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AUCUNE ÉCHÉANCE FIXÉE POUR LA LOI SUR LE PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ

Ces lenteurs qui tuent...

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De nombreux projets de tramways aujourd'hui à l'arrêtDe nombreux projets de tramways aujourd'hui à l'arrêt

Les extensions du métro d'Alger, les téléphériques de Béjaïa, Tlemcen et ailleurs, les nombreux projets de tramways, aujourd'hui à l'arrêt, auraient pu être relancés.

Le partenariat public-privé n'est pas près de connaître un début de concrétisation, malgré l'intérêt qu'il suscite auprès de nombreux groupes économiques nationaux et étrangers. Annoncé en 2014, un texte législatif censé encadrer cette nouvelle pratique dans la réalisation et la gestion d'infrastructures publiques, n'a pas encore passé le cap de l'avant-projet de loi. Et pourtant, les avantages qu'en tire la collectivité nationale, en ces temps de disette financière sont plus qu'évidents. Esquissé par l'ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, dans le cadre de la poursuite de certains investissements publics, dont on voyait le gel poindre à l'horizon, pour cause d'effondrement des prix du pétrole, ce modèle était présenté, à l'époque, comme une nécessité de l'heure pour éviter une «cale sèche» à de nombreux projets.
On pourrait comprendre que les hauts fonctionnaires avaient besoin d'en savoir un maximum sur ce mode de financement pour élaborer une bonne loi. Mais peut-on raisonnablement travailler plus de trois années sur un texte législatif, et ne pas encore aboutir? La question est pertinente, sachant que personne n'est en mesure, aujourd'hui, de fixer la moindre échéance pour le passage du fameux projet de loi devant le gouvernement. D'ailleurs, Amar Grine, directeur général de la Caisse nationale d'équipement pour le développement (Cned), qui a évoqué ledit projet de loi, n'était pas en mesure d'annoncer la moindre date. Invité d'une émission de la Chaîne 3 de la Radio nationale, Grine a certes, mis en avant les avantages pour les pouvoirs publics d'adopter ce genre d'opération, mais a «calé» sur la question de la mise en oeuvre effective de la mesure qui consiste à associer des entreprises économiques à la réalisation d'infrastructures publiques, payable par le gouvernement sur une vingtaine d'années au moins.
L'approche est effectivement «séduisante», même si son coût est plus élevé que dans le cadre d'un financement par le Trésor public. Il faut savoir, explique l'invité de la radio, que l'entreprise contractante d'un partenariat public-privé sera directement responsable de la conception, du financement, de la réalisation et de l'exploitation de l'infrastructure, objet du partenariat. C'est- à-dire que les pouvoirs publics n'auront pas à assumer les réévaluations financières des projets, ni les malfaçons et encore moins les dépassements de budgets. Le partenaire privé qui prend sur lui tous ces risques, se fera rémunérer, après l'entrée en fonction de l'infrastructure et sur une période assez longue.
C'est logiquement tout bénéfice pour l'Etat qui conservera la propriété de l'ouvrage. D'ailleurs, sans loi, cette méthode de financement a été adoptée dans la réalisation et la gestion de la station de dessalement d'eau de mer d'Alger avec une entreprise américaine. Le succès de ce montage algéro-américain ne semble pas avoir eu un effet boule de neige, même si le directeur général du Cned reconnaît que beaucoup de pays ont opté pour ce genre de financement, sans que les contraintes budgétaires ne les y obligent.
En Algérie, ce sont ces contraintes qui ont poussé le gouvernement à envisager l'association du privé dans la réalisation et la gestion de certaines infrastructures. Sauf qu'entre le moment où l'on y a pensé et aujourd'hui, des dizaines de gros investissements publics, très rentables ont été gelés, sans que la fameuse loi ne vienne pour dénouer la situation. Les extensions du métro d'Alger, les téléphériques de Béjaïa, Tlemcen et ailleurs, les nombreux projets de tramways, aujourd'hui à l'arrêt, auraient pu être relancés dans le cadre du partenariat public-privé.
Après plus de trois ans d'attente, rien de sérieux ne se dégage à l'horizon.
Les investissements publics continuent à être exclusivement financés sur le Trésor public et de nombreux projets en attente de lancement, avec tout ce que cela suppose en matière de création d'emplois et de richesse dorment toujours dans les cartons.

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