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PLUSIEURS PRODUITS SONT TOUCHÉS PAR DES AUGMENTATIONS SAUVAGES

Pourquoi cet effet boule de neige?

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Pourquoi cet effet boule de neige?

La grève des universités a été annulée. Une sage décision qui doit être méditée afin de permettre à l'ensemble des acteurs de la société d'établir une action commune visant à sortir l'Algérie de la crise actuelle.

Les enseignants universitaires, les étudiants et les fonctionnaires de l'administration devaient entamer demain une grève générale. Une grève qui, par l'effet d'annonce, se voulait imposante et déstabilisante. Finalement, elle a été suspendue à la suite d'une décision de justice qui a tranché pour son «illégalité». Heureusement d'ailleurs car, il faut le dire, même si les raisons de ce mouvement de protestation, à savoir ouvrir le débat pour trouver des solutions aux problèmes que vit l'université, sont justes et fondées, son calendrier n'est pas approprié. Le pays risque de passer par des moments de forte tension qui ne feront que retarder l'application d'un programme tracé par le gouvernement pour assurer le développement. Surtout qu'actuellement une certaine tension est dans l'air à la suite des augmentations «sauvages», décidées unilatéralement par des commerçants et autres prestataires dès l'entrée en vigueur de la loi de finances 2018. Et à ce propos, il faut dire que l'Etat a décidé d'entamer des réformes économiques pour sortir de la crise actuelle et de la dépendance des hydrocarbures en imposant des restrictions sur les importations et de nouvelles taxes.
L'Etat a décidé de préserver ses revenus en devises en demandant aux citoyens de consommer ce qu'ils produisent en premier, de se débarrasser «momentanément» du superflu et de promouvoir les secteurs à valeur ajoutée. L'Etat a maintenu son soutien aux classes moyennes et vulnérables et n'a pas décidé d'aller dans des augmentations tous azimuts.
Une augmentation du carburant a été certes annoncée mais pas celle de l'eau, de l'électricité ou du pain. Si les transporteurs peuvent justifier donc leur revendication d'augmenter le prix du ticket, les producteurs de yaourt, les gérants du Hammam ou encore ceux des salons de coiffure ne peuvent pas le faire. Et pourtant! les augmentations en Algérie ont touché tous les secteurs et tous les produits. Sans raison apparente, sauf peut- être celle de la cupidité de certains producteurs, celle des commerçants ou autres prestataires de service. Pourquoi est-ce que le prix du yaourt affiche aujourd'hui une augmentation de 5 DA par boite?
Est-ce que l'augmentation du prix de l'importation de l'arôme pourrait réellement justifier le nouveau prix unitaire? Pourquoi aussi, l'accès au hammam enregistre-t-il une hausse de 50 DA par personne? Même le prix de la banane, un fruit non concerné par l'interdiction d'importation, s'est envolé. Alors que ce fruit exotique était écoulé entre 250 et 300 DA, ses prix ont atteint actuellement les 500 DA. Ces augmentations semblent avoir un effet boule de neige sur presque tous les produits. Ce qui pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages et créé une certaine tension dans l'air. Car même l'augmentation des prix des cigarettes, une décision bénéfique certes pour préserver la santé du citoyen, ne se justifie pas. Si dans la loi de finances, il a été décidé d'augmenter la taxe intérieure sur la consommation (TIC) de 10% pour les produits tabagiques (le kilo du tabac brun est passé ainsi de 1240 dinars à 1640 dinars, le tabac blond de 1760 à 2250 dinars), l'augmentation de minimum 20 DA par paquet de cigarette, décidée par les détaillants, semble générer pour ces derniers plus de bénéfices qu'auparavant.
Il ne s'agit donc pas d'une hausse qui vise à absorber uniquement la taxe décidée. A ce rythme, les citoyens qui ont bien compris le souci de l'Etat d'appliquer certaines mesures de rigueur afin de gérer la crise, ne sont pas prêts à accepter ces augmentations sauvages et s'attendent à une réaction des premiers responsables du pays qui se sont engagés, par le biais de la loi de finances 2018, à protéger la production nationale, mais aussi à préserver le niveau de vie du citoyen. Le moment n'est donc pas à la grève et la protestation, mais plutôt à l'union afin d'agir de concert pour sortir l'Algérie de la crise actuelle.

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