LES MÉDECINS RÉSIDENTS ET LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ SE RÉUNISSENT AUJOURD'HUI

La fin de l'impasse?

«Il y a une sorte de défaillance dans la prise en charge des médecins qui sont affectés en dehors de leurs wilayas»
«Il y a une sorte de défaillance dans la prise en charge des médecins qui sont affectés en dehors de leurs wilayas»

Cette réunion programmée à la surprise générale dénote de la volonté, des deux côtés, d'arriver vite à une solution qui permettra de mettre fin à cette grève qui a trop duré.

Hazbellaoui l'avait annoncé, il l'a fait! Le dialogue entre les médecins résidents grévistes et la tutelle a été réouvert. «Une séance de travail entre le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et les représentants dûment mandatés des résidents en sciences médicales est programmée aujourd'hui au siège du ministère dans le cadre de la prise en charge des doléances des résidents en sciences médicales», a indiqué jeudi dernier un communiqué du ministère. «Dans le cadre de la mise en oeuvre effective et du suivi de la prise en charge des doléances formulées par les résidents en sciences médicales, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a programmé pour ce samedi 13 janvier 2018 une séance de travail au siège du ministère avec les représentants dûment mandatés des résidents en sciences médicales», insiste la même source.
Un communiqué qui laisse entrevoir la fin de cette grève qui a trop duré? En effet, depuis plus de deux mois les médecins résidents sont en grève pour l'amélioration de leur situation socioprofessionnelle. Le dialogue avait été ouvert par le ministre de la Santé, le professeur Mokhtar Hazbellaoui, et les médecins grévistes, mais il avait buté sur la suppression du service civil qui demeure une ligne rouge. Les deux rencontres entre le ministre et les grévistes n'ont abouti à rien! Bien au contraire, la situation a pris une tournure délicate avec le boycott du Diplôme d'études médicales spécialisées (Dems) et l'organisation de deux imposantes marches, dont la première a tourné au vinaigre. Le ministre de la Santé, qui n'a jamais fermé les portes du dialogue, a dû se dépêcher à la Télévision nationale pour calmer les esprits. Lundi et mercredi derniers en plein «prime time» l'Entv chamboule ses programmes pour diffuser une interview exclusive du premier responsable de la santé, afin d'appeler les médecins résidents au dialogue.
Dans les deux interventions télévisées, le professeur Hazbellaoui a d'emblée reconnu l'existence de défaillances dans le système du service civil, notamment en ce qui concerne leurs conditions de travail et d'accueil. «Il y a une sorte de défaillance dans la prise en charge des médecins qui sont affectés en dehors de leurs wilayas», a-t-il admis avant d'annoncer une série de mesures pour pallier ces dysfonctionnements. Il parle, entre autres, d'instructions données à «tous les directeurs de la santé pour que chaque poste de travail soit accompagné d'un logement et d'autres moyens afin d'assurer une prise en charge digne à ces médecins spécialistes en poste au niveau des régions reculées du pays dans le cadre du service civil». Il parle également de l'autorisation de l'activité complémentaire pour les médecins spécialistes affectés dans le cadre du service civil qui doit leur permettre d'augmenter leurs revenus en exerçant en parallèle dans le secteur privé (elle serait de deux jours par semaine, ndlr). Il annonce aussi l'inclusion des médecins résidents dans les oeuvres sociales des hôpitaux.
Le ministre fait savoir que d'autres mesures devraient suivre, afin que ces médecins spécialistes puissent exercer leur métier au service des citoyens dans les meilleures conditions possibles. Néanmoins, le professeur Mokhtar Hazbellaoui a tenu à avertir et à plusieurs reprises que la question de la suppression du service civil était une ligne rouge qui ne pourra être franchie. Car, «il garantit une couverture sanitaire du territoire national en fournissant des médecins de toutes les spécialités», se défend-il.
Une manière pour lui d'annoncer la couleur aux résidents sur le fait que les discussions tourneront autour de tout, sauf de la suppression du service civil.
Une réforme pourquoi pas? Mais pas de suppression! Les choses sont donc désormais claires! Ce que ces médecins apprentis syndicalistes ont de suite réfuté en soutenant que leur principale revendication était la suppression du service civil. Dès lors, il n'y avait plus à discuter. C'était l'impasse!
Mais voilà qu'à la surprise générale, même pour certains résidents, une réunion est programmée pour aujourd'hui. Cela démontre une volonté, des deux côtés, d'arriver vite à une solution qui permettra de satisfaire les médecins résidents grévistes sans pour autant «léser» la population. Dans le militantisme, il faut savoir faire des compromis. Si les médecins résidents se braquent sur la question de la suppression du service civil, ils risquent à la fin de ne rien obtenir comme cela a été le cas par le passé...