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CE QUE DEVRAIT ÊTRE UN SYSTÈME ÉDUCATIF RATIONNEL

Ma part de vérité

Par
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Ma part de vérité

«Si l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance!» Abraham Lincoln

Cette réflexion m'est venue à l'esprit suite à la probable promulgation d'un décret supprimant la seule ouverture au monde concernant la valeur absolue du niveau scientifique dans le pays. Ce cri du coeur se veut une réaction contre la lente descente aux enfers du système éducatif qui ne sert pratiquement à rien de concret. Avant d'y arriver je vais décrire avec amertume la longue déchéance du système éducatif malgré les efforts importants du point de vue quantitatif faits par les responsables des secteurs pour «accommoder tout le monde» au vu des instructions des gouvernants: «Faites que les rentrées se passent bien, pas de vagues.» Certes, des communiqués triomphalistes sont vendus chaque année en début de rentrée. Que l'on en juge! 9 millions d'élèves, 1, 6 million d'étudiants, 500 000 élèves dans le système de la formation professionnelle.
Chacun sait, malgré les efforts financiers importants, que notre système éducatif fait preuve de performance dans la massification. On annonce des centaines de milliers de diplômés, mais que valent-ils? Quand un responsable visite une université ou un lycée, les enseignants, ces besogneux gardiens du temple, sont invisibles et on lui fait inaugurer des salles de classe, des paillasses, voire des amphis. Avons-nous un responsable politique pour parler de l'acte pédagogique? De publications scientifiques, de brevets internationaux? non! C'est tout cela en fait le malheur du système éducatif, il n'a jamais été une préoccupation des gouvernants de passage. J'avais écrit un jour, que «pour donner une idée de la dimension à accorder au système éducatif pour qu'il soit plus performant dans sa dimension équipements pédagogiques, un jour/an du pompage des hydrocarbures en Algérie suffisait! On en est loin et même très loin»!

Défaite de la pensée et cap sur l'irrationnel
Il est indéniable que l'acte pédagogique s'est détérioré. Les raisons sont multiples. Il y a tout d'abord la massification; les moyens ne suivent pas. Pas d'enseignants en quantité et surtout en qualité, pas de moyens pédagogiques appropriés. Ajoutons à cela les coups de boutoir inexorables d'une attraction vers les abîmes de l'intolérance et de tout expliquer par le fait religieux. L'enseignement supérieur est devenu la caisse de résonance des luttes sociales et idéologiques. Il s'avère que l'université a perdu son magistère moral... A l'université, dit-on, tout s'achète, il suffit d'y mettre le prix! Un examen, un concours de résidanat, une bonification de notes, une re-délibération si le jury a mal «délibéré». On nous dit que les chefs d'établissement qui ont choisi de faire carrière dans l'administration freinent des quatre fers, car en définitive, la charte de l'éthique, jamais mise en place, cette situation donne le pouvoir aux jurys et qu'il est expressément stipulé qu'il est interdit à l'administration de s'ingérer dans le pédagogique en dehors de s'occuper de l'intendance...Le résultat est là, il est encore plus catastrophique à l'intérieur du pays où les autorités locales interfèrent certaines fois.
On l'aura compris, l'administration des universités et des écoles est à des années lumière puisqu'elle se permet, il faut le regretter du fait de l'impunité, d'interférer dans les jurys d'examens, de concours, les chefs - des paléo-enseignants- se constituent toute une satrapie de sujets dociles qui trahissent leur vocation d'enseignants qui, pour un stage, qui une mission, bref les enseignants intègres perdent la foi car la tutelle laisse généralement faire même après des rapports de commissions d'enquêtes qui généralement n'aboutissent pas.Par ailleurs, personne ne parle naturellement de la valeur absolue de nos diplômes, à commencer par le baccalauréat qui plonge dans les abysses, malgré les satisfecits qui reposent sur rien de concret. On continue à délivrer un diplôme qui devient impossible à mettre en oeuvre pour une finalité qui est de plus en plus négligeable car l'entrée à l'université se fait sur concours d'une façon ou d'une autre, on a fait de l'examen du baccalauréat un concours qui ne dit pas son nom. On nous informe qu'il y a eu plus de 800.000 candidats au bac autant que l'Iran ou la France, deux fois plus peuplés. Que valent ces bacheliers? Pourquoi continue-t-on le rituel du bac qui n'a plus la même valeur symbolique de l'entrée à l'université pour faire faire ce que l'on souhaite faire. La réalité est que l'élève s'en remet à l'informatique, faisant du bac un concours pour l'entrée à l'université. Pourquoi alors mobiliser tout le pays pour faire passer un examen à 1 million de personnes avec toutes les possibilités incontrôlables de triche qui est devenue un sport national alors qu'un contrôle continu de l'année terminale ou à la limite, un bac blanc interne au lycée suffirait? D'autant que de par le monde le baccalauréat que nous avons hérité de Napoléon, est supprimé partout ailleurs, notamment en France qui envisage de le supprimer. Chez nous il est intouchable alors qu'il peut être remplacé par un diplôme de fin d'études secondaires qui permet de postuler à concourir par l'intermédiaire de l'ordinateur pour une place à l'université. Gain pour le pays,500 milliards de centimes, année scolaire plus longue, moins de stress.

Qu'est-ce qu'éduquer?
Ce que l'école et, partant, la société ont perdu, c'est la rationalité, c'est l'aventure de l'approximation qui tourne le dos à la rigueur. Eduquer signifie «conduire hors». Eduquer c'est apprendre à grandir, à être autonome, à voler hors du nid de ses propres ailes. Cela suppose de faire prendre conscience des limites, développer un sens critique, inculquer certains savoirs et certaines valeurs. Cette définition est en contradiction flagrante avec le vécu de nos enfants dont les imaginaires sont le champ de bataille des idéologies qui, chacune à sa façon, tente de formater le cerveau de l'enfant.
En fait, nous sommes en face de deux visions du monde, une vision ouverte- qu'il faut cependant expliquer à l'enfant et le convaincre pour éviter les travers dangereux - et une vision frileuse qui met le cap sur l'immobilisme et tout expliquer par le fait religieux mal compris en oubliant que le premier verset «Iqra!» (Lis!) est une invitation à la lecture, à la curiosité et à la structuration et non au formatage des enfants dépourvus d'esprit critique et prêts à tout gober. Abraham Lincoln s'adressant au précepteur de son fils lui recommandait: ««Enseignez-lui si vous pouvez, qu'un dollar de gagné a bien plus de valeur qu'un dollar trouvé. Apprenez-lui à savoir perdre, mais également à savoir apprécier une victoire. Éloignez-le de l'envie. Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres... Mais laissez-lui un peu de temps libre pour considérer le mystère éternel des oiseaux dans le ciel, des abeilles au soleil, et des fleurs au flanc d'un coteau vert. Enseignez-lui qu'il est bien plus honorable d'échouer que de tricher. Apprenez-lui toujours à avoir une immense confiance en lui-même, parce que dès lors, il aura une immense confiance envers l'Humanité.»
Avec ces principes nous sommes loin de l'irrationnel qui fait que l'élève subit un matraquage multiforme où on lui demande d'absorber sans comprendre, sans esprit critique, ce qui parait irrationnel alors que de l'autre côté, par l'Internet il découvre un autre monde. Partagé, il restitue sans comprendre et personne ne l'aide à se structurer. C'est de fait un candidat à l'échec dans la vie et à une récupération malsaine; son esprit étant ouvert à tous les vents mauvais des idéologies. Prenons nos précautions, armons-nous des outils de la science et du savoir pour naviguer dans un monde de plus en plus dur qui ne fait pas de place à l'approximation. Evitons de donner à l'enfant des réflexes de soumis. Ouvrons-nous sur l'universel, tout en l'armant avec les principes de l'islam, religion du savoir.

Dans le même ordre: qu'est-ce qu'enseigner?
Nous allons citer une définition parmi tant d'autres: «En termes simples, enseigner pourrait être défini de la façon suivante: agir et intervenir de façon à ce que l'étudiant apprenne et progresse. Facile direz-vous? Oui, mais aussi fort complexe. Il ne s'agit pas seulement d'instruire un groupe, c'est-à-dire de transmettre des connaissances, mais de créer des situations, d'adopter des stratégies qui permettent aux étudiants d'apprendre activement, et ce, tout en tenant compte de leurs caractéristiques individuelles, des exigences du programme, de la dynamique du groupe, de la mission du collège... ainsi que de sa propre personnalité, de ses attentes, de ses exigences, etc. L'enseignement est un acte de communication qui met en interrelation trois différents 'acteurs'': l'enseignant, les étudiants et les savoirs à enseigner et à faire apprendre (savoir, savoir-faire et savoir-être). Une variété de moyens (activités d'enseignement et d'apprentissage, rétroaction... travaux pratiques) peut être utilisée par l'enseignant afin de favoriser les apprentissages. (...) L'enseignant joue un rôle essentiel puisque c'est lui qui établit les liens entre les différents pôles du processus lui-même, l'étudiant, les savoirs et le milieu. Il doit planifier, organiser, traiter et transformer les savoirs pour en faciliter l'apprentissage par les étudiants. Il a le rôle de guider et d'accompagner et non de contrôler.» (1)

Le coût de l'éducation et de l'enseignement supérieur
On ne peut pas avoir une école performante avec un coût de revient de formation élève dix fois moins qu'en Europe ou aux Etats-Unis! Dans la publication suivante nous avons les indicateurs suivants pour l'Ocde: «Par rapport aux autres pays de l'Ocde, le coût annuel par élève à chaque niveau d'enseignement en France est très différent», souligne l'Ocde. «Il est plutôt faible au niveau primaire (7200 dollars contre 8500 dollars), équivalent à la moyenne au niveau du collège (9950 dollars contre 9 980 dollars) et très élevé au niveau du lycée (13.600 dollars contre 10.000 dollars). Au niveau de l'enseignement supérieur, le coût annuel par élève s'établit à 16.200 dollars américains en France, contre 15 200 dollars pour la moyenne des pays de l'Ocde.» (2)
Qu'en est-il du coût en Algérie? L'enveloppe globale 2016-2017 qui se chiffre à 761.081 milliards de dinars pour 8 600 000 enfants. Le coût du cursus scolaire annuel d'un élève coûte 88.000 dinars. Sur ce chiffre, la masse salariale est d'au moins de 95%. Il reste pratiquement rien pour la pédagogie si on ne compte pas dans ces 5% l'entretien des bâtiments, les dépenses périphériques qui n'ont rien à voir avec la pédagogie, sauf peut-être les «livres» qui, curieusement, sont édités chaque année au lieu d'une périodicité de 4 à 5 ans, temps nécessaire pour un nouveau manuel à qui on donne une seconde vie et que l'on peut même récupérer chaque année. Les 60 millions d'ouvrages -encore un triomphalisme mal placé- c'est 30.000 tonnes de papier environ à 1000 dollars la tonne, c'est 30 millions de dollars qui auraient permis à l'éducation de s'autofinancer par suite des économie réalisées... En ces temps de vaches maigres, l'école doit fonctionner à l'optimum et non seulement 8h par jour, au moins deux vacations ce qui permettrait à l'Etat de souffler dans la construction de nouvelles institutions et de s'occuper enfin de pédagogie. Ceci est valable aussi pour l'enseignement supérieur de par le monde les universités fonctionnent 18h/24h, la moyenne en Algérie est de 7h/24h!! «Si on y ajoute le coût du redoublement selon une enquête du CLA, le taux de redoublement est de 15% primaire, 26% des collégiens et 18% des lycéens. Ce redoublement n'est largement détectable qu'en classe d'examen.
La facture du redoublement est en moyenne en Algérie de 13% sur le budget fréquent de l'enseignement» (3)

Pourquoi l'école ne fait plus rêver?
Pour avoir des résultats probants, il faut y mettre le prix! Mais cela ne suffit pas, la formation des enseignants est une condition primordiale. En Finlande, il est plus difficile de faire le concours d'entrée en formation pour être enseignant que pour faire le concours d'entrée en médecine. En Algérie nous en sommes loin car l'Ecole ne fait plus rêver. Beaucoup de parents d'élèves cherchent des stratégies d'évitement, certains se saignent aux quatre veines pour payer des heures d'enseignement, d'autres se détournent carrément de l'Ecole et investissent les clubs de foot pour y inscrire leurs enfants. Il est vrai que l'inversion des valeurs en Algérie fait que des jeunes à bac peuvent se retrouver avec des salaires mensuels équivalents à ceux d'un enseignant pendant plusieurs années. En Algérie, les écoles privées de la capitale croulent, dit-on, sous la demande de nantis nationaux qui peuvent payer cher pour un résultat discutable. On sait que ces écoles ne se portent pas garantes du bac, à moins et ce qui est scandaleux, que ces marchands d'alphabet «réputés» ne prennent en heures supplémentaires que les élèves ayant déjà un bon niveau.

Le danger d'une soutenance sans publication dans une revue indexée
Une décision dangereuse que celle de supprimer la publication pour la soutenance et ceci malgré les démentis. De fait, la dernière défense immunitaire pour garder un semblant de niveau et une acceptation d'un regard universel sur ce que nous produisons disparaît. On peut faire autrement pour tenir compte de la «pression» sans compromettre ce qui reste de crédibilité. Donnons l'avis de ceux qui sont pour. L'universitaire Amar Aïssani s'en explique: «Cette contribution, écrit-il, est un plaidoyer pour la suppression de la publication dans une revue, pas de la publication des résultats pour les doctorants LMD qui ne sont pas salariés. En revanche, elle peut et doit rester pour les doctorants ancien régime qui sont enseignants, donc salariés. (...) Mais ceux qui se destinent à être recrutés par une entreprise ou ceux qui se destinent à l'entrepreneuriat, à quoi leur servira la publication? Pourtant, poursuit l'auteur en invoquant des contraintes financières qui n'ont rien à voir avec l'objet du débat, il propose: «Il y a des solutions dans le monde entier pour assurer le compromis entre la qualité d'une thèse et le respect du délai de 03-04 ans (ce dernier est également financier pour le Trésor public). Cette solution me semble la mieux adéquate pour concilier les partisans et adversaires du décret en voie de publication (...).» (4)

Ce que je crois concernant la nécessité d'au moins une publication de qualité!
Le moins que l'on puisse dire est que cette contribution de l'auteur cité aura un effet inverse de ce que nous attendons de l'université en termes de rigueur. Je rappelle simplement à l'honorable collègue que les sommités internationales qui doivent à un moment ou un autre juger un travail scientifique n'ont que faire de nos états d'âme que le doctorant soit moins bien payé que l'enseignant, ils s'en fichent, ce qui compte c'est si la contribution scientifique a une portée universelle ou locale. C'est un fait, la publication nous permet de mesurer notre rapport au monde. Nous ne devons pas vivre en vase clos et il n'y a pas à tergiverser ou on s'inscrit dans l'université ou on accepte gaiement la défaite de la pensée pour faire plaisir à tous les apprentis «douctours» que l'on produira par milliers et qui feront par la suite ce qu'ils voudront, notamment «saccager» en aspirant vers les abysses l'université si on laisse faire.
Il y a moyen de s'en sortir en changeant d'appellation; ce qu'on appelait, avant, le doctorat d'université, n'était pas éligible à une carrière comme le troisième cycle ou le doctorat d'Etat. Cela permettrait de donner un diplôme où la publication serait assujettie à la condition de la validité du travail scientifique, sanctionnée par le Comité pédagogique national de la matière sur présentation par l'université. On revient donc aux CPN, les garde-fous qui avaient été mis en place en 1989 pour éviter les dérives, surtout dans la pratique de l'acte pédagogique, à un moment où l'université algérienne n'avait pas assez d'enseignants, elle s'appuyait sur les établissements fondamentaux de l'époque (l'université d'Alger pour les sciences sociales humaines, le droit et les sciences économiques, l'université Houari Boumediene pour les sciences exactes et l'Ecole polytechnique l'alma mater de la technologie du pays). Quand parmi les nouvelles universités, il y avait une thèse à faire soutenir, c'est la direction de la recherche scientifique qui, s'appuyant sur un collège d' experts indiscutables (CPN), proposait un jury de soutenance.
On peut revenir à cette formule, mais il est faux d'écrire que parce que les LMDistes sont pressés et qu'ils n'ont pas de job, il faut ouvrir la porte à la dérive! En faisant des soutenances locales consanguines (hna fi hna) au lieu de se frotter à l'universel et donner à l'Algérie par ses chercheurs la réelle visibilité d'une évaluation peer to peer par les pairs. Ce qui du même coup sera une référence et aboutira à terme si l'intendance en termes de moyens suit à une université de qualité et une recherche de qualité.
Il faut rappeler qu'il n'existe pas de revues algériennes indexées avec impact factor. Certes, des tentatives ont été tentées par des universitaires, l'une des plus anciennes et qui avait une certaine audience est la revue de la Société algérienne de chimie qui a connu une apogée avant de sombrer par faute de moyens. Certes, il existe d'autres revues comme en médecine, ou en sciences sociales, (Crad, Crasc); elles «tiennent» du fait du financement par le centre auxquelles elles sont adossées. Une chose qui serait utile est que le ministère mette en oeuvre pour commencer, quatre revues nationales couvrant toutes les disciplines: sciences sociales et humaines, sciences biologiques et médicales sciences exactes et de la terre, et enfin technologie. Un budget devrait leur être alloué spécifiquement. Cela ne sera pas suffisant, le plus dur est de mettre en place un comité de lecture de personnalités connues et reconnues à la fois dans le comité d'Administration et surtout dans le Comité de lecture où il est recommandé que la moitié des membres soient des personnalités internationales connues et reconnues. Graduellement alors, une fois que la revue se fait connaître par son impact factor, il sera demandé aux chercheurs nationaux de publier concomitamment à l'extérieur et au niveau national. Un mot enfin, pour enseigner la thèse acquise dans des conditions de rigueur universelles, c'est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Il est hautement souhaitable qu'à l'instar de l'agrégation pour l'éducation, on puisse exiger du candidat un examen concernant la leçon de pédagogie, l'impétrant devant faire une leçon devant un jury sur un sujet donné.

Quelques recommandations de bon sens
Le moment est venu avant qu'il ne soit trop tard de redonner aux gardiens du temple, que sont les enseignants, la mission exclusive de remettre l'école et l'université sur les rails. Il vient que l'institution devrait être au service de l'enseignant et doit lui donner les moyens de réussir le projet de faire amener l'élève, l'étudiant à un degré de compétence. De mon point de vue, la descente aux enfers de la rationalité a été accélérée entre autres, par la disparition progressive des baccalauréats mathématiques et mathématiques-techniques qui fait que nous avons un «ventre mou» hypertrophique des baccalauréats de lettres et sciences. Résultat des courses: nous recevons à l'université des étudiants «non structurés» qui ne maîtrisent rien et qui ont été formatés à ânonner plutôt qu'à réfléchir. Comme je l'ai écrit précédemment, tout dépend des maîtres et c'est là où le bât blesse. Nos enseignants n'évoluent pas pour la plupart. Il n'y a pas d'échelle de compétence, si ce n'est l'ancienneté.
Comment réhabiliter l'acte pédagogique? Une mission de salut public serait pour la tutelle de chaque établissement, chaque enseignant, les syndicats, de s'occuper au quotidien de l'amélioration de l'enseignement, des travaux pratiques, suggérer le recyclage des enseignants.
De plus, il ne faut pas être naïf, tous les pays européens et occidentaux protègent leurs élites. A savoir que les écoles sont traitées à part, il en est ainsi en France, de l'ENA, l'Ecole polytechnique, Centrale, Pont, l'ENS. Le LMD c'est pour l'université et encore!
Pour les langues à enseigner, l'anglais s'imposera de plus en plus même en France où les universités ont l'obligation avec la dernière loi d'offrir des enseignements en anglais. Mieux, pour nos diplômés candidats à l'émigration choisie en France, un test d'anglais est demandé.
Le monde a profondément changé. L'éducation doit suivre et en termes de contenu et de contenant, les méthodes pédagogiques nouvelles font la part belle aux nouvelles technologies. Pour l'avenir de ce pays, pour le devenir des nouvelles générations, il est temps de mettre l'éducation au centre des préoccupations principales du pays! Un programme présidentiel qui ne fait pas dans les faits la part de la place la plus importante est non seulement immoral, mais de plus, il compromet durablement l'avenir de nos enfants.
C'est à cette seule condition que nous arriverons par l'effort, le dialogue à une école tournée vers l'avenir, qui ne fait aucun complexe d'étudier dans les langues porteuses d'avenir, une école qui fait réussir dans la vie, une école qui donne un but à ses jeunes en panne d'espérance. On l'aura compris, le regard de la société sur l'éducation devrait changer, mais aussi celui de ceux qui gouvernent, qui doivent cesser de caresser les jeunes dans le sens du poil en leur donnant l'illusion que tout leur est dû, le bus, l'appartement, le bac, sans labeur, sans sueur, sans nuits blanches. Cette fuite en avant se paiera plus vite qu'on ne le pense. Nous entrons dans une zone de turbulence durable avec le bouleversement du monde de l'énergie, et la baisse inexorable de nos réserves.
Le drame du système éducatif est que l'on n'arrive pas à séparer le bon grain de l'ivraie et pour être clair, il y a des professeurs qui méritent mille fois notre reconnaissance multiforme et il y a des enseignants qui n'ont d'enseignant que le nom comme les 11.000 enseignants de l'éducation qui tentent leurs chances pour être président d'APC... Il s'avère avant toute chose nécessaire de mettre en place une charte de l'éthique des droits et des devoirs de l'enseignant. Une charte est l'aboutissement d'une codification d'un vivre ensemble au sein de la famille de l'éducation. En fait, tout tourne autour de la compétence et l'abnégation de l'éducateur; on ne devient pas enseignant par accident, mais surtout par vocation.

Encourager constamment la performance
Jusqu'à quand ne comprenons-nous pas qu'il faut faire la place aux légitimités du neurone? Mettons en place une organisation pour le développement des talents brillants. Les transitions multidimensionnelles qui attendent l'Algérie, nous commandent d'avoir une école performante, une formation professionnelle qui ne soit pas le domaine des perdants, au contraire! Une université stratège qui indique la voie et qui puisse permettre à chacun de s'épanouir pourvu qu'il fasse l'effort nécessaire pour réussir d'une façon honnête.
Imaginons pour rêver qu'il y ait en Algérie des concours de performance, notamment en mathématiques. Nous formerons alors des citoyens éclairés, capables de séparer le bon grain de l'ivraie, ayant un sens critique qui leur évitera et évitera au pays bien des malheurs, car une société apaisée, instruite n'est pas manipulable, elle évolue harmonieusement et va à la conquête du savoir sans complexe. Les pesanteurs que nous avons connues, les interrogations identitaires et religieuses récurrentes, appartiendront à l'histoire, car personne ne pourra barrer la route à une jeunesse éduquée, fière de ses identités et de ses repères religieux et qui sera fascinée par l'avenir.
Rien ne comptera plus, à part le savoir et la valeur ajoutée. Les pouvoirs publics ont le difficile privilège de sauver l'Algérie en sauvant son système éducatif. Rien ne peut se faire sans un consensus social sur l'école. Pour des problèmes de fond et de consensus, c'est l'avenir des jeunes que nous devons avoir en tête. L'avenir se construit ici et maintenant, prenons le dur chemin de la science, du savoir, de la sueur!(5).

1.http://pedagocghy.profweb.ca/?page_id=509
2.http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/09/15092016Article636095361808025356.aspx
3.http://www.1001infos.net/algerie/leconomie-de-leducation-en-algerie.html
4.«Amar Aïssani http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5252812
5. Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/203139-le-low-cost-amene-au-low-level.html

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