplin dans la perspective de décrocher un strapontin au sein des institutions élues.

L'immixtion de l'argent dans la sphère politique ou «la chkara» pour reprendre l'appellation galvaudée et usitée dans la société, prend une ampleur manifeste, surtout pendant la période fébrile des élections.
Aujourd'hui, nul ne pourra nier que ce phénomène est omniprésent au sein des partis politiques. L'expérience des législatives du 4 mai dernier est plus qu'édifiante quant à la propagation de cette maladie infantile qui affecte notre classe politique. Les dernières joutes ont montré une image d'une classe politique atrophiée par cette pratique somme toute néfaste.
Cette montée fulgurante d'une frange nantie de sommes mirobolantes en embrassant le monde de la politique, fait réagir beaucoup d'observateurs de la scène politique nationale qui s'accordent à dire que l'ampleur prise par les tenants de l'argent au sein des institutions élues risque d'hypothéquer la pratique politique et la dépouiller de son contenu censé insuffler la vie sociale ou d' autres segments de la société.
Ce phénomène est surtout visible durant la période électorale, les formations politiques se font envahir par la machine de l'argent dans l'objectif de ficeler des listes de candidats en vue de les hisser au plus haut rang de la candidature.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Front de Libération nationale (FLN) est le plus touché par le phénomène de l'argent qui a envahi les structures partisanes, que l'on utilise comme tremplin dans la perspective de décrocher un strapontin au sein des institutions élues.
Ce vieux parti est devenu une machine qui broie sa base militante pour le compte des éléments qui n'ont aucun capital d'expérience ou de militantisme au sein du parti. Ils disposent seulement du pactole qui leur permet d'avoir un statut de candidats en occupant des places de choix sous la bannière de ce parti dans les joutes électorales des locales du 23 novembre prochain.
Ce tournant abracadabrant que vient de prendre le FLN à cause de la mainmise des forces de la «chkara», renseigne sur l'état de dégradation qui affecte la classe politique en général et les partis en particulier. La grogne est devenue le signe saillant de ce parti, les militants de base du FLN crient au complot orchestré par les différents responsables de leur structure politique. La base militante va jusqu'à accuser le secrétaire général Ould Abbès d'avoir revu les noms de candidats aux élections locales en concoctant des listes en faveur de personnes étrangères au parti, moyennant de l'argent.
Cette grogne s'est affichée de façon manifeste la semaine dernière, où beaucoup de militants de base et des candidats ont envahi le siège du parti à Hydra, ils se sont adonnés à un spectacle fait de pugilats et autres palabres des plus désolants!!
Cette contestation, pour ne pas dire cette guerre déclenchée, est motivée par l'idée que le FLN est devenu un lieu où la «chkara» impose sa loi dans le montage et la confection des listes électorales. Cette situation est expliquée par les mécontents venant de plusieurs wilayas pour dire que la direction du parti a «mis sous le coude des listes de candidature officielles en les remplaçant par d'autres, élaborées d'une manière occulte en dehors des instances du parti».
Ce n'est plus un secret de Polichinelle que le FLN s'est transformé en une institution politique où l'argent s'est mêlée de façon criarde dans l'élaboration de toute démarche, y compris celle du processus électoral qui a pris un caractère où on sent l'odeur de l'argent.
Il n'est pas surprenant d'entendre l'ex-dirigeant du FLN, Abdelkrim Abada, affirmer que «70% des candidats aux élections locales du 23 novembre prochain sont des trabendistes», déclare-t-il.
Cette tournure prise au sein du FLN, est presque la même qui s'exprime dans les autres partis à l'image du Front national algérien (FNA) qui casse avec la moralité politique jusqu'à friser le sarcasme en déclarant que «nous avons donné de l'argent pour avoir notre siège à l'Assemblée populaire nationale». C'est ahurissant d'entendre des propos de ce genre. Le moindre que l'on puisse dire, c'est même offusquant!!
Ce nouveau fléau qui envahit la scène politique, porte beaucoup de préjudice aux partis politiques qui font de la moralité politique leur dada et leur référentiel de choix. Dans ce sens, le Front des forces socialistes (FFS), lors de la dernière réunion de son instance présidentielle, a mis en exergue la question de la «chkara» qui mine la pratique politique et le processus électoral. Dans ce sillage, l'instance présidentielle du FFS annonce que «la dépolitisation est la conséquence d'une pratique qui frappe de plein fouet la vie politique, la 'chkara'' s'est substituée aux vertus de l'exercice politique sain», tonne le Front des forces socialistes.
La Haute Instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), malgré quelques allusions faites à propos des mécanismes qui manquent quant à assurer des élections selon les normes escomptées, ne soulève pas à travers son président Abdelwahab Derbal la lancinante question de l'envahissement de l'argent dans le processus électoral qui écorne même l'opération elle-même étant donné que cette présence massive des forces de l'argent dans les joutes électorales pourrait bel et bien remettre en cause la crédibilité de ces élections, puisque l'approche prônée par les tenants de l'argent vise à remodeler la configuration politique actuelle en la teintant d'un critère qui rompe avec les principes de la moralité, de la compétence et le mérite. Le seul référentiel que sera tenu comme élément dorsal dans cette approche est celui de la cooptation fondée sur la logique du plus offrant.
La Hiise est concernée par cette nouvelle réalité politique dans le cadre du processus électoral où l'argent prime pour postuler à une institution élective. La dépolitisation de la scène nationale aura comme conséquence, la démission des citoyens de la chose publique, elle participera dans la détérioration des rapports entre institutions élues et officielles et l'espace réservé au monde de la finance et des affaires. Les élections locales du 2 novembre prochain annoncent déjà leur couleur, elles sont porteuses d'un mécontentement sur fond de mainmise de la «chkara» sur toute autre norme régissant l'action politique et le processus électoral.

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