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DES ENFANTS SANS NOURRITURE DANS LES ÉCOLES

Le dernier échec des élus locaux

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Les couples qui travaillent souffrent le martyre pour nourrir leurs enfantsLes couples qui travaillent souffrent le martyre pour nourrir leurs enfants

Un mois s'est écoulé et les cantines demeurent fermées dans plusieurs écoles primaires à travers la wilaya de Tizi Ouzou.

Ces établissements, gérés par les Assemblées populaires communales, causent beaucoup de tracasseries aux familles qui ne savent plus sur quel pied danser. Les couples qui travaillent souffrent le martyre pour nourrir leurs enfants. Pis encore, dans certaines écoles, les enfants sont obligés de sortir de l'établissement de midi à 13h ce qui fait dire à beaucoup de familles que c'est là le dernier cadeau des élus avant de partir. En effet, avant la fin d'un mandat marqué par une mauvaise gestion incroyable des collectivités locales, les élus laissent un dernier cadeau aux populations déjà éreintées par leur précédente gestion.
Aujourd'hui, en fait, les parents sont unanimes à dire que cette année est la première où ils vivent une rentrée aussi catastrophique en matière de cantines scolaires. Le livre scolaire est une autre affaire. Au sujet des cantines scolaires, à travers beaucoup de communes, les élus, censés gérer ces établissements du primaire, où se trouvent des enfants en bas âge, n'ont pas pu ouvrir les cantines, un mois après la rentrée c'est la débandade.
Devant les établissements, la situation vécue par les parents et leurs enfants montre l'échec cuisant des élus à gérer les collectivités locales. A proximité des écoles, les familles se regroupent pour donner à manger à leurs enfants. Des sandwichs faits à la maison pour certains et des pizzas pour ceux qui travaillent. Dans d'autres écoles primaires situées dans les villes, les enfants vont directement aux pizzerias les plus proches pour manger alors que d'autres sortent un petit morceau de pain devant le portail de l'école. Aussi, beaucoup de parents ont une image négative des élus locaux. «Moi, je m'en fous du ministre ou autre. Le responsable, c'est le maire. C'est à lui de gérer cette école», fulmine un parent vraisemblablement agacé après des semaines passées à faire les va-et-vient entre l'école et le lieu de travail. C'est un calvaire. Ma femme et moi nous courrons du matin au soir. Il faut les emmener l'un à 8h l'autre à 10h. A midi, il faut aller les chercher. A 13h, il faut emmener l'un et l'autre c'est à 14h 30. L'après-midi, il faut chercher le premier à 15h30 et l'autre à 16h45. On a vraiment l'impression qu'ils font cela exprès pour faire détester l'école aux enfants et à leurs parents. C'est un crime, ces horaires», témoigne un parent apparemment fatigué de ces allées et venues. Un autre parent nous accoste à quelques mètres pour incriminer les élus locaux. «Avec tous ces tracas, les maires que nous avons élus ont laissé nos enfants sans cantines.» Enfin, cette situation est réellement dramatique. L'école, ce n'est pas uniquement les livres et les cahiers. Les enfants ont besoin de manger à midi au risque d'être sous-alimentés. Les enfants souffrent de cette situation et les responsables ne semblent guère en être conscients. «On peut laisser un enfant sans livres. Nous avons fait l'école sans livres parfois et d'autres avec un seul pour toutes les générations de la première à la sixième année. Mais l'on ne peut pas étudier le ventre creux. Cela est impossible. Je pense que certains cherchent à nuire à nos enfants. C'est fait exprès tout ça», dit un retraité qui vient récupérer ses neveux. En tout état de cause, bien que les responsabilités soient à partager entre tous les intervenants, les élus au niveau des communes portent la responsabilité de cette situation qui pénalise les enfants.

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