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37E ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE ABDELHAFIDH BOUSSOUF

Hommage à l'homme "secret"

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Hommage à l'homme

Ce sont les armes des transmissions et du service des renseignements qui faisaient la force de l'armée française, aimait à répéter Boussouf.

Le parcours du révolutionnaire Abdelhafid Boussouf, a été revisité hier à l'occasion du forum qu'a organisé à sa mémoire l'Association Mechaâl Echahid et le quotidien El Moudjahid, à l'occasion du trente- septième anniversaire de sa mort. Invités à animer le forum, le président de l'Association des anciens du ministère de l'Armement et des Liaisons générales (Malg), Daho Ould Kablia et le responsable et membre de la Fédération de France du FLN, Ali Haroun, ont partagé avec l'assistance plein de souvenirs de celui qui fut leur chef durant la révolution. Daho Ould Kablia qui a écrit des ouvrages sur le parcours de Abdelhafid Boussouf a préféré ne pas s'étaler sur sa biographie, mais revenir sur le génie de cet homme qui était, à l'instar des autres chefs de la révolution algérienne, en avance sur leur époque. Abdelhafid Bousssouf auquel Larbi Ben M'hidi a cédé le commandement de la 5e Région militaire en 1956 après la tenue du congrès de la Soummam, s'est attaché dès sa prise des fonctions à doter la 5e Région militaire d'armes dont elle manquait cruellement. Perspicace et fin analyste, Boussouf dit Si Mabrouk, est allé plus loin que cela et a réfléchi à doter la révolution d'une autre arme qui n'existait presque pas, à savoir l'arme des transmissions et des renseignements. L'idée qui habitait Abdelhafid Boussouf depuis longtemps n'a été mûrie dans sa tête, indiquait Daho Ould Kablia, qu'une fois que ce dernier se soit trouvé en mission à Oujda, au Maroc. C'est à partir de là que Boussouf eut l'idée de doter la révolution d'un centre de formation des spécialistes dans l'arme des transmissions et des services secrets, d'un centre d'accueil pour les blessés et un organe d'accueil pour les étudiants algériens qui affluaient de tous les pays du monde afin de rejoindre la révolution après la grève des étudiants déclenchée le 19 Mai 1956. Les services secrets et l'arme des transmissions étaient, de l'avis de Abdelhafid Boussouf, soulignera Daho Ould Kablia, les armes qui faisaient la force de l'armée française. «En peu de temps, les centres qu'a créés Abdelhafid Boussouf ont pu former des centaines de spécialistes dans l'arme des transmissions et dans les services secrets», affirmera Daho Ould Kablia, précisant que les exploits de Boussouf sont dus en grande partie au don qu'il possédait en termes de négociation. «Grâce à ce don, Boussouf avait accès facilement au Palais royal du Maroc. Il sollicitait à chaque fois le roi du Maroc et est arrivé à le convaincre», dira-t-il. C'est en usant de ses relations justement avec le roi qu'il a pu, fera savoir le président du Malg, faire bénéficier les agents algériens d'une formation d'élite en matière de maîtrise de l'arme de transmissions auprès d'un formateur qui enseignait cette discipline à l'armée marocaine et c'est en usant aussi de ses bonnes relations avec le roi qu'il a pu réceptionner les armes provenant de plusieurs pays amis de l'Algérie aux ports marocains. Au sujet de l'aide que Boussouf aimait solliciter auprès des pays tiers, Ould Kablia a dit que «Abdelhafidh Boussouf était contrairement à d'autres chefs historiques convaincu qu' un mouvement révolutionnaire ne peut jamais réussir sans l'aide extérieure». L'efficacité et la discipline des agents formés dans les centres créés par Abdelhafidh Boussouf ont charmé tous les chefs des Régions militaires et suscité leur admiration. «C'est ainsi que Abdelhafidh Boussouf s'est fait connaître et respecter dans toutes les Régions militaires et auprès de tous les moudjahidine», a fait observer l'ex-ministre de l'Intérieur. Le génie de Abdelhafidh Boussouf permettait aussi à ce dernier de négocier l'achat d'armes auprès des pays réticents. Pour les convaincre, Boussouf aimait à dire à ses interlocuteurs «Vous n'êtes pas en train de négocier avec des individus, mais avec un Etat». L'argument de Boussouf arrivait à convaincre tout le monde, s'est rappelé Daho Ould Kablia. Outre ces qualités, Abdelhafidh Boussouf en possédait plusieurs autres. Il était, indiquera l'invité d'El Moudjjahid, discret, rigoureux et proche de ses agents. Boussouf, qui tenait à ce que l'écho de la révolution algérienne retentisse à travers le monde, permettait même parfois aux journalistes étrangers de fréquenter les centres en question et de discuter avec les moudjahidine. Laissant la parole à son camarade Ali Haroun, ce dernier a ajouté que Abdelhafidh Boussouf était un vrai chef et avait un charisme inégalé. «Il se souciait de tout. Il ne voulait pas que le moindre détail lui échappe. Son but n'était pas de tout contrôler, mais de s'assurer du bon accomplissement du travail». Et à Ali Haroun d'avouer que «les moudjahidine le craignaient tous et l'aimaient tous». Ali Haroun, qui reconnaît également chez Boussouf un charisme et une force d'influence uniques, a dit qu'il était content de travailler sous sa houlette, même après l'indépendance. Les conférenciers ont tenu, à la fin de leurs communications à appeler ceux qui les accusent de glorification de Boussouf à lire ce que la presse étrangère avait dit de lui de son vivant.

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