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CRISE CHEZ LES BOULANGERS

Une solution avant la fin de l'année?

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Le pain tarde à cuire!Le pain tarde à cuire!

Le recul de la marge bénéficiaire est la principale revendication des artisans boulangers.

La baguette de pain à 15 DA a défrayé la chronique. Et quand bien même cette augmentation n'ait été enregistrée que dans quelques villes du pays cela a créé une véritable onde de choc pour les milliers de foyers à bas revenus, mais qui fort heureusement ont été vite rassurés au lendemain de cette hausse par le canal du ministère du Commerce et celui de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa). L'un, confirmant qu'aucune hausse du prix du pain n'a été décidée par les pouvoirs publics et l'autre soutenant qu'elle n'a pas initié cette augmentation. Alors pourquoi certains boulangers, mais pas tous, ont pris la décision d'augmenter leurs prix? Faut-il rappeler de prime abord que cela fait plus d'une décennie que la corporation des artisans boulangers ne cesse de demander à qui de droit de revoir à la hausse le prix de la baguette de pain, justifiant leur demande par le fait que les charges auxquelles ils sont confrontés pour maintenir leur activité ne cessent de croître?. Autrement dit, leur marge bénéficiaire n'a eu de cesse de baisser. Une revendication qu'ils estiment légitime et c'est d'ailleurs la raison qui les a poussés à tenter de se faire entendre.
En effet, ils ont porté leurs revendications à maintes reprises au ministère du Commerce par le biais soit de l'Ugcca soit de la Fédération nationale des boulangers (FNB). Il est vrai, sans énumerer le détail des charges fixes qui augmentent pratiquement chaque année, que les artisans boulangers n'arrivent plus à tirer des dividendes de leurs activités quant à ceux qui s'accrochent «c'est grâce à la viennoiserie et à la pâtisserie que nous produisons en parrallèle», nous ont affirmé des membres de la FNB que L'Expression a pu joindre par téléphone. «Pis encore, devant les faibles revenus que nous tirons de notre activité, il ne nous est plus possible de payer nos ouvriers au tarif qu'ils demandent. Résultat des courses: il est de plus en plus difficile de trouver des ouvriers boulangers. Et comme la majorité des patrons a largement dépassé l'âge de travailler, nous nous retrouvons souvent par amour du métier à retrousser nos manches pour mettre la main à la pâte. Certes, nous le faisons difficilement mais en tout cas, cela se répercute sur le nombre de fournées que nous produisons au quotidien, qui est nettement en deçà des capacités réelles de production du four à pain», nous ont expliqué nos interlocuteurs. Un autre, plus inquiet, nous a lancé: «Nous ne pouvons plus travailer à perte. Chaque fois c'est le même refrain. Cela fait plus de 15 ans que nous essayons de faire comprendre à la tutelle qu'une baguette à 10 DA rend notre activité des plus difficiles à poursuivre. Certes, depuis, on nous a promis qu'une solution allait être trouvée à cette problèmatique, mais ne nous voyons rien de concret venir dans ce sens ce qui explique notre ras-le-bol aujourd'hui».
C'est d'ailleurs ce qui pourrait expliquer que la décision d'augmenter le prix de la baguette de pain à 15DA a été prise unilatéralement. «Certains de nos collègues ont décidé de leur propre chef d'augmenter leur prix et quoi que cela paraît étrange il faut dire que beaucoup ont été tentés de faire de même. Il fallait trancher: poser la clé sous le paillasson avec beaucoup de regrets par amour du métier ou bien rester en activité, mais en ajoutant 5 DA par baguette. Certains ont opté pour la deuxième solution, d'autres plus patients se sont dits: attendons pour voir si cette fois-ci la tutelle va se pencher sérieusement à trouver une solution à notre problème», nous ont expliqué à l'unanimité des membres de la FNB. Pour l'heure, on a appris que dans les wilayas de Béjaïa et de Béchar, des boulangeries ont baissé rideau en signe de protestation, tandis que des patrons de boulangerie ont fait étalage de leurs péroccupations aux médias. Et devant le risque de voir la situation s'aggraver, la FNB s'est attelée à calmer les esprits. Aujourd'hui, on croit savoir (lire les déclarations du président de la Fédération des artisans boulangers) que la tutelle a annoncé qu'une solution sera trouvée avant la fin de l'année courante. Ainsi, on pourrait avancer qu'au niveau du ministère du Commerce on aurait admis que les préoccupations des boulangers portant sur le recul de la marge bénéficiare suite à l'augmentation des prix des autres ingrédients entrant dans la fabrication du pain étaient tout à fait légitimes. Pour l'heure, les artisants boulangers se disent prêts à mener leur activité, tout en restant impatients de connaître la solution qui leur sera proposée par le ministère. Nous le saurons dans quelques jours.

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