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RACHID BOUDJEDRA À TIZI OUZOU

"La justice tranchera entre Daoud et moi"

Par
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Rachid Boudjedra        ,         Kamel DaoudRachid Boudjedra , Kamel Daoud

Invité par la librairie Yahiaoui, l'écrivain Rachid Boudjedra était à la Nouvelle-Ville de Tizi Ouzou pour dédicacer ses deux derniers livres publiés aux éditions Frantz Fanon.

Il s'agit du roman «La dépossession» et du pamphlet «Les contrebandiers de l'Histoire». Comme il fallait s'y attendre, Rachid Boudjedra ne s'est pas limité à signer ses ouvrages à ses lecteurs. Il s'est plutôt montré d'une grande disponibilité pour échanger des idées aussi bien avec les visiteurs de la libraire Yahiaoui qu'avec les journalistes. Interrogé s'il est vrai que dans la deuxième édition de son livre intitulé «Les contrebandiers de l'histoire» (en cours d'impression), la phrase où il révèle que «le romancier Kamel Daoud était un ancien membre du Groupe islamique armé» allait vraiment être supprimée, suite au dépôt de plainte contre lui par l'auteur de «Meursault contre-enquête», Rachid Boudjedra a apporté un démenti catégorique à cette information. Pour lui, il s'agit d'une rumeur et il n'a jamais été question de modifier quoi que ce soi au contenu de ce pamphlet dont le premier tirage a été épuisé lors du dernier Salon international du livre d'Alger, suite aux séances de vente-dédicaces quotidiennes animées par Rachid Boudjedra au stand des éditions «Frantz Fanon». Selon l'auteur de «la Répudiation», le livre en question sortira exactement avec le même contenu que la première édition et juste avec une nouvelle postface. Tout le reste demeure donc inchangé. Rachid Boudjedra, sur la question inhérente à Kamel Daoud, nous a répondu que ce dernier a déposé plainte: «On ira ensemble devant la justice et c'est à cette dernière de trancher.» «Je suis d'accord d'aller en justice sur cette affaire», ajoute Rachid Boudjedra. Ce dernier rappelle que depuis l'année 2000, est apparue une nouvelle vague d'écrivains «qui n'hésitent pas à falsifier l'histoire et à écrire des contrevérités pour plaire à la France». Notre interlocuteur ajoute que cette «démarche» a commencé avec Boualem Sansal, qui a pourtant écrit un très bon premier roman «Le serment des Barbares», soutient Rachid Boudjedra. Ce dernier estime toutefois qu'avec l'édition du «Village de l'Allemand», Boualem Sansal «a franchi le Rubicond» car dans ce roman, Boualem Sansal traite l'ALN «d'armée nazie». Il s'agit d'une chose intolérable, explique Rachid Boudjedra qui dit d'ailleurs, qu'avant que Boualem Sansal ne publie ce roman, ils étaient des amis. «J'ai mis un terme à notre amitié après la publication de ce livre», ajoute Rachid Boudjedra.
Ce dernier précise que depuis Boualem Sansal, d'autres écrivains ont aussi été propulsés en France au-devant de la scène car ils ont accepté de se livrer aux mêmes «manigances». «Il y a eu juste après, Wassila Tamzali qui a porté atteinte à l'image du colonel Amirouche et puis après, tout récemment, il y a eu aussi Kamel Daoud», étaye Rachid Boudjedra. Et de rappeler le concept de Frantz Fanon sur le complexe du colonisé: «Il s'agit de la haine de soi, donc de la haine de son pays. Quand on se hait soi-même, on donne systématiquement libre cours à la haine de l'Autre.» Après ce retour sur les questions d'actualité, Rachid Boudjedra a répondu à nos questions au sujet de son très long et riche parcours d'écrivain en affirmant que pour lui, le meilleur roman en langue française qu'il ait écrit reste «Topographie idéale pour agression caractérisée». Et non pas «la Répudiation», comme le pense la majorité de ses lecteurs.
«Topographie idéale pour une agression caractérisée» est, pour moi, mon roman le plus abouti sur le plan technique», explique Rachid Boudjedra qui ajoute que concernant son premier roman «La répudiation», il a eu l'écho qu'il avait obtenu, à cause notamment du fait qu'il s'est attaqué aux tabous particulièrement celui de la sexualité et celui de la religion. «Je suis le premier écrivain algérien à avoir abondamment parlé de sexualité dans ses romans. Dans «Nedjma» de Kateb Yacine, qui reste le plus grand roman algérien, il n'y a même pas un «bisou» et pourtant il s'agit d'un grand roman d'amour avant tout», souligne Rachid Boudjedra qui rappellera aussi que ce roman avait été interdit par Ahmed Taleb Ibrahimi à l'époque de sa parution.
La réputation de «La répudiation» est donc en partie mythique puisque Boudjedra a écrit bien de meilleurs romans plus tard, de son avis même. Des romans qu'il a écrits en langue arabe, Rachid Boudjedra classe «Le démantèlement» comme étant le plus élaboré. Rachid Boudjedra a expliqué en outre que dans tous ses romans, il y a une grande part d'autobiographie, de la psychanalyse, de la métaphysique et beaucoup d'abstraction. «Les Mille et Une nuits, les romans de Faulkner et ceux de Proust sont les oeuvres qui m'ont le plus impressionné et qui m'ont toujours influencé», ajoute Rachid Boudjedra en concluant que «Nedjma» de Kateb Yacine est le plus grand roman écrit par un écrivain algérien. «Pourquoi?» «C'est très long à expliquer», réplique Rachid Boudjedra en s'emportant un peu car nous avons abusé de sa gentillesse.

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