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UNIVERSITÉ D'ÉTÉ DU FCE: FACE À UN PREMIER MINISTRE QUI MAÎTRISE PARFAITEMENT TOUS LES DOSSIERS ÉCONOMIQUES

Les patrons expriment leurs inquiétudes

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Les patrons expriment leurs inquiétudes

En toute franchise, sans aucune langue de bois, le chef de l'Exécutif a rassuré les patrons qui lui ont réservé une «standing ovation» pour exprimer leur satisfaction de ce débat des plus enrichissants...

Du haut niveau! C'est le moins que l'on puisse dire du débat entre le Premier ministre Ahmed Ouyahia et les patrons algériens, qui a eu lieu lors de l'inauguration de l'université d'été du Forum des chefs d'entreprise (FCE). Deux heures durant, «Si Ahmed» a tendu l'oreille à ceux qu'il a qualifiés de «partenaires avec qu'il va construire l'Algérie qui avance». Assis sur son fauteuil, comme dans un talk show américain, le chef de l'Exécutif prenait note sur son petit calepin de toutes les doléances de ces hommes d'affaires avec qui il a eu de fructueux débats! Le professeur Cherif Belmihoub a été le premier à ouvrir le débat en lançant au Premier ministre la «flèche empoisonné» de l'économie informelle. Avec son sourire légendaire, il a de suite répondu à cette colle. Il a d'abord tenu à faire le distinguo entre les barons et les petits vendeurs. «Nous n'allons pas déclarer la guerre au petit vendeur de jean de la place des Martyrs qui fait cette activité pour survivre. Tant que nous n'avons pas pu lui offrir un vrai métier, on n'a pas le droit de lui interdire de faire cette vente à la sauvette», a-t-il souligné en toute franchise. Il rappelle dans ce sens qu'en Italie, qui fait partie du «top ten» des économies mondiales, l'économie souterraine représente 35% du PIB. «L'économie informelle n'est donc pas une fatalité. Mais il faut diriger cette guerre contre les barons de l'import-import qui brassent des milliards sans rien payer en contre-partie. Ils travaillent sans facture, il nous faut mettre fin à cette pratique», peste-t-il. «Ça c'est notre travail à tous! Les autorités qui contrôlent, les citoyens et opérateurs économiques qui doivent refuser de commercer sans facture», ajoute-t-il avec détermination. Il n'en fallait pas plus pour enflammer la salle qui avait compris que le chef de l'Exécutif était là pour parler en toute franchise, sans aucune langue de bois. Tout le monde voulait prendre la parole, et le modérateur a dû intervenir pour mettre de l'ordre à cette salle des plus euphoriques. Le micro va de main en main, on l'interroge sur le choix du gouvernement de recourir au financement non conventionnel. «Vous avez des impayés chez l'Etat?», demande à son tour Ahmed Ouyahia au patron. «Si on n'avait pas recouru à cette solution, on n'aurait pas pu vous payer ni payer les salaires de nos fonctionnaires. Ce n'est donc pas un choix mais une obligation pour éviter un arrêt cardiaque au pays...», précisera-t-il. «Il n'y avait plus de liquidité dans les banques, on se dirigeait vers la banqueroute. Sonatrach, Sonelgaz, Aadl...ce sont des crédits sur 30 ans qui absorbaient la liquidité existante. C'est la seule solution que l'on a trouvé pour sauver le pays», soutient-il, en se montrant toutefois optimiste. «Nous allons connaître une petite croissance en 2018. Pour ce qui est de la pseudo inflation dont nos détracteurs parlent, je leur donne rendez-vous à la fin du 1er trimestre de l'année prochaine», prévoit -il, avant de redonner la parole aux patrons qui ont évoqué les épineux problèmes des zones industrielles et du protectionisme économique.
Des sujets auxquels le Premier ministre a de suite répondu en promettant de les régler incessamment. «Nous sommes là pour vous aider à la seule condition que vous créez de la richesse. Notre deal aujourd'hui, c'est du gagnant- gagnant», met-il en exergue, avant de citer l'exemple de la zone industrielle de Sétif, dont les patrons de la région ont exprimé au gouvernement leur volonté de financer sa création. «C'est bien, on est d'accord. L'Etat n'a plus les moyens de le faire, les patrons on va leur faciliter la tâche et tout le monde y est gagnant», estime t-il non sans leur promettre la prise de décisions importantes pour les protéger de la concurrence. «A condition que vous vous mettiez à niveau», précise-t-il. D'autres patrons, se sont inquiétés de la bureaucratie et des blocages qu'ils subissaient de la part de l'administration. Ahmed Ouyahia a promis une plus grande simplification des procédures d'investissements, non sans instruire les ministres présents de régler les «blocages» exprimés par certains patrons. Youcef Yousfi, le ministre de l'Industrie et des Mines, a été le plus sollicité par son chef. Les débats se sont poursuivis, touchant pratiquement tous les reliefs de l'économie nationale. Ahmed Ouyahia n'a pas hésité à tancer certains, d'autres en ont fait de même pour le gouvernement, mais tout cela dans une ambiance bon enfant, où l'on sentait une vraie réflexion sur l'économie nationale, avec un maître d'orchestre qui maîtrise parfaitement tous ses dossiers. Une standing ovation lui a d'ailleurs été réservée par ses interlocuteurs à la fin de ce débat des plus enrichissants, et d'où les patrons sont sortis des plus rassurés. «Le gouvernement sera toujours à votre service, entrepreneurs et travailleurs pour construire ensemble cette Algérie qui avance», a-t-il conclu sous un tonnerre d'applaudissements...

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