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REMISE EN CAUSE DES ACCORDS UE-MAROC, SAHARA OCCIDENTAL, DÉSTABILISATION DE L'UA...

Les désillusions du roi

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La diplomatie marocaine, qui vibre au rythme des développements de la question sahraouie, vient de subir son énième échec avec l'invalidation de l'accord de pêche qui lie le Royaume à l'Union européenne.

L'année 2018 débute mal pour le souverain marocain. Mohammed VI a fait de l'annexion du Sahara occidental une question sacrée au point de défier la légalité internationale. Il vient une nouvelle fois de subir un cinglant échec concernant le conflit qui l'oppose au Front Polisario. Un déboire qui vient s'ajouter à bien d'autres. Des échecs en cascade depuis l'arrêt rendu le 22 décembre 2016 par les magistrats de l'Union européenne. Une décision qui a confirmé que le Maroc n'avait aucun droit à exercer sa souveraineté sur ce territoire inscrit sur la liste de l'Organisation des Nations unies, des territoires non autonomes qui restent à décoloniser. «... Compte tenu du statut séparé et distinct garanti au territoire du Sahara occidental en vertu de la Charte des Nations unies et du principe d'autodétermination des peuples, il est exclu de considérer que l'expression 'territoire du Royaume du Maroc, qui définit le champ territorial des accords d'association et de libéralisation, englobe le Sahara occidental et, partant, que ces accords sont applicables à ce territoire''», avait conclu la Cour européenne de justice dans son arrêt. Le jugement rendu par les magistrats de la Cour de l'UE avait mis l'accent sur le fait que l'UE et le Maroc ont décidé d'appliquer l'accord, agricole, qu'ils ont conclu en 2012 au Sahara occidental sans qu'ils aient jugé utile de consulter son peuple. L'argument repose sur la légalité internationale. «Compte tenu de l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en 1975 au sujet du Sahara occidental à la demande de l'Assemblée générale des Nations unies, le peuple de ce territoire doit être regardé comme un tiers susceptible d'être affecté par la mise en oeuvre de l'accord de libéralisation», avait affirmé la Cjue. Une année plus tard presque jour pour jour elle allait récidiver. Cette fois-ci concernant l'accord de pêche qui lie les deux parties. Il a été qualifié d' «invalide». Pourquoi? «En concluant cet accord, l'Union a violé son obligation de respecter le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination, ainsi que de ne pas reconnaître une situation illicite découlant de sa violation et n'a pas mis en place les garanties nécessaires pour assurer que l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental se fasse au bénéfice du peuple de ce territoire» a écrit l'avocat général de la Cjue, Melchior Wathelet, dans ses conclusions rendues publiques le 10 janvier 2018. Un cuisant revers de la diplomatie marocaine qui vibre au rythme des développements de la question sahraouie. Un énième échec qui intervient dans la foulée de l'adhésion du Maroc à l'Union africaine. Une initiative du roi qui n'avait pour dessein que de la déstabiliser et d'en exclure la République sahraouie. Le monarque alaouite ne s'est pas privé de le rappeler à chaque occasion. Comme il n'a pas réussi à voiler l'arrière- pensée qui était à l'origine de sa demande d'adhésion à l'Union africaine, le Maroc, qui vient de faire son entrée à cette organisation continentale, ne «reconnaîtra jamais» la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), avait déclaré à la presse le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. «Non seulement le Maroc ne reconnaît pas -et ne reconnaîtra jamais- cette entité fantoche, mais il redoublera d'efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaisse encore, fasse évoluer sa position...», avait déclaré Nacer Bourita, dans un entretien publié le 5 février 2017 par le site d'info en ligne Le Desk. «Le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara», avait-il ajouté. Le Maroc n'a pas attendu son retour au sein de la famille africaine pour joindre l'acte à la parole. La tenue du 4e Sommet arabo-africain du 22 au 24 novembre 2016 à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, lui avait offert l'opportunité de mener une offensive pour obtenir le retrait de la délégation sahraouie de cette rencontre. «Le Maroc a demandé le retrait de la Rasd avant de demander le report du sommet. Il ne l'a pas obtenu!», avait confié l'ex- ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel qui y avait représenté le président de la République. Le souverain marocain fera aussi des pieds et des mains pour exclure les Sahraouis du sommet UA - UE qui s'est tenu, à Abidjan, les 29 et 30 novembre 2017. En vain! L'accord de pêche qui vient d'être jugé invalide par l'avocat général de la Cour européenne de justice vient de signer la dernière désillusion du roi.

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