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CES INSTITUTS ET UNIVERSITÉS QUI VOUENT L'ALGÉRIE AU BAN DES NATIONS

Des chiffres et des lettres

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Dans le contexte international actuel, marqué par l'unilatéralisme et l'autisme sociopolitique de l'administration Trump, ce genre de missile est assurément un moindre mal. Il sert, on le devine, à assouplir la position récalcitrante des dirigeants de certains pays.

Aucune information n'est réellement neutre, mise à part peut-être celle qui a été extirpée d'un milieu sans qu'il s'en rende compte. Ce qui revient à dire que toute information obéit à des calculs et à des intérêts sous-jacents dont il convient de démêler les arguments pour mieux en cerner les objectifs. Depuis des mois, on enregistre une salve devenue par la force des choses permanente d'études et d'enquêtes qui prétendent nous éclairer sur l'état d'un certain nombre de pays dont l'Algérie.
A priori, il n'y a rien d'anormal à ce genre d'analyse socio-économique pour peu qu'en soit vraiment exempté la motivation politique. Mais c'est là que le bât blesse!
Hier, nous apprenions que les Algériens se trouvent classés comme l'un des peuples les plus fainéants au monde par l'université américaine de Stanford, se référant sans l'avouer outre mesure aux digressions d'un ancien diplomate américain qui fut ambassadeur à Alger. Celui-ci avait défrayé la chronique en affirmant, dès son retour au pays de l'Oncle Sam, que l'Algérie est un «pays triste», son peuple «malheureux» et ses dirigeants «analphabètes trilingues».
Ce genre de propos fielleux est d'autant mieux accueilli qu'il intègre le discours sirupeux de nombre d'ONG et de think tanks actionnés par des milieux d'affaires ulcérés, après des expériences négatives dues aux pesanteurs dont souffre l'économie nationale, notamment dans le domaine bancaire et plus largement l'activité commerciale. Pour faire pression sur les pouvoirs publics, rien de mieux que ces signaux d'alarme permanents qui tendent à enraciner dans les esprits la conviction d'un malaise que rend plus pernicieux les manquements supposés aux droits de l'homme, la faible transparence dans les tran-sactions financières et les atteintes aux droits d'auteur ainsi qu'à la propriété intellectuelle.
Que l'université de Stanford «découvre» aujourd'hui que «les Algériens sont parmi les plus fainéants au monde, préférant les revendications à l'effort au travail», c'est scientifiquement une gageure ne serait-ce qu'au regard de l'échantillon «représentatif» considéré et des a priori des «chercheurs» déterminés à retrouver leur aiguille dans la botte de foin. Dans le contexte international actuel, marqué par l'unilatéralisme et l'autisme sociopolitique de l'administration Trump, ce genre de missile est assurément un moindre mal. Il sert, on le devine, à assouplir la position récalcitrante des dirigeants de certains pays qui rechignent à suivre l'exemple des monarchies du Golfe et d'ailleurs, devenues de bons élèves quand il est question de soumission absolue.
L'habitude est telle que les études et autres révélations des think tanks inspirés se suivent et se ressemblent quant à leur incidence recherchée sur le moral des peuples ciblés. Il en est ainsi du peuple algérien qui devine aisément par qui est orchestré ce genre de conclusions «assassines», noircissant sans cesse le tableau et «cent fois sur le métier remettant leur ouvrage». Loin de nous l'idée de jeter l'anathème sur toutes les études sans distinction, comme celles relatives à l'évaluation de notre enseignement scolaire par exemple (voir le classement Pisa de décembre 2016). Mais que dire de celle de l'Ompi qui classait dernièrement l'Algérie à la 133ème place sur 143 pays auscultés pour leur aptitude à l'innovation ou celle de l'Institute of Economics & Peace pour qui elle traîne à la 109ème place sur 163 pays testés en matière de paix? Tunisie et Maroc se situent pour cet «Institute» à la 69ème et à la 75ème place tant leur situation intérieure offre des montagnes de sérénité. On comprend mieux de tels constats quand on se rappelle les mises en garde de certains ministères des Affaires étrangères à ses ressortissants auxquels il déconseillait le séjour en Algérie en raison d'une «insécurité» qu'il est seul à observer!
Autre exemple de cette implacable objectivité: l'étude effectuée par le magazine US News & World Report avec le cabinet BAV Consulting et la Wharton School de l'université de Pennsylvanie auprès de 21 000 personnes entre «chefs d'entreprise, des élites informées et de simples citoyens» en 2016, plaçant l'Algérie 78ème sur les 80 pays «étudiés» dans des domaines aussi variés que la citoyenneté, l'influence culturelle, l'entrepreneuriat, l'héritage, la mobilité, l'ouverture sur les affaires, la puissance et la qualité de vie. Dans ce classement, le Maroc occupe la 48eme et la Tunisie la 64ème place. Ainsi, l'Algérie figure-t-elle encore et toujours dans le bas du tableau, juste avant l'Iran 79ème, et la Serbie 80ème. En termes de notes octroyées, l'Algérie a écopé d'un 8 en matière de corruption, un 0,3 en matière de stabilité économique, un 0,3 en stabilité politique, et 1,3 pour la puissance militaire. Comment dit-on déjà?
No Comment? C'est assurément insulter l'intelligence du peuple algérien que de prétendre ainsi lui faire prendre des vessies pour des lanternes!

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