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YENNAYER 2968: CONSACRÉE LANGUE NATIONALE ET OFFICIELLE, UNE ACADÉMIE POUR L'ENCADRER ET YENNAYER DÉCRÉTÉ FÉRIÉ

L'âge d'or de l'amazighité

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Le président de la République a construit les fondations d'une nouvelle èreLe président de la République a construit les fondations d'une nouvelle ère

Les Algériens ont gardé, pour ne pas se perdre, un événement, une journée de fête, un petit morceau de calendrier qu'ils ne partagent qu'avec les peuples du Maghreb.

L'ensemble du peuple algérien fêtera demain la deux mille neuf cent soixante huitième année du calendrier amazigh. Un moment de célébration, de joie, de partage, mais qui rappelle tout de même l'exceptionnelle destinée d'un rite qui a survécu à toutes les conquêtes qu'ont dû subir les Amazighs. Yennayer n'a certainement pas été promu par les Romains, les Vandales, les Bizanthins, les Arabes, les Turcs et les Français. Toutes les civilisations qui ont traversé l'Afrique du Nord, et donc l'Algérie, ont apporté du bon et du moins bon. Toutes ont tenté d'agir, d'influer sur les populations autochtones. On a parlé romain, arabe, turc, et français en Algérie. Les Algériens ont emprunté de leurs occupants, leurs religions, leurs modes de vie, leurs sciences. Ce sont ces accumulations d'expériences et de contacts avec ces civilisations qui ont fait de nous ce que nous sommes.
Mais dans ce brassage culturel pluriel, les Algériens ont gardé, pour ne pas se perdre, un événement, une journée de fête, un petit morceau de calendrier qu'ils ne partagent qu'avec les peuples du Maghreb. Au fil du temps, chaque région lui a trouvé une appellation, mais toutes ont gardé ce fil conducteur du 11-12-13 janvier qui rappelle aux Algériens qu'au fond, ils ne sont ni romains ni turcs ni français ni Arabes. Dans cette diversité, ils ont gardé l'islam et la langue arabe. Deux dimensions qui ont cimenté leur lutte libératrice contre la colonisation. Mais ni les musulmans du monde ni les Arabes ne fêtaient le jour de l'An, un 12 janvier. A croire que l'amazighité a trouvé ce subterfuge pour exister en chacun de nous, en attendant des jours meilleurs.
Aujourd'hui, après la constitutionnalisation de tamazight en tant que langue nationale et officielle, la consécration de Yennayer apparaît comme une évidence. Mais cela a été l'aboutissement d'un réveil de la mémoire collective. Si les luttes démocratiques pour la reconnaissance de la dimension amazighe n'ont suscité aucune réaction de rejet de la part des populations non amazighophones, c'est précisément parce qu'en chacun de nous sommeillait ce calendrier «spécial», dont on fêtait le début, sans trop savoir pourquoi.
Cela au plan historique et socioculturel. Au plan politique et institutionnel, l'ouverture de la République à cette dimension essentielle de l'identité nationale, s'est faite graduellement, avec quelques soubresauts ou un peu plus que cela, puisque disons-le, tamazight a ses martyrs. La République ne les oublie pas et leur rend hommage à chacune de ses victoires. A ce propos, il y a lieu de signaler qu'en moins de 60 ans d'indépendance (c'est très court dans l'histoire d'une nation), les Algériens se sont réapproprié leur arabité, leur islamité et leur amazighité.
En cette veille de l'an 2968, Yennayer n'est plus une fête orpheline. Elle a toute la République derrière elle. Le chef de l'Etat qui en a fait une journée chômée et payée, a agréablement surpris l'ensemble des Algériens. Il savait sans doute la réaction des citoyens. Il aurait pu le faire avant. Mais avant, il fallait d'abord asseoir les instruments constitutionnels pour la promotion de la langue amazighe. Il n'était pas question de faire dans le folklore. Et pour cause, tout le monde aura constaté que l'officialisation de tamazight s'est faite de manière pleine et entière, avec une académie constitutionnalisée. C'est dire la volonté d'accorder à cette dimension de l'identité algérienne toute l'attention qu'elle mérite.
Le président de la République n'a donc pas fait dans le «replâtrage». Il a écouté son peuple et sondé son histoire et compris la profondeur de l'âme algérienne. Celle-ci est «spéciale» et mérite son destin unique. Un peuple qui sauvegarde jalousement son identité originelle dans une date et un rite est en droit de vivre un «âge d'or». Le président de la République a construit les fondations d'une nouvelle ère. Les Algériens n'en sont qu'à leur premier jour. L'avenir ne sera pas rose, mais il se fera dans l'unité d'une grande nation en devenir.

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