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ALI HADDAD, PATRON DU FCE

Un destin en majuscule

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Un destin en majuscule

L'homme a plusieurs défauts et un nombre intéressant de qualités. Reconnaissons-lui celle-ci: le patriotisme économique.

Naître dans une contrée réputée pour être le nid des artistes en Algérie (Azeffoune), vivre de l'entrepreneuriat et s'aventurer sur le terrain glissant de la politique. Pour réussir ce triptyque, il faut une sacrée dose d'audace et surtout être gratifié d'un destin en majuscules. A la tête du premier groupe privé de BTP algérien, Etrhb, Ali Haddad, 52 ans, a brillamment réussi ce cheminement. La 3ème édition de l'université d'été du FCE organisée hier, à la Safex à Alger, a été la parfaite démonstration de ce brillant succès. Discret, mais Ali Haddad a été le véritable chef d'orchestre de cette rencontre unique en son genre dans les annales de l'histoire de notre pays. Jamais autant de ministres, autant d'experts et de chefs d'entreprise se sont réunis avec un pareil enthousiasme pour trouver le remède adéquat à l'économie nationale sous le choc de la chute des prix du pétrole. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, le secrétaire général de l'Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd, huit membres de l'Exécutif et des centaines de chefs d'entreprise ont animé cette université d'été du FCE qui se poursuivra jusqu' à demain. Il s'agissait ni plus ni moins d'un rassemblement des élites de l'économie et de la politique nationale. Ceux qui connaissent le patron de l'Etrhb savent qu´il maîtrise parfaitement son sujet. Naturellement doté d'une grande capacité d'écoute, il a le flair des opportunités. Vous voulez une démonstration? Tenez, l'homme a su faire son beurre dans le...goudron pour avoir bâti, à partir du néant une entreprise de travaux publics et la faire fleurir à une époque où les rares entrepreneurs fuyaient le pays menacé par l'hydre terroriste. C'est au début des années 1990 que Haddad a pu décrocher son premier chantier de revêtement d'une route dans la wilaya de Tizi Ouzou. L'entreprise prend son envol au début des années 2000 avec le lancement par l'Etat de grandes infrastructures publiques. Routes, voies ferrées, barrages, tramway, complexes sportifs. Pas moins de 6000 familles se nourrissent de ce success-story. Une réussite fulgurante qui a suscité nombre de jalousies. Ali Haddad ne s'y attarde pas. Il se roule dans cet espace comme on se roule sur l´herbe un jour de printemps, bute sur un tas de fumier qu´il refuse de voir en se hissant dessus pour humer les roses. Il se place alors comme un acteur incontournable pour avoir arraché des acquis indéniables au patronat. Dans ce combat rude et quotidien on a toujours prêté au patron du FCE des incursions dans un champ politique souvent miné. Lui reproche-t-on sa proximité avec le gouvernement en ces moments de disette financière? Au gouvernail du FCE, il y a un homme. Ali Haddad. Contestable? Certainement, il n'est pas un ange. L'homme a plusieurs défauts et un nombre intéressant de qualités. Reconnaissons-lui celle-ci: le patriotisme économique: Il a su délicatement déjouer les «icebergs» de l'aventurisme entrepreneurial. Souvent, il fait des concessions prudentes, mais sans perdre le fil conducteur. Fin connaisseur du monde économique et subtil négociateur, le patron du FCE a le mérite d'adapter sa stratégie et de saisir les enjeux durant cette période difficile car la stabilité n'est pas seulement sécuritaire, elle est aussi au plan social. Ali Haddad est un partenaire social important sur l'échiquier économique. Mais on ne peut pas être partenaire d'un projet si le doute s'installe, si le climat est délétère. La 3ème édition de l'université d'été du FCE a le mérite de véhiculer une image de réconciliation entre les acteurs politiques, économiques et syndicaux du pays. Pari réussi donc, pour ce patron qui ne laisse jamais indifférent. Mais pour se frayer le chemin, et le déblayer, c'est une technique à maîtriser. Que d'embûches, que de coups bas, et de poignards plantés dans le dos qui ont consolidé une carapace dure à transpercer. Cet homme au geste lent d'un semeur et au large sourire excelle dans l'art de l'esquive. Il semblerait qu'il en fait même une seconde nature. Il a bien assimilé une règle non écrite là-haut: quand les électrons qui gravitent autour du noyau décisionnel s'avèrent médiocres, car sans culture politique et sans finesse stratégique, le pouvoir flingue. Sans pitié et sans état d'âme.

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