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CONTRAT PRÉ-EMPLOI

Des failles dans le dispositif

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Des failles dans le dispositif

La grande majorité des 15% du personnel recruté par les structures de l'État dans le cadre du programme de pré-emploi ne s'est jamais présentée sur les lieux de travail.

La formule pré-emploi connaît un autre couac. En effet après la découverte en février dernier d'universitaires détenteurs de contrats pré-emploi auprès de l'Anem, mais qui poursuivaient des études supérieures concomitamment avec leurs activités professionnelles, aujourd'hui l'on apprend que des bénéficiaires de la même formule refusent de travailler pour des raisons de distance ou de conditions de travail. C'est donc là un constat amer car il remet en cause tout l'intérêt de ce dispositif qui selon ses initiateurs allait permettre à des centaines d'universitaires d'exercer un travail dans l'attente de trouver mieux.
Du coup on peut déduire que cette formule sert de tremplin à certains universitaires tandis que d'autres la considèrent comme ne répondant pas à leurs aspirations. Faut-il rappeler que devant ce constat le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale avait, en ce qui concerne la concomitance, décidé de résilier les contrats du personnel incriminé. La décision a été prise suite à une enquête menée par les services de l'inspection du travail relevant du ministère. Les multiples visites d'inspection menées par les agents des directions régionales ont démontré que la grande majorité des 15% du personnel recruté par les structures de l'État dans le cadre du programme de pré-emploi n'était jamais présente sur les lieux de travail.
Afin de mettre fin à ce qui est qualifié de «dérive», la tutelle a tout simplement décidé de ne plus renouveler les contrats pour ce type de personnel et de résilier, sur-le-champ, «les contrats de ceux qui touchent un salaire sans fournir le moindre effort. Concernant les universitaires qui refuseraient à deux reprises des postes de travail, la tutelle vient d'annoncer qu'ils seront exclus définitivement des listes de l'Anem. Ce sont là des décisions qui sans aucun doute s'imposaient dans la mesure où selon le ministère «la modernisation du système des archives a permis de révéler plus de 100 dossiers illégaux de bénéficiaires du système d'emploi Anem, s'agissant d'étudiants ou de postulants ayant déjà un poste de travail. Par ailleurs ce même système des archives a permis également de déceler que de 70% des détenteurs de contrats de l'Anem ont bénéficié d'un emploi et qu'à cet effet, l'Etat a dépensé une enveloppe de 670 milliards de dinars.
Du coup l'on comprend aisément qu' à travers ces décisions, le ministère a cherché à mettre fin à ces dérives, au risque de remettre en question la formule du pré-emploi. Ce qui en soi pénaliserait seulement une partie des universitaires au chômage car beaucoup d'autres cherchent à accéder au marché du travail sans passer par les étapes intermédiaires de pré-emploi (dans le cadre du dispositif de l'Agence nationale de l'emploi) mais toujours est-il que ce dernier procédé ne peut amplifier le taux de chômage chez la famille universitaire. En effet si l'université forme et l'entreprise recrute, par contre le diplômé s'entête à exercer un travail en attendant de trouver mieux. «Pour changer cette tendance il va falloir que toutes les parties s'impliquent si l'on veut que la synergie soit réelle et efficace», estiment des cadres du ministère du Travail. C'est également, faut-il le rappeler, le même constat dans la formation professionnelle.
Comme les universitaires préfèrent le chômage à la formule pré-emploi, les jeunes désertent les métiers manuels (agriculteurs, maçonnerie). Nombreux sont les jeunes qui continuent à mépriser la formation professionnelle, étant un processus d'apprentissage indispensable pour l'exercice d'un métier. L'offre limitée de débouchés, un métier très peu valorisé, notamment par la grille des salaires en vigueur, sont autant d'arguments qui plaident en faveur d'un désintéressement de la formation professionnelle. Autre explication: dès qu'un jeune atteint un niveau secondaire, il répugne les métiers manuels et ne rêve que d'emploi administratif. Encouragé en cela par les parents et la société tout entière qui valorisent les emplois des cols blancs alors que la demande se situe surtout au niveau des cols bleus. Pis encore, nombreux sont ceux sans formation aucune mais qui n'aspirent qu'à des postes de gardiennage, conducteur de véhicules légers, car moins pénibles. Et pourtant, l'agriculture, le Btph et en second plan l'industrie sont des réservoirs sûrs d'emplois. A eux trois, ils représentent, selon l'Agence nationale pour le développement de l'investissement (Andi) les 2/3 des emplois créés et des montants d'investissements déclarés entre 2002 et 2015. Mais toujours est-il que c'est le secteur des services et du commerce qui emploit le plus de travailleurs aujourd'hui. Selon les chiffres de l'Office national des statistiques, 60,8% de la population occupée appartiennent à ce secteur. Cela dit il faut croire que la question problématique de l'emploi chez les universitaires et la formation professionnelle ne sera résolue que s'il y a une relance effective de tout notre secteur industriel sur des bases modernes et rénovées, intégrant les capacités de recherche technologique et d'innovation des grands centres universitaires qui seront développés dans les futurs pôles industriels que compte créer le gouvernement. C'est donc autant d'opportunités qui se présenteront à des demandeurs d'emplois diplômés, aujourd'hui désemparés pour la plupart. .

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