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Relations économiques: les vrais enjeux

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Ce qui devait logiquement advenir en 1962, pourrait trouver un début de réalisation en 2017.

Il ne faut pas se tromper sur le sens profond du renouveau du partenariat algéro-français. Il y a certes les aspects politique et mémoriel, mais le véritable défi dans l'équation partenariale est éminemment économique. Il faut dire qu'à l'indépendance, l'économie algérienne n'existait pour ainsi dire pas. Elle se résumait en quelques exploitations agricoles, quelques unités d'assemblage et des industries de base, toutes au service de la métropole. En un mot comme en mille, le pays était maintenu dans une logique d'économie coloniale totalement dépendante de donneurs d'ordres qui se trouvaient tous en France.
Après le départ massif et brutal de l'ensemble des patrons et propriétaires terriens français, les autorités algériennes avaient fait face avec les moyens de bord, avec quelques réussites à mettre à l'actif d'une «réactivité révolutionnaire», à l'image d'un acte historique, celui de l'adoption du dinar algérien. Le coup d'essai aura été un coup de maître pour le premier gouvernement de l'indépendance qui a mis une économie sur pied laquelle, vue de Paris, paraissait trop vacillante. Le fait est que le pouvoir «révolutionnaire» avait fait le choix de tourner le dos à la France et cette dernière s'était mise en position d'attente ou d'embuscade (c'est selon) pour cueillir le fruit mûr. Il s'est trouvé qu'au fil des années et au rythme des «révolutions», industrielle et agraire, le fruit n'a pas mûri du point de vue français, mais également pas de celui des dirigeants algériens qui avaient mis en place un système de production sans âme, pourrait-on dire.
L'échec, ou le manque de réussite, aura été des deux côtés. La France a perdu une formidable opportunité de densifier son capital économique à travers une forte implication dans l'économie algérienne naissante, L'Algérie, quant à elle, a pris une direction par trop «socialisante» qui a réduit la valeur travail à sa plus simple expression, même si les deux pays n'ont pas rompu les liens commerciaux pour d'évidentes raisons de commodités pratiques.
Les deux économies se regardaient en chiens de faïence, perdant par la même, l'occasion d'une complémentarité fructueuse pour l'Algérie comme pour la France. Sur plus de deux décennies, l'Algérie patinait dans une économie de rente et la France perdait son influence économique cédant sa place à l'Allemagne, au Japon et à la Chine, une position qu'elle aurait certainement confortée dans le cas d'un partenariat véritablement gagnant-gagnant avec l'Algérie.
Cet état de fait a quelque peu évolué les 15 dernières années. Les communautés d'affaires des deux pays se parlent, des projets en commun sont montés, mais l'on n'est encore très loin du «point de non-retour». Les vieux réflexes commerciaux semblent avoir la peau dure et l'on ne perçoit pas nettement une volonté de coopération placée sous le signe d'une communauté de destins. Les récentes tentatives de François Hollande ont peut- être produit un frémissement politico-historique, mais cela n'a pas suivi au plan économique.
Il faut dire que le 7 mai dernier, la France a élu un président avec de nouvelles idées et une approche novatrice des relations algéro-françaises. Emmanuel Macron a compris que la grandeur de la France était intimement liée à l'axe Alger-Paris, appelé à rayonner sur toute l'Afrique, ce continent qui réalise la meilleure croissance économique. Pragmatique, le président français sait qu'il faut changer de logiciel. Il l'a d'ailleurs fait savoir lors de son passage à Alger, en tant que candidat à la présidentielle de son pays. S'appuyant sur une Assemblée nationale, majoritairement en rupture avec les approches néo-coloniales, il se propose de donner à l'économie le rôle de locomotive des relations à venir entre l'Algérie et la France. En d'autres termes, l'homme suggère de construire une relation d'alliés, entre une France qui a gaspillé des années à attendre l'effondrement de son ancienne colonie et une Algérie qui se remet en cause et admet avoir fait de mauvais choix économiques au lendemain de son indépendance. Ce qui devait logiquement advenir en 1962, pourrait trouver un début de réalisation en 2017. Dans la vie des nations, 54 ans, ce n'est pas beaucoup.

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