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ELLES OCCUPENT DES LOGEMENTS DE FONCTION À BÉJAÏA

Trois familles risquent l'expulsion

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Une vue de BéjaïaUne vue de Béjaïa

Trois pères de familles, tous des retraités de l'Education nationale de la wilaya de Béjaïa, risquent de se retrouver dans la rue si la mesure d'expulsion n'est pas ajournée.

Des huissiers de justice, mandatés par l'administration scolaire les pressent de libérer les logements qu'ils occupent depuis des années avec leurs familles. Ces chefs de familles, qui n'ont jamais au cours de leur vie bénéficié de logement social, de lot de terrain ou de crédit bancaire et d'aucune sorte d'aide au logement, sont menacés avec leurs familles respectives d'expulsion imminente des logements d'astreinte, qui leur ont été attribués lors de l'exercice de leurs fonctions. Il s'agit d'un directeur, d'un surveillant général et d'un intendant, qui ont géré l'établissement Bouaâkaz à Ighil Ouazoug, tout en y résidant depuis 23 ans.
Ils nous ont rendu visite hier, pour nous faire part de leur détresse et leurs craintes des mauvais jours. «Nous sommes en plein hiver et des huissiers de justice nous intiment l'ordre d'évacuer les lieux», indique Mouhoub, l'ex-directeur de l'établissement tout en soulignant son incapacité et celle de ces deux ex-collègues et voisins de reloger leurs familles avec leurs propres moyens. «Nous n'avons pas où aller et personne pour accueillir nos familles», soutiennent-ils. Les retraités menacés d'expulsion sollicitent de la direction de l'éducation de tenir compte de la situation de chaque retraité en traitant sérieusement les dossiers au cas par cas et de ne pas jeter à la rue les familles de ceux qui ont consacré leur vie pour l'éducation. En effet, cette menace pèse aussi lourdement et douloureusement sur tous les retraités occupant des logements d'astreinte dans les établissements scolaires. Nos interlocuteurs rappellent que «pourtant de nombreux textes réglementaires et notamment l'arrêté du wali n° 15/3230 du 7 décembre 2015 stipule clairement, qu'au cas où le retraité n'a jamais bénéficié de logement ou d'aide au logement, de surseoir aux décisions de justice jusqu'à ce que la commission de wilaya des logements trouve une solution au problème». Il a été précisé que ceux qui sont présentement menacés d'expulsion immédiate n'ont rien obtenu au cours de leur vie qui s'achève. «A cause justement du logement d'astreinte que nous occupons, toutes nos demandes de logement social nous ont été refusées au motif que nous étions déjà logés dans les établissements», soutiennent-ils. A leur mise à la retraite, c'est-à-dire au moment où ils ne peuvent plus prétendre à rien ni à un crédit bancaire, vu leur âge avancé ni à un logement social vu que leur misérable retraite dépasse le seuil fatidique de 24.000 DA, l'administration les menace de les jeter à la rue avec leurs familles. N'y a-t-il vraiment pas d'autres solutions comme la réservation dans chaque commune de la wilaya d'un quota de logements à attribuer, après enquête et étude des cas, aux retraités de l'éducation qui occupent des logements d'astreinte. La question reste posée et les retraités gardent espoir de voir l'administration surseoir à la décision d'expulsion.

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