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HAUSSE DES PRIX, PÉNURIES ET TRANSFERTS SOCIAUX

Le round d'observation

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Les Algériens n'ont pas le souci de l'appauvrissement généralisé, mais souhaitent réduire au mieux les impacts négatifs de la crise financièreLes Algériens n'ont pas le souci de l'appauvrissement généralisé, mais souhaitent réduire au mieux les impacts négatifs de la crise financière

Riyadh a augmenté, à partir d'hier, les prix du carburant entre 83% et 127% du coût du litre selon le type d'essence. Ramenée à la monnaie nationale, l'essence en Arabie saoudite reviendra plus cher que le carburant algérien. Les 41 dinars du sans- plomb correspondent à 0.35 dollar, alors que l'essence saoudien coûte 0.54 dollar.

Les Algériens qui appréhendaient la nouvelle année, pour ce qu'elle recèle comme hausse de prix des produits de consommation courante ont eu, à partir d'hier, un avant-goût au niveau des stations- service. Les usagers, comme les professionnels, ont quelque peu grincé des dents à la découverte des nouveaux prix. La hausse n'est que de cinq dinars pour l'essence sans-plomb et de deux dinars seulement pour le gasoil. Ce n'est pas, à proprement parler, «un coup de massue», puisque cela représente entre 150 à 200 DA par plein. A peine un sandwich. Que ce soit pour les citoyens qui utilisent leurs voitures pour se rendre au travail, c'est-à- dire quelques dizaines de kilomètres par jour, ou pour les professionnels qui en font leur gagne-pain, force est de reconnaître que cette augmentation est modérée et globalement supportable. Il reste que tout le monde appréhende une sorte d'effet d'entraînement de ces nouveaux tarifs, sur d'autres produits et services que le citoyen est amené à payer plus tard. On évoque prioritairement les transports, dont on craint une indexation automatique. Les transporteurs nous ont habitués, en effet, à une réaction immédiate, au lendemain de chaque hausse des prix du carburant. Le ministère de tutelle a annoncé, à partir du 10 janvier prochain, une hausse «symbolique» du prix des tickets de bus. Le premier responsable du secteur, Abdelkader Zaalane, n'a avancé aucun chiffre, mais les transporteurs publics, à l'image de la Sntf et l'Entreprise du métro d'Alger ont déjà annoncé la couleur. Le train, le métro et la dizaine de tramways à travers le pays n'augmenteront pas leurs tarifs. Cela concernera une population de plusieurs millions de personnes qui ne verra pas son budget transport augmenté. Il reste les transporteurs privés, qui seront concernés par une hausse de quelques dinars, assure Zaalane qui semble avoir pris ses devants face à une corporation plutôt «grognarde». Sauf que les pouvoirs publics, qui ont investi dans les tramways, les trains de banlieue et des dizaines d'entreprises publiques locales de transport urbain et suburbain, ressentent une moindre pression et «négocient» les nouveaux tarifs avec une certaine aisance. Sortis de la question des transports, les quelque 8 millions de foyers algériens craignent un impact négatif sur les prix de nombreux produits de consommation courante. Mais dans le lot, ils savent que la semoule, le pain et le lait, actuellement subventionnés, demeureront aux mêmes tarifs. Cela n'a l'air de rien, mais un effort financier important a été consenti par l'Etat pour maintenir ces produits de large consommation éloignés de tout phénomène inflationniste. Plus que cela, les Algériens n'auront pas à s'en faire pour leurs factures d'eau, d'électricité et de gaz qui n'augmenteront pas.
Tout cela conforte un tant soit peu un pouvoir d'achat qui, il faut bien en convenir, est «agressé» par une hausse des indices des prix d'autres produits, non subventionnés. Les prix étant libres, la grande crainte des Algériens consiste à devoir subir une inflation galopante, celle que leur ont «promise» quelques «experts» mal inspirés. Cette appréhension n'étant pas applicable aux produits protégés par l'Etat, elle reste valable pour le reste de la consommation des ménages. Et pour cause, la vie des ménages ne se résume pas à quelques victuailles «stratégiques». Il y a tout le reste. Des articles scolaires, jusqu'à l'habillement en passant par les appareils électroménagers et même les smartphones, font partie des dépenses régulières des Algériens. L'inquiétude de ces derniers est quelque peu «légitimée» par la décision du gouvernement de suspendre l'importation de près d'un millier de produits. Le risque de tension sur l'un ou l'autre entraînera automatiquement des hausses de prix. C'est dire que la loi de finances 2018, bien qu'elle ait une dimension sociale avérée, n'est pas anodine et oblige l'Exécutif à un suivi rigoureux et quotidien de l'alimentation du marché national.
En d'autres termes, si les Algériens n'ont pas le souci de l'appauvrissement généralisé, mais souhaitent réduire au mieux les impacts négatifs de la crise financière sur leur pouvoir d'achat. A ce propos, il y a lieu de souligner que l'implication directe de l'Etat dans le maintien du train de vie de la société est visible dans la loi de finances 2018, avec une hausse de l'enveloppe consacrée aux transferts sociaux. De plus, les seules hausses concernant les carburants sont quasi symboliques, en comparaison avec ce qui a été fait dans des pays, autrement plus riches et moins peuplés que l'Algérie. Parmi les dernières décisions en date, dans ce sens, celles de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis sont significatives. Ryadh a augmenté, à partir d'hier, les prix du carburant entre 83% et 127% du coût du litre selon le type d'essence. Ramené à la monnaie nationale, l'essence en Arabie saoudite reviendra plus cher que le carburant algérien. Les 41 dinars du sans-plomb correspondent à 0.35 dollar, alors que l'essence saoudienne coûte 0,54 dollar. Les deux pétromonarchies ont introduit, pour la première fois, une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l'ensemble des produits de consommation. Fixée à 5%, cette taxe est appelée à progresser d'année en année pour réduire les déficits. Ces décisions sont les dernières d'une série d'autres pour faire face à la crise. Rappelant que les salaires des fonctionnaires dans cette région du monde ont été diminués de moitié en 2015. Avec ces mesures drastiques, les pays du Golfe voient leurs déficits se creuser. Rien que pour l'Arabie saoudite, le pays va continuer à afficher des déficits budgétaires jusqu'en 2023. Il faut savoir également que Riyadh a puisé 250 milliards de dollars dans ses réserves de changes et emprunté 100 milliards de dollars de plus depuis 2014. Sans arriver à ces extrêmes en matière d'économie et de hausses de prix, l'Algérie mise sur un retour à l'équilibre pour 2019, tout en maintenant un matelas de devises assez confortable, sans avoir même à trop solliciter le financement non conventionnel. D'autres grands pays pétroliers, à l'image de la Russie, premier producteur mondial, résistent moins bien que l'Algérie et prennent des décisions impopulaires, jusqu'à provoquer de réelles tensions sociales. Il reste que pour cette année précisément, les premiers effets de la loi de finances 2018 sont connus, mais pas encore totalement. Les Algériens qui encaissent les premières hausses, il faut le dire, modérées, sont en position d'observation de la réaction du marché. Dans les semaines à venir, lorsque les revendeurs débarqueront avec leurs fruits et légumes, les produits agroalimentaires, les vêtements, l'électroménager et tout le reste des marchandises, actuellement produites en Algérie et donc interdites d'importation, les Algériens se feront leur propre idée de l'efficacité ou pas de la loi de finances 2018.

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