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IL EST LE PLUS IMPORTANT PRODUCTEUR DE KIF AU MONDE

Le Maroc pèse plus de 23 milliards de dollars

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Les trafiquants parviennent à injecter les bénéfices de leur trafic dans l'économie formelle, sans que l'on entende jamais parler de l'arrestation d'un baron de la drogue...

Que la Royal Air Maroc transporte autre chose que des passagers, ou que les succursales des banques marocaines en Afrique versent dans le blanchiment d'argent n'a rien d'invraisemblable. Le fait est que l'économie du Maroc repose sur l'«or brun» à plus de 23%. Ce chiffre correspond au poids de la procuration du cannabis dans le PIB du royaume. Le marché de la drogue brasse quelque 23 milliards de dollars dans ce pays, classé par l'agence onusienne de lutte contre le trafic de drogue, en tête des narco-Etats de la planète. Pour blanchir une masse monétaire de cette ampleur, les petites combines ne suffisent pas. Il faut employer les gros moyens pour l'injecter dans le circuit formel et la récupérer «blanchie» au bout du Pipe. Les prétendus investissements marocains dans quelques capitales africaines suscitent quelques interrogations à voir la facilité avec laquelle les succursales des banques marocaines libèrent des lignes de crédits pour des projets, souvent difficilement rentables, mais qui dégagent d'importants bénéfices, vite rapatriés «légalement» dans d'autres. Bref, les experts africains y sentent une odeur de blanchiment d'argent. De là à dire qu'il existe une sorte de complicité au sein de l'administration économique marocaine, il n'y a qu'un pas que pas mal d'observateurs n'hésitent pas à franchir, compte tenu de la puissance financière des narco-trafiquants marocains. Ces derniers contrôlent des pans entiers des institutions officielles, puisqu'ils parviennent à injecter les bénéfices de leur trafic dans l'économie formelle, sans que l'on entende jamais parler de l'arrestation d'un baron de la drogue. Un véritable cartel gère l'économie du pays, autorisant des opérations de «séduction» pour tromper l'opinion locale, comme internationale. D'année en année, le marché s'agrandit et les cartels s'enrichissent. «La production totale de cannabis au Maroc en 2015-2016 est estimée à 700 tonnes métriques», rapporte le département d'Etat dans un rapport rendu public en juillet dernier. Au statut de premier producteur de cannabis, le Maroc s'adjuge le rôle de première zone en Afrique de transit de la cocaïne sud-américaine. Le «partenariat» entre les cartels marocains et sud-américains est d'autant plus solide que l'on enregistre d'assez faibles et épisodiques prises de cocaïne en terre marocaine. Les trafiquants sud-américains profitent des réseaux bien huilés de leurs confrères marocains pour exporter leur drogue en Europe. Le rapport du département d'Etat US s'appuie sur deux saisies record de cocaïne opérées en 2016, à savoir 1230 kg et 250kg pour tirer une conclusion sur l'énorme trafic de drogues dures au Maroc. Lorsqu'on sait que sur la production estimée de cannabis, il y a dix fois plus de saisies en Algérie qu'au Maroc, on mesure l'importance de la quantité de cocaïne qui transite par le territoire marocain. Le document du département d'Etat nous apprend que Rabat a «reconnu ses limites» en matière de lutte contre la drogue. Un euphémisme pour éviter de parler de complicités au niveau des institutions du pays et du poids «horriblement» important des cartels dans la vie politique du Maroc. Le gouvernement explique son incapacité à lutter contre le trafic par «les rivalités existantes entre les agences marocaines chargées de l'application de la loi». Un état de fait qui aurait provoqué des «chevauchements des mandats en matière de lutte contre la drogue». Un argumentaire qui n'a aucun sens et confirme le noyautage des services de sécurité par les trafiquants de drogue. A bien décrypter les raisons invoquées par le rapport, l'administration marocaine est trop impliquée dans le trafic pour pouvoir faire quoi que ce soit. Ce qui explique, affirme le rapport, l'ouverture en février dernier, à Rabat, de l'administration américaine chargée de la lutte contre la drogue (DEA). Un sérieux coup à la souveraineté du Maroc.

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