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SPÉCIAL : ALGÉRIE - FRANCE DE VALÉRY GISCARD D'ESTAING À EMMANUEL MACRON

Les chemins escarpés d'une réconciliation

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Bain de foule à Alger pour Chirac et Bouteflika en mars 2003Bain de foule à Alger pour Chirac et Bouteflika en mars 2003

«Ce passé, complexe, encore douloureux, nous ne devons ni l'oublier ni le renier» avait déclaré Jacques Chirac à Alger.

La phrase de Boumediene se vérifie depuis plus de 54 ans:
«Les relations entre la France et l'Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises, elles ne peuvent être banales.» Passionnées, les relations franco-algériennes l'ont été tout au long de ces cinquante dernières années. Elles sont marquées du sceau de la difficulté, de l'incompréhension et de la méfiance. A son indépendance, l'Algérie tenait à se libérer de la domination de l'ancienne puissance coloniale, aspirant à être le chef de file des pays en voie de développement. Ce qui était loin de plaire à la France qui cherchait à maintenir son protectorat en Afrique. Il aura fallu attendre 13 ans pour que le premier président français foule le sol de l'Algérie indépendante et une vingtaine d'années pour qu'un président algérien atterrisse à Paris. C'est en avril 1975 que Valéry Giscard d'Estaing effectue la première visite d'un président français en Algérie depuis l'indépendance. Il est accueilli par feu Houari Boumediene. Les deux hommes avaient le même poids sur les épaules: un poids bien lourd de l'histoire partagée. Ils devaient cependant discuter de plusieurs sujets brûlants à l'époque dont la situation des «pieds- noirs» et les conditions des émigrés algériens en France. Au cours de son voyage, Giscard d'Estaing va prononcer sa célèbre phrase «La France historique salue l'Algérie indépendante». Houari Boumediene répliquera «la page est tournée; l'Algérie est fille de son histoire». Une fois ce «tac au tac» clôturé, les deux hommes ont affiché leur volonté de rapprochement et d'échanges sur le plan culturel et économique ainsi qu'un intérêt commun pour une redéfinition de «l'ordre économique international». Dans un communiqué, ils font savoir que «les conditions d'un dialogue fécond sont réunies pour dégager des perspectives à la mesure des potentialités et des volontés politiques de l'Algérie et de la France». Cependant, les conditions favorables au dialogue ne vont pas durer et les relations entre la France et l'Algérie ne tarderont pas à se tendre autour de la question du Sahara occidental. Il faudra attendre à nouveau, cinq ans, pour percevoir les prémices d'un retour à la normale. C'est l'arrivée d'un nouvel interlocuteur, le président Chadli Bendjedid, qui a facilité la reprise du dialogue. Un échange de visites ministérielles a permis d'enclencher une négociation marathon pour normaliser les relations. Le voyage à Alger de François Mitterrand en novembre 1981 a concrétisé de façon décisive la volonté des deux pays d'entretenir des relations de qualité. Une vraie lune de miel est alors entamée où un certain nombre d'accords dont un sur le prix du gaz naturel livré à la France, et un autre sur la circulation des personnes entre les deux pays, sont signés. D'ailleurs, lors de cette première visite en Algérie, le président Mitterrand a déclaré: «Je crois vraiment pouvoir dire que la France et l'Algérie commencent une nouvelle période dans leurs relations souveraines.» La visite du président Chadli Bendjedid à Paris en 1983, la première d'un chef d'Etat algérien depuis l'indépendance, va sceller la réconciliation entre les deux pays. Le 26 mars 1987, le président Mitterrand se rend à Alger pour une courte visite officielle. Très courte. Juste pour s'entretenir pendant cinq heures avec le président Chadli sur les relations bilatérales, mais surtout des sujets internationaux. Il reviendra pour la troisième fois, en mars 1989, quelques mois après sa réélection. Cependant, les critiques qui ont suivi les événements d'octobre 1988, avaient refroidi quelque peu les relations algéro-françaises qui finiront par connaître un réel malaise avec l'arrêt du processus électoral de 1992. Le chef de l'Etat français a jugé «pour le moins anormale» cette interruption. La phrase passe mal à Alger qui rappelle son ambassadeur en France. L'Algérie, férocement critiquée par les médias français durant la décennie noire, ne manquera d'ailleurs pas de rendre la pareille à Paris en 1995 avec le coup d'éclat du président Liamine Zeroual qui a annulé son entretien avec Jacques Chirac, prévu au siège de l'ONU car le président français avait exigé une rencontre presque en catimini. Cependant, il faut dire que c'est avec Chirac et Abdelaziz Bouteflika que les relations entre Alger et Paris vont connaître le partenariat d'exception. Fraîchement élu, le président Bouteflika soucieux de redonner à l'Algérie son aura sur la scène internationale, est reçu à Paris en visite d'Etat en juin 2000. Au cours de cette visite, Bouteflika affirme que l'Algérie veut entretenir avec les France des relations «extraordinaires, exemplaires et exceptionnelles». En mars 2003, Jacques Chirac est à Alger. Une visite en grande pompe marquée par la signature d'une déclaration dans laquelle les deux pays s'engagent à établir un «traité d'amitié». Mais encore une fois, la machine va grincer et l'euphorie va retomber. En février 2005, le Parlement français adopte une loi qui reconnaît «le rôle positif» de la colonisation. Pour l'Algérie, c'est une provocation. Certes, l'article litigieux sera abrogé par le président Chirac un an plus tard, mais cette loi va pousser Alger à exiger la «repentance» de la France. Avec Chirac, un dialogue politique renforcé a été entamé ainsi que la relance de la coopération régionale et d'un partenariat économique privilégié sans oublier le déroulement de «l'année de l'Algérie en France» qui a été un événement historique, facteur de rapprochement et de promotion. Il a aussi été question de nombreux projets en commun (Haut Conseil franco-algérien de coopération universitaire et de recherche, Ecole supérieure algérienne des Affaires, coopération sur la circulation des personnes ainsi qu'un travail de mémoire que la France et l'Algérie ont engagé). Cependant, le traité d'amitié auquel tenait temps Jacques Chirac a été enterré. Et pour un long moment avec la venue au pouvoir de Nicolas Sarkozy qui s'est rendu à son tour à Alger en 2007. Ce dernier a évoqué le caractère «injuste» de la colonisation, mais s'est refusé à adresser à l'Algérie les «excuses» demandées. Plusieurs incidents «qui fâchent» vont entacher la période Sarkozy, comme l'inscription de l'Algérie sur la liste des pays «à risques». Un nouvel espoir pour relancer les relations entre les deux pays naît avec l'arrivée à l'Elysée de François Hollande. Ce dernier affiche la volonté de «refonder» la relation franco-algérienne. Il choisit donc de réserver sa première visite au Maghreb à l'Algérie en 2012 et reviendra pour une seconde visite en 2015. A Alger, Hollande va estimer que son voyage était «nécessaire» pour marquer «le temps d'un nouvel âge» mais qu'il n'était pas venu pour «faire repentance ou excuse». Hollande qui a plaidé pour un «partenariat stratégique d'égal à égal» entre Paris et Alger, a réussi à faire de petits pas... sans plus. Emmanuel Macron sera demain à Alger. Le président de la France «nouvelle», qui prône «la réconciliation des mémoires», rejetant «déni» et «repentance» pour la colonisation, va-t-il réussir à séduire Alger et conclure le partenariat d'exception tant souhaité depuis une cinquantaine d'années?

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