DÉBAT SUR LE PROJET DE LOI DE FINANCES 2018 DANS L'INDIFFÉRENCE

Députés êtes-vous là?

Au deuxième jour des débats, les représentants du gouvernement  se sont retrouvés avec une poignée de députés
Au deuxième jour des débats, les représentants du gouvernement se sont retrouvés avec une poignée de députés

Sur les 462 membres, ils n'étaient même pas une centaine à assister au débat. Une scène spectaculaire qui démontre le désintérêt total des élus du peuple à l'un des plus importants projets qui portent sur le budget de l'Etat pour l'année 2018.

Un Parlement quasiment vide. Les débats sur le projet de loi de finances 2018 se sont déroulés dans un hémicycle déserté. Rien ne semble indiquer qu'il s'agissait d'un projet important qui concerne tout le budget de l'Etat pour l'année 2018. Ce projet qui a fait couler beaucoup d'encre auparavant, a été finalement bâclé par les élus du peuple. Ces derniers ont préféré sacrifier ce projet pour se consacrer à la campagne électorale. Au deuxième jour des débats, les représentants du gouvernement se sont retrouvés avec une poignée de députés. Sur les 462 membres, ils n'étaient même pas une centaine à assister aux travaux. Une scène spectaculaire qui démontre le désintérêt total des élus du peuple pour les questions capitales. Au lieu de se bousculer au portillon pour éplucher les chiffres du gouvernement et faire des propositions de sortie de crise, les élus ont carrément boudé les travaux. Pis encore, même les intervenants inscrits au débat étaient absents. Plus d'une vingtaine d'interventions ont été annulées faute de présence.
Le président de l'APN, Saïd Bouhadja a été même contraint de répéter plusieurs fois les noms des intervenants en guise de confirmation. Des absents ont été signalés dans le camp de la coalition et de l'opposition. Certes, la campagne électorale entame sa deuxième semaine, mais cela n'est pas une raison pour déserter les lieux. «C'est inconcevable qu'un projet d'une telle importance soit débattu devant un Parlement vide», a déploré Fetta Sadat du RCD. Élue d'Alger, cette députée reconnaît que ce débat a été mal programmé en soutenant toutefois que la campagne électorale n'est pas un argument valable pour justifier autant d'absences. Effectivement, le problème de l'absentéisme ne date pas d'aujourd'hui. Bien au contraire, ce phénomène prend des proportions alarmantes. Lors des débats sur le plan d'action du gouvernement, les élus du peuple ont brillé par leur absence. Ce n'est pas tout. Les interventions hier étaient superficielles. Le contenu du projet de loi en question a été relégué au second plan par les députés, lesquels se sont basés beaucoup plus sur les préoccupations de leur localité. Certains ont saisi l'occasion pour inviter les ministres à visiter leur région.
Logement, emploi, santé et éducation sont autant de préoccupations soulevées par les élus du peuple qui ont voulu prolonger la campagne au sein de l'APN.
Le député du MSP, Cheikh Emnouar de Aïn El Beïda, a dénoncé l'augmentation des tarifs du carburant qui va, selon lui, pénaliser davantage les agriculteurs et engendrer des hausses dans les tarifs des transports. «Je ne peux pas voter un projet de loi qui consacre l'augmentation du coût de la vie des citoyens», a-t-il martelé. Ce dernier a déploré l'absence de moyens dans les wilayas des Hauts-Plateaux tel que le raccordement au gaz, l'entretien des routes et l'absence d'infrastructures de santé. De son côté, le député indépendant, Adjaylya Badr Eddine a relevé que tous les secteurs d'activités sont à l'arrêt au niveau de Souk Ahras. «Il ne faut pas s'interroger pourquoi les jeunes fuient le pays», a-t-il affirmé tout en relevant l'absence d'infrastructures sportives et éducatives qui encadrent cette frange de la société. La plupart des intervenants ont mis l'accent sur la diversification des ressources économiques à travers l'investissement dans les secteurs rentables. comme ils ont insisté sur l'accélération des réformes économiques pour assurer une meilleure exploitation des ressources financières.
Le recours au financement conventionnel doit profiter à la relance des secteurs comme l'agriculture et le tourisme.