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ANNABA: APRÈS LE VOTE

Place aux réalités du terrain

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Place aux réalités du terrain

Mises en stand-by, pour après le vote, les activités liées au quotidien des populations commencent à susciter l'agitation.

«Tout est bien, qui finit bien», un adage qui signifie bien son sens, dans la mesure où toutes les doléances reléguées pour après les élections des locales soient examinées et prises en charge. Ainsi, après la victoire des élections, la gestion des affaires des administrés est censée reprendre son cours à Annaba, où les problèmes quotidiens qu'endurent les Annabis, tout autant que leurs concitoyens algériens, sont de plus en plus insoutenables. Depuis le cadre de vie, pénurie d'eau et coupure d'électricité, jusqu'à la prolifération des constructions illicites en passant par le logement, les besoins en ces volets impératifs au bien-être du commun des mortels, suscitent déjà l'agitation des populations. Les uns agacés par un cadre de vie en perpétuelle dégradation, de par la prolifération des ordures, les fréquentes coupures d'électricité et la pénurie d'eau qui perdure dans le temps et dans l'espace, les autres s'insurgent contre le manque de rigueur, dans la lutte contre la prolifération des habitations illicites, défigurant l'aspect urbanistique de la wilaya. Entre les uns et les autres ce sont les bénéficiaires de logements, qui, tenant au mot les responsables de ce secteur, quant à la remise des clés, de leurs habitations, après le vote, commencent à s'impatienter. Des facteurs à l'origine de moult actes de contestations, enregistrés à travers plusieurs communes de la wilaya de Annaba. Depuis Sidi Salem, Bouzaâroura jusqu'à Hadjer Eddis en passant par Boussedra et Sidi Amar, le manque de développement, l'absence d'aménagement urbain ainsi que la prolifération des ordures ménagères, vaches errantes, gadoue et eaux usées des désagréments accentués par les coupures d'électrisé et l'absence d'eau dans les robinets, dans ces communes et localités ayant motivé plusieurs mouvements de revendication, observés hier par les populations qui ont bloqué les routes pour attirer l'attention des responsables locaux. Ces impératifs du quotidien des habitants, l'aménagement urbain notamment, sont destinés aux quartiers huppés de la ville de Annaba, reléguant aux calendes grecques ceux des autres localités et communes de la wilaya.
«Sommes -nous des sous-Algériens pour ne pas bénéficier d'un cadre de vie notable, comme c'est le cas de certains quartiers où sont implantées des habitations de certains patrons et autres riches de Annaba», ont lancé des contestataires de Boussedra. De même pour ceux de Sidi Salem qui se considèrent comme des indigènes, au vu de la situation catastrophique prévalant au sein de leur localité. «Décidemment, rien n'a changé comparativement à «la SAS» implantée par le colonialisme. Ce n'est pas ces quelques immeubles qui vont changer le statut de Sidi Salem. Nous vivons toujours entourés d'insalubrités et du bétail qui circule librement dans les cités», a déploré un contestataire. Ces propos et bien d'autres ont été lancés par ceux de Sidi Amar, Hadjer Eddis, Boussedra et Bouzaâroura, blasés du manque d'eau et des coupures fréquentes d'électricité. Sans trop s'étaler sur cette situation insoutenable pour les populations, l'heure est à la réflexion, quant à ces problèmes censés ne pas affecter le quotidien des habitants, encore moins le statut de la wilaya de Annaba. Cette dernière dont le chef-lieu, les revendications semblent pointer du nez. A commencer par les demandeurs de logements. Ces derniers subissant les affres de la saison hivernale ont semble-t-il, décidé de faire entendre leurs voix aux responsables de la wilaya de Annaba, pour revendiquer leur droit à un logement décent. Tel le cas des occupants du bidonville de Sidi Harb: «Nous avons respecté la campagne électorale et les élections. Aujourd'hui, c'est notre tour de demander une prise en charge aux responsables de la wilaya», ont fait savoir certains occupants dudit bidonville. «A chaque hiver, c'est le même calvaire, le froid et les infiltrations des eaux de pluie. Nos familles sont ravagées par les maladies chroniques et les épidémies», s'est insurgé Hacene.
L'homme avec ses trois enfants occupent une pièce et une petite kitchenette, dans cette concentration de baraquements. Le décor est le méme aussi bien dans les bidonvilles que dans les habitations précaires des vieux quartiers de la wilaya de Annaba, la vieille ville, la Colonne entre autres. Les uns ont remis en marche leur poêle à mazout pour ceux qui ne sont pas branchés au réseau du gaz naturel, bien que ce dernier passe à quelques mètres de leurs chaumières. Les autres ont, pour faire face aux infiltrations d'eau de pluie, recouru au plastique noir, pour couvrir les toits de leurs habitations. Ces cas et bien d'autres sont à l'origine d'une agitation qui, jusqu'à l'heure, ne s'est pas manifestée, mais risque de faire tache d'huile, si l'indifférence et la négligence persistent encore. Notamment après que, notons-le, ces volets sociaux ont été mis en stand-by, au motif d'une campagne électorale et les joutes, qui ont quelque peu retardé leur prise en charge. Ainsi, après le vote, ce sont les choses sérieuses qui s'imposent impérativement afin d'atténuer l'agitation du front social à Annaba.

APC: le cordonnier mal chaussé
Réélu pour prendre en charge les préoccupations de ses administrés, le P/APC du chef-lieu de la commune de Annaba, a oublié de se prendre lui-même en charge. Installé, hier, par Mohamed Salamani wali de Annaba, l'élu par deux fois à la tête de la commune de Annaba, s'est fait replacer sur le fauteuil de maire, lors d'une cérémonie organisée à la salle de réunions de l'Hôtel de ville de Annaba. Une salle tellement délabrée que les infiltrations d'eau de pluie ont été parmi les officiels présents. Parmi ces derniers, un imam qui, en pleine lecture de versets du Saint Coran, reçoit un morceau de bois tombé du plafond de la salle, menaçant ruine. Ayant eu plus de peur que de mal, l'imam a continué sa lecture au sein d'une assistance qui, apparemment n'a manifesté aucune réaction... L'élu s'est-il tellement occupé des besoins de ses électeurs qu'il a oublié la réhabilitation de l'hémicycle?

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