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SELON UNE SOURCE AUTORISÉE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Macron le 6 décembre à Alger

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Le chef de l'État françaisLe chef de l'État français

Le tête-à-tête Macron-Bouteflika va peut-être permettre à l'Algérie et à la France, d'ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations bilatérales dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant.

Emmanuel Macron se rendra en Algérie le 6 décembre prochain. C'est du moins ce qu'a annoncé une source autorisée du ministère des Affaires étrangères, citée par l'Agence officielle APS. «Suite aux consultations entre les institutions algériennes et françaises compétentes, la visite en Algérie du président de la République française, Emmanuel Macron, a été fixée pour le 6 décembre prochain», a indiqué la source confirmant ainsi l'information donnée quelques heures auparavant, par plusieurs médias étrangers citant le chef de l'État français en personne. Annoncé depuis l'été dernier sans qu'aucune date ne soit avancée, le déplacement du 6 décembre prochain, le premier à Alger pour le nouveau chef de l'État français, est très attendu.
Les déclarations d'Emmanuel Macron seront scrutées de près surtout après son discours lors de son dernier déplacement à Alger. Un discours qui avait créé la polémique dans la classe politique française. Alors candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron avait affirmé, lors d'une visite express dans la capitale en février, que la colonisation française était un «crime contre l'humanité». La position de Macron avait amené, rappelons-le, le président Abdelaziz Bouteflika à considérer, dans son message de félicitations à Emmanuel. Macron après son élection, que les «anticipations et initiatives» de «l'ami de l'Algérie» ont fait «l'ample démonstration de sa claire détermination à travailler avec nous à compenser les occasions manquées dans les relations algéro-françaises» ajoutant que «cette attitude pionnière de votre part vous place, naturellement et légitimement, dans la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d'une réconciliation authentique entre nos deux pays». Cette réconciliation a été, à nouveau, réclamée par le chef de l'Etat qui, dans son discours à l'occasion du 55ème anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie où il avait évoqué le passé colonial, avait bien souligné que «(...) de tels rappels ne sont porteurs d'aucune haine, même si notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d'hier, la France, avec laquelle l'Algérie a engagé la construction d'un partenariat d'exception qui se doit d'être mutuellement bénéfique, un partenariat qui gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l'Histoire». Ce rappel du président Bouteflika met à l'épreuve l'engagement du chef de l'Etat français. Et ce dernier sera attendu, à ne pas en douter, sur la question de la repentance. Dans une missive adressée à Bouteflika, le 2 août dernier, Macron a de nouveau affiché sa conviction en écrivant «vous connaissez mes convictions et ma détermination à assumer cet héritage partagé dans un esprit de lucidité et d'apaisement» non sans évoquer la nécessité de «faire de ce regard sur notre passé le point d'appui d'un nouvel élan vers l'avenir». A savoir maintenant si Emmanuel Macron va surpasser ses prédécesseurs qui ont eu plusieurs petits gestes qui allaient dans le sens de la réconciliation, mais qui, à chaque fois, se rebiffaient et refusaient de donner une forme concrète à leurs déclarations.
Hormis la question mémorielle, plusieurs sujets seront au menu de la prochaine visite d'Emmanuel Macron. Une visite soigneusement préparée sur le plan économique par la tenue dernièrement de la 4e session du Comité économique mixte algéro-français (Comefa), en présence de Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire, respectivement ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et ministre de l'Économie et des Finances de la République française. La rencontre s'est soldée par la signature de trois importants contrats concernant les secteurs de l'industrie automobile avec l'installation d'une usine Peugeot à Oran, de l'agroalimentaire et de l'électricité.
Les résultats de cette 4ème session du Comefa ont été qualifiés de «satisfaisants» et ayant permis de procéder à une «évaluation exhaustive» des différents domaines de coopération entre les deux pays. Et cela sans oublier la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau, que présideront les deux Premiers ministres, le lendemain de la visite de Macron à Alger. Ce qui confirme donc que la visite du président français vient soutenir cette volonté commune qu'affichent Alger et Paris pour raffermir leurs relations bilatérales dans tous les domaines, mais notamment sur le plan économique. Le président français va également se concerter avec son hôte, le président Bouteflika, sur certaines questions régionales et internationales d'intérêt commun, notamment la situation prévalant au Maghreb, au Sahel et dans l'espace méditerranéen. Il sera aussi question d'examiner les questions liées à la lutte contre le terrorisme, y compris son financement ainsi que le phénomène de la migration.
Le tête-à-tête Macron- Bouteflika va peut-être permettre à l'Algérie et la France, d'ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations bilatérales dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant permettant enfin de parvenir à édifier une relation à «caractère stratégique» et «d'exception», comme l'ont rappelé à maintes fois les chefs d'État des deux pays.

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