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YOUCEF KALAFAT, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES BOULANGERS, À L'EXPRESSION

"Nos revendications sont légitimes"

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Le président de la Fédération nationale des boulangers, revient dans cet entretien sur la situation difficile que vivent les boulangers algériens.

L'Expression: Suite à l'augmentation du prix du pain décidée par certains boulangers beaucoup d'encre a coulé. Avez-vous des précisions à apporter?
Youcef Kalafat: Avant tout je tiens à rappeler que la corporation des boulangers n'est plus en mesure d'assumer sa mission si la marge bénéficiaire n'est pas revue à la hausse ou du moins pour l'heure que son recul cesse. Car nous ne pouvons plus travailler à perte. J'ajouterai qu'il est devenu insensé de garder le même prix d'il y a plusieurs années, en dépit des hausses survenues dans les ingrédients, du gaz, de l'électricité et des salaires. Certes, la farine reste subventionnée, mais cela ne compense pas nos charges pour arriver à produire du pain.
Et ce qui est regrettable c'est d'apprendre que nous tirons de gros bénéfices, car la plupart d'entre nous font dans la viennoiserie et la pâtisserie. Ce qui est archifaux. C'est grâce à la pâtisserie que nous arrivons à combler le déficit de l'activité boulangerie.

Après tout ce que l'on entend des boulangers encore en activité, on peut déduire que votre corporation est à l'agonie.
C'est effectivement le cas. Et pour preuve, pour la seule année 2017 ce sont près de 3000 boulangeries qui ont baissé rideau. Elles étaient en effet 21.000 elles ne sont plus actuellement que 18.000. Une baisse drastique qui ne peut laisser indifférent. Autre indice lui aussi plus effarant: le cas de la wilaya d'Alger où l'on comptait 1400 boulangeries. Aujourd'hui elles ne sont que 630. C'est pour dire que près de la moitié a baissé rideau. Autre donne et non des moindres sur ces 630 boulangeries en activité la plupart sont situées dans les communes du nord-est et du nord-ouest de la capitale, tandis qu'au coeur de la capitale elles se comptent sur le bout des doigts. On les retrouve surtout dans les rues Larbi-Ben M'hidi, colonel Amirouche et Ali-Boumendjel.

Vous ne croyez pas que votre fédération s'est montrée un peu timide alors que la corporation s'enlisait de plus en plus?
Détrompez-vous. Nous n'avons eu de cesse de faire part des problèmes de la corporation au ministère du Commerce. Nous avons plusieurs fois transmis aux parties compétentes nos préoccupations inhérentes à la hausse des prix des ingrédients et cela chaque fois que cela se produisait. Mais c'était comme si nous prêchions dans le désert. C'est-à-dire rien de concret que des promesses. Par contre, à notre niveau, les rencontres mensuelles se sont poursuivies pour que les professionnels puissent exprimer leurs problèmes, mais ils sont arrivés à ne plus croire aux promesses du ministère du Commerce. Et par voie de conséquence certains boulangers ont perdu patience et ainsi ont décidé unilatéralement d'augmenter le prix de leur baguette de pain.

On suppose que vous ne partagez pas cette prise de décision.
C'est effectivement le cas dans la mesure où nous n'avons eu de cesse de demander aux boulangers de garder l'espoir. Cela est d'autant plus vrai puisque le ministère du Commerce s'est engagé à trouver une solution avant la fin de l'année en cours. En somme de régler définitivement la problématique de la marge bénéficiaire. De notre côté nous sommes contre toute crise dans la profession dans la mesure où nous sommes conscients que la fermeture d'une boulangerie peut créer une sérieuse pénurie de pain de tout un quartier. Ce que nous cherchons à éviter coûte que coûte.

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