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LIBÉRATION D'EMPRISES FREINÉES, BUDGETS EN RETARD, IMPORTATIONS ARDUES DES ÉQUIPEMENTS

Ces contraintes qui bloquent les entreprises

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Le rang des entreprises en difficulté grossit depuis deux ansLe rang des entreprises en difficulté grossit depuis deux ans

Dans un décor aussi contraignant, est-il surprenant de constater que la majorité des projets en cours de réalisation connaît des retards plus ou moins importants?

Les entreprises publiques vivent une situation difficile qu'explique, d'une manière simplificatrice, la crise induite par la chute des prix des hydrocarbures. Sans que leurs problèmes n'aient réellement droit de cité, du fait d'un réflexe archaïque de rétention de l'information, bon nombre de responsables de ces entités ont frappé à toutes les portes pour tenter de desserrer un étau qui a fini par étrangler certaines d'entre elles. Tout récemment, les privés sont montés au créneau pour réclamer le paiement de leurs dus, quand ce n'est pas de leurs «arriérés» faute de quoi c'était le dépôt de bilan. D'autres jonglent désespérément pour éviter la cessation de paiement et s'efforcent d'honorer vaille que vaille les salaires avec une régularité incertaine. Dans une telle conjoncture, les salariés font contre mauvaise fortune bon coeur et les syndicats profil bas.
Le rang des entreprises en difficulté grossit depuis deux ans environ alors que le pays fait face à une situation qui a nécessité une politique d'austérité sans concession, avec quelques constantes de nature à garantir la paix sociale. Ainsi en est-il de tout ce qui touche à l'éducation, à la santé et à l'habitat. Telle est la toute dernière décision du gouvernement.
Elle constitue une révision opportune des décisions antérieures qui avaient imposé aux gestionnaires des établissements publics le gel des projets non engagés et même une réduction de moitié des dépenses inscrites au budget annuel. A l'époque, une telle instruction avait créé un profond désarroi car les vieux réflexes sont toujours récalcitrants à mettre au placard.
Le vent avait alors soufflé sur presque tout le monde hormis les APC dont la gestion obéit à d'autres mécanismes. Malgré la soupape de sécurité que représentait l'autorisation d'utiliser 30% de la seconde moitié du budget sous réserve de solliciter du gouvernement un accord et de conserver les 20% restants pour les «coups durs», l'ambiance n'était déjà pas à la sérénité.
Dans un décor aussi contraignant, est-il surprenant de constater que la majorité des projets en cours de réalisation connaît des retards plus ou moins importants? Retards qui font souvent l'objet de réprimandes des responsables du secteur concerné, alors même que les raisons en sont tout à la fois évidentes et incontournables. Il y a d'abord la sempiternelle question de la libération des emprises et là, on peut dire que c'est un véritable parcours du combattant pour la majorité des gestionnaires.
Le combat qu'ils mènent est souvent homérique, leur solitude marquée et les échos qu'ils reçoivent de la part de leurs interlocuteurs à différents échelons d'une prudence remarquable.
Combien d'entre eux, croyant parvenir enfin au bout de leur peine, ont eu la désagréable surprise de découvrir que le terrain nécessaire au projet a fait l'objet d'une cession commerciale à des tiers privés! Auquel cas, la lutte doit reprendre de plus belle! Autre obstacle sur le parcours, celui d'un budget qui met des mois et des mois pour être débloqué, chaque étape franchie étant «contrecarrée» par une entrave inattendue sous prétexte de manquement à la procédure. Lequel manquement est ensuite démenti par le secteur des finances, sans que le préjudice porte à conséquences pour qui que ce soit d'autre que l'entreprise concernée. A croire qu'il est difficile de réunir des équipes multisectorielles pour examiner en profondeur les dispositifs réglementaires et législatifs afin de lever la moindre équivoque de nature à pénaliser le travail en aval des entreprises.
Un des impacts concerne l'importation des équipements pour laquelle les fournisseurs étrangers craignent la lenteur des paiements et redoublent de méfiance. Pourtant, le discours est sincère quand il plaide pour une participation pleine et entière des entreprises publiques à la réalisation du projet de développement national, surtout quand il s'agit des entreprises les plus performantes dont le savoir-faire est pleinement établi. Qu'il s'agisse de domaines stratégiques comme la sidérurgie et les hydrocarbures (raffineries) ou qu'il s'agisse des activités d'utilité publique comme l'éducation, la santé et les transports, notamment les exigences devraient être les mêmes et le souci de garantir une adéquation entre les moyens alloués et les objectifs assignés identique. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas.

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