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CAMPAGNE DE LA CUEILLETTE DES OLIVES À BOUIRA

Toujours en famille!

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La cueillette des olives est aussi une occasion pour les villageois de se retrouverLa cueillette des olives est aussi une occasion pour les villageois de se retrouver

L'obligation de se mobiliser en famille pour la cueillette des olives est dictée par des considérations ancestrales.

La vocation agricole de la wilaya de Bouira, à 100 km à l'est de la capitale, se vérifie à longueur d'année. En été, en automne, au printemps ou en hiver, celui qui passe par cette wilaya se voit attiré par la mobilisation de ses habitants pour la culture ou la cueillette d'un produit agricole donné. En hiver, c'est surtout la cueillette des olives qui ne laisse pas indifférent. De Lakhdaria, sise à l'extrême ouest du chef - lieu de la wilaya, à Chorfa, à l'extrême est, en passant par Haizer, Taghzout, El Asnam, Ahl El Ksar, Becheloul, Ahnif, M'chedellah, un véritable documentaire en live s'offre au visiteur de cette wilaya. La mobilisation des membres de la famille dans leur ensemble pour la cueillette d'olives, est ce qui captive le plus dans ce documentaire. Du plus jeune de la famille jusqu'au plus vieux et du moins lettré jusqu'au plus instruit, les membres de la famille sont égaux devant la cueillette de l'olive, a-t-on appris des habitants de cette wilaya, en interrogeant certains parmi eux, le week-end dernier. L'obligation de se mobiliser en famille pour la cueillette des olives est dictée aussi par d'autres considérations ancestrales, apprend-on en outre. Selon Aâmi Arezki, un vieux rencontré dans le village de Aguercif dans la commune de Haizer, «la participation de tous les membres de la famille dans la cueillette des olives contribue à la bénédiction de la récolte, à l'enseignement du compter sur soi et au maintien de l'esprit de la solidarité au sein de la famille», dira Aâmi Arezki, en faisant remarquer que la cueillette des olives n'est pas une tâche aisée. «Pour la finir avant qu'il ne soit trop tard, il faut la mobilisation de beaucoup de mains! », ajoute-t-il, en précisant que par le mot retard, il entend l'arrivée des grandes pluies et de la neige. «La cueillette des olives par ces temps-là est très difficile dans les régions montagneuses», souligne-t-il, en faisant observer que les peignes automatiques et autres brosses vibreuses qui auraient facilité la tâche pour les villageois demeurent encore, en raison de leurs prix exorbitants hors de portée. Aâmi Arezki ne déplore pas toutefois cet état de fait. Car pour lui, la cueillette des olives à la traditionnelle est de très loin plus passionnante et saine pour les oliviers. Au sujet de l'ambiance que crée la campagne de la cueillette des olives, il faut dire, qu'en se rendant dans les villages de plusieurs communes, nous avons assisté à des scènes de gaieté et de vivre ensemble exceptionnelles. En effet, dès le début de la journée, une ambiance bon enfant s'empare des villageois. Des processions d'hommes, de femmes et d'enfants se dirigent vers les champs d'oliviers. Munis de scies, de haches, les hommes se mettent en avant des processions. Pas très loin derrière, les femmes et les enfants munis de leur côté de cannes, de seaux, de bâches et de sacs leur emboîtent le pas. En marchant, les uns et les autres s'échangent les nouvelles de la veille et se racontent leurs programmes préférés de la télévision. Les discussions sont très passionnantes, car il faut dire que la campagne de la cueillette des olives est aussi une occasion pour les villageois de se retrouver et renouer avec les habitudes d'antan. Les visites entre familles sans raisons ont disparu aussi dans les villages. L'individualisme est venu à bout de la communion et du partage autrefois sacrés dans les villages. Les rencontres entre voisins se sont réduites comme dans les villes uniquement aux fêtes et à des funérailles. Une fois arrivés à leurs champs d'oliviers, les hommes, les femmes et les enfants se partagent comme la veille les tâches. En fonction des outils de tout un chacun, ils s'attaquent au travail. Les hommes se mettent à couper les branches supérieures et à faire baisser celles que les femmes ne peuvent pas atteindre, tandis que celles-ci s'occupent de la cueillette des olives. De leur côté, les enfants donnent comme ils le peuvent un coup de main. En s'occupant de leurs tâches, les uns comme les autres, s'offrent de temps à autre des moments de repos. Le café, le lait, le thé et les gâteaux (modernes ou traditionnels) étant omniprésents sur les lieux servent au renouvellement des calories brûlées. Et ce, en attendant l'heure du déjeuner qui revêt un cachet très particulier par ces temps de cueillette. Il est particulier, en ce sens qu'il constitue une nouvelle fois un moment de réunion pour les membres de la famille qui laissent leurs tâches et viennent déguster ce qu'ils ont préparé très tôt le matin ou la veille. La cueillette des olives étant naturellement un signe des traditions de jadis, les familles tiennent aussi à préparer des plats traditionnels conformes à la circonstance et surtout aux lieux. Car il faut dire qu'en Kabylie, les oliveraies se trouvent souvent un peu loin des villages. Ceci s'explique par le fait que la plupart des villageois ont quitté les régions montagneuses qu'ils habitaient autrefois au profit des plaines. Ainsi, les familles préfèrent préparer des plats, tels que le berkoukès, thimghezart, le couscous, thamakfoult, le petit lait et bien entendu les figues sèches. Par ailleurs, et pour renouer avec le sens du partage d'antan, les familles en profitent pour s'échanger entre elles les plats ou se réunir à la même «table». Ainsi, le déjeuner se prend dans une ambiance particulière agrémentée de blagues et de taquineries entre les familles ou membres de la famille. Tout en respectant le temps qui doit être consacré au déjeuner, les familles renouent ensuite avec le travail. Contrairement à la matinée, les familles consacrent l'après-midi uniquement au ramassage des graines d'olives qu'ils auraient fait tomber la matinée. Pour faire vite, ces dernières attaquent ensemble l'opération. Petit à petit, les membres de la famille arrivent à distinguer d'abord le bon grain de l'ivraie (feuillage, cailloux et autres herbes), puis à ramasser ensuite les graines par masses et les mettre enfin dans des sacs. L'opération de ramassage des graines s'entrecoupe comme la matinée par des moments de répit pour les membres de la famille, qui en profitent pour prendre également du café et du café au lait indispensables pour beaucoup aux alentours de 15 h. Les moments de répits servent aussi pour ces derniers à trancher la question des arbres qui seront attaqués en premier le lendemain. Oui, le choix des oliviers se fait en fonction de deux paramètres: leurs facilité et difficulté. L'arbre difficile est celui qui se trouve dans un endroit inaccessible ou robuste dont les branches sont difficiles à atteindre. Les villageois avec qui nous nous sommes entretenus, nous ont indiqué à l'unanimité qu'il est préférable de commencer par les arbres faciles et laisser en dernier les arbres difficiles, et ce pour ne pas perdre trop de temps et d'énergie au départ. Une fois, les graines mises dans les sacs, les familles procèdent au transport de ces derniers vers leurs domiciles respectifs. A l'inverse de la matinée, les familles ne reviennent pas en même temps. Ces dernières se débrouillent comme elles peuvent pour faire acheminer leurs sacs. En arrivant chez eux, les ménages déposent les sacs dans un coin et les stockent jusqu'à la fin de la campagne de la cueillette pour les emmener ensuite aux huileries. Au sujet des huileries, en les visitant, nous avons remarqué que ces dernières sont toutes devenues modernes. Leur modernisation a révolutionné la trituration de l'olive et du coup les anciennes traditions. Les familles cherchaient autrefois après les propriétaires des huileries pour faire triturer leurs olives en premier, de nos jours c'est bien le contraire qui se produit. Ce sont en effet, les propriétaires des huileries qui cherchent après les familles, en offrant un bouquet d'avantages, tels que le transport des olives vers les huileries en amont et en aval et le délai de le triturer en un temps record. Dans certaines huileries ultramodernes la durée de la trituration ne dépasse pas, a-t-on appris, trois jours. Ainsi et paradoxalement comme c'est le cas dans les élections, les familles choisissent les huileries en fonction aussi du tribalisme.

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