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PÉNURIE DE MÉDICAMENT, DU SACHET DE LAIT

Ces crises cycliques sans solution

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La liste des médicaments introuvables s'élargit de plus en plusLa liste des médicaments introuvables s'élargit de plus en plus

Avec la politique d'interdiction de l'importation de 900 produits, le marché connaîtra sans doute des perturbations qui obligeront les Algériens à changer leurs habitudes alimentaires.

Elles sont persistantes. Les pénuries s'installent dans la durée. L'année 2018 ne sera pas différente des précédentes. Les Algériens n'en ont pas fini avec cette galère. Après le feuilleton de la pomme de terre, du sucre et de l'huile, d'autres produits sont constamment en rupture. Le médicament se fait toujours rare ces derniers temps. Les traitements destinés aux cancéreux sont introuvables même au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux. Pourquoi en arriver à cette situation? La tutelle ne pouvait-elle pas anticiper les choses pour éviter une éventuelle pénurie? Les solutions ne sont pas aussi compliquées. Sachant que ce problème ne date pas d'aujourd'hui, les responsables à la tête du secteur n'ont pas tiré, apparemment, des leçons du passé. Les précisions apportées dimanche dernier par la tutelle sont loin de convaincre. Réagissant aux rumeurs sur les traitements destinés au cancéreux, la tutelle a rassuré de la disponibilité prochaine des médicaments. Il n'y a pas que ce traitement. La liste des médicaments introuvables s'élargit de plus en plus. On cite les médicaments utilisés pour des examens ophtalmologiques, les corticoïdes injectables, ainsi que ceux destinés aux traitements en diabétologie et en oncologie. La décision de réduire la facture d'importation des médicaments en vue d'encourager la production locale n'a pas été sans conséquences. Devant la faible couverture de la production nationale, la demande reste supérieure à l'offre. Ce qui crée des situations de pénuries tout au long de l'année. Malgré le fait que la question du médicament a fait, à plusieurs reprises, l'objet de Conseil interministériel et que des mesures ont été prises dans ce sens, le problème de fond reste encore posé. L'absence d'une stratégie claire qui permet d'approvisionner le marché de manière permanente est à l'origine de ce dysfonctionnement. La tutelle devrait prendre ses dispositions à l'avance pour importer les quantités nécessaires de médicament tout en continuant d'encourager la production nationale. C'est le même cas pour le sachet de lait qui se fait également désirer. Les citoyens font des kilomètres à la recherche de ce produit de base. Des files interminables sont signalées un peu partout au niveau de la capitale pour se procurer un sachet de lait soldé à 25 dinars. Cette pénurie est l'énième du genre. Elle date depuis plus d'une décennie. Le gouvernement s'est penché à plusieurs reprises sur ce problème sans pour autant arriver à le résoudre définitivement. Pourquoi? Le gouvernement n'importe-t-il pas assez de poudre de lait? Selon les dernières donnes avancées par le Centre national d'information et de statistiques des douanes, les importations n'ont pas connu une baisse. «La facture d'importation du lait et produits laitiers a bondi à 1,31 milliard de dollars entre début janvier et fin novembre 2017, contre 897,92 millions de dollars durant la même période de l'année dernière, en augmentation de 412 millions de dollars correspondant à une hausse de près de 46%», a indiqué le Cnis. Un chiffre qui démontre clairement que le problème ne se pose pas dans l'approvisionnement, mais plutôt dans la régulation. D'autres intervenants dans la chaîne tirent profit de la poudre de lait pour la fabrication des produits laitiers. L'Etat doit revoir sa stratégie dans ce sens en encourageant l'élevage et en interdisant aux industriels d'utiliser le lait en sachet pour la production des fromages et des yaourts. Si l'Etat ne renforce pas le contrôle, le problème ne sera jamais réglé même si les quantités de lait en poudre importées seraient doublées. Le feuilleton des pénuries risque de se prolonger pour toucher d'autres produits. Avec la politique d'interdiction de l'importation de 900 produits, le marché connaîtra sans doute des perturbations qui obligeront les Algériens à changer leurs habitudes alimentaires.

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