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DES RÉSERVES DE CHANGES À 76 MILLIARDS DE DOLLARS ET DES PROJETS INDUSTRIELS AMBITIEUX, MALGRÉ LA CRISE

Les raisons d'espérer

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Le pays demeurera solvable en 2020Le pays demeurera solvable en 2020

Quatre filières apporteront, à plus ou moins brève échéance, une véritable bouffée d'oxygène à l'économie nationale en termes de recettes d'exportation.

Contrairement au scénario-catastrophe annoncé par certaines mauvaises langues, l'Algérie a les moyens de sortir du «guêpier» financier. Les prévisions en matière de niveau des réserves de changes amènent à conclure que le pays demeurera solvable en 2020. Cela tout en mettant le paquet sur les investissements publics destinés à soutenir la croissance économique, elle-même sous-tendue par un certain nombre de gros chantiers industriels, dont la principale mission consiste à préparer durablement la diversification économique. Il faut savoir, en effet, que de nombreux projets structurants initiés entre 2013 et 2015, commencent à entrer en production pour certains. Un signe qui ne trompe pas quant à la justesse des décisions prises en ce temps et dont les effets se font déjà sentir pour ce qui concerne le ciment, notamment.
Les premiers contingents à l'exportation de ce produit qui coûtait, il n'y a pas si longtemps des milliards de dollars annuellement au Trésor public, sont prévus pour le début de l'année prochaine. Les propriétaires des cimenteries qui ont vu le jour ces deux dernières années, connaissaient la consommation nationale de cette matière et avaient déjà envisagé l'option des exportations. Concurrentiel en raison du bas prix de l'énergie nécessaire à sa production, le ciment algérien a de grandes chances de trouver preneur en Afrique, première cible des cimentiers, et même ailleurs dans le monde.
Bien que les prévisions d'exportations ne soient pas chiffrées, les perspectives pour cette filière sur le marché africain sont «florissantes» assurent de nombreux professionnels qui notent les avantages comparatifs de l'Algérie par rapport à d'autres pays. Les mêmes professionnels soutiennent que la décision du gouvernement de poursuivre les investissements publics pour 2018 a pour effet de doper la filière et lui ouvrir réellement le chemin des exportations, en ce sens que la dynamique du marché algérien pourrait être un «piédestal» intéressant pour l'ensemble des cimentiers. A l'horizon 2022, la filière est appelée à réaliser un assez bon chiffre d'affaires à l'exportation. Les premières estimations sommaires évoquent un nouveau tournant autour de 300 millions de dollars, sur un marché africain soutenu par une croissance assez solide.
L'industrie sidérurgique qui a vu le lancement de nombreux et importants chantiers dans plusieurs régions, assurera l'autosuffisance du pays en cette matière en 2018. Entre les projets actuellement en chantier et les dix autres qui sortiront de terre dans toutes les prochaines années, l'excédent sera réellement important et l'Algérie pourra envisager de s'adjuger une place de leader africain. La filière sidérurgique constituera à n'en pas douter, l'un des grands pourvoyeurs de devises pour le pays.
Dans l'industrie minière, le mégaprojet d'extraction et de transformation de phosphate, initié avec deux entreprises indonésiennes, constitue l'une des grandes réalisations de la décennie. Il générera, une fois entré en production, vers 2022, un bénéfice appréciable à l'économie nationale. La perspective d'exportation des produits dérivés du phosphate étant incluse dès l'entame du chantier, les attentes en matière d'exportation se chiffrent en plusieurs centaines de millions de dollars, voire en milliards, à la première année d'exploitation. Il faut dire qu'au vu de l'investissement qu'il a fallu consentir pour monter le projet, autour de 5 milliards de dollars, le retour sur investissement est censé être à la hauteur.
A côté de ces «ouvertures» quasi concrétisées, Sonatrach a lancé avec beaucoup de partenaires une série de projets dans le raffinage du pétrole, ainsi que dans la pétrochimie. L'ambition ne manque pas dans la démarche des pouvoirs publics qui comptent, à terme, raffiner le million de barils produit localement et se placer sur le marché international des carburants, en y exportant l'essence d'excellente qualité produite en Algérie. La Sonatrach donne rendez-vous en 2025 à la réalisation de ces objectifs. Cela, en plus de gros projets dans la pétrochimie, dont le vapocraquage de gaz.
Ces quatre filières apporteront, à plus ou moins brève échéance, une véritable bouffée d'oxygène à l'économie nationale en termes de recettes d'exportation, mais agiront également sur la production nationale en favorisant l'intégration de nombreuses filières industrielles. Il faut savoir en effet, que l'industrie automobile, le textile, l'électroménager, l'électronique et l'agriculture, sont autant de filières qui s'approvisionneront en intrants en Algérie, avec ce que cela suppose comme réduction des coûts de production. Sur toutes ces industries des projets concrets ont été lancés, avec l'obligation d'intégration des chaînes de production.
On peut dire que le puzzle de la diversification de l'économie nationale se construit petit à petit. Associé à l'optimisme «mesuré» du ministre des Finances sur les capacités de l'Etat à soutenir les investissements publics, tout en évitant une quelconque faillite du Trésor public, l'entrée en production des projets structurants consolide la santé économique du pays.

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