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L'Algérie représente un marché fabuleux de plus de 40 millions de consommateursL'Algérie représente un marché fabuleux de plus de 40 millions de consommateurs

La rencontre doit déboucher sur la création d'un conseil algéro-français, et d'un mémorandum d'entente, portant sur la promotion de la coopération dans plusieurs domaines.

Quoi de neuf après la visite du président Macron en Algérie en décembre 2017? Rien de notoire. La coopération économique entre les deux pays devrait pourtant revêtir un caractère exceptionnel tout en tendant à l'atteindre. L'Algérie représente en effet un marché fabuleux de plus de 40 millions de consommateurs tout en offrant le plus d'opportunités dans la région du Maghreb. La France qui, comme de nombreux autres pays, souffre d'une crise ne semble pas encline à les saisir pleinement. Tout joue pourtant en faveur de cette option. En plus d'une communauté algérienne de 5 millions de personnes résidant sur le sol français, elle a en partage une histoire commune de plus de 130 années avec l'Algérie, certes dramatique, mais qui a servi à tisser des liens très étroits entre les deux pays. Autant d'atouts qui n'ont à ce jour pas servi à booster les échanges commerciaux au point de les rendre remarquables. Les objectifs des uns et des autres sont pourtant clairs: l'Algérie qui fait face à une crise financière tenace depuis la dégringolade des cours de l'or noir, a opté pour un modèle de croissance économique qui doit lui permettre de diversifier son économie et l'affranchir de sa dépendance à ses exportations d'hydrocarbures. Alors que la France qui n'est pas mieux lotie espère retrouver sa place de premier partenaire économique vis-à-vis d'elle, un rang dont l'a délogée la Chine. Où en est le niveau de leurs échanges? Ils ont pratiquement triplé entre 1999, année de la première élection de Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays, et 2013. L'Algérie s'est hissée au rang de premier partenaire commercial de la France en Afrique. Elle est aussi le troisième débouché pour les exportations françaises hors pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), après la Chine et la Russie. Supplantée par l'Empire du Milieu, la France a gardé, en 2016, sa seconde place de partenaire avec 5,08 milliards d'euros d'exportations et 10,2% de parts de marché, mais loin derrière la Chine avec 18% devançant l'Italie qui se fait de plus en plus menaçante, avec 9,9%. La France reste cependant toujours le premier investisseur hors hydrocarbures et le premier employeur étranger en Algérie. Les quelque 500 entreprises qui y sont implantées génèrent environ 40.000 emplois directs et 100.000 emplois indirects. Des statistiques qui montrent surtout que des potentialités énormes existent du côté des deux rives de la Méditerranée, entre l'Algérie et l'ex- puissance colonisatrice. Elles sont encore loin d'avoir été exploitées, n'ayant toujours pas atteint leur vitesse de croisière. Le vent qui soufflait a maintes fois changé de sens, contrariant ou perturbant la marche en avant d'un partenariat qui attend d'être élevé à son niveau d'excellence, comme ce fut le cas lors de la 3ème session du Comité intergouvernemental de haut niveau (Cihn) qui s'est tenue, le 10 avril 2016, à Alger. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia s'est quant à lui déplacé à Paris, dans le sillage de la visite du chef de l'Etat français, où il a coprésidé avec son homologue français Edouard Philippe, la 4ème session du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français. Plusieurs accords de partenariat dans divers domaines, notamment les transports, la santé, l'énergie, l'agroalimentaire et l'industrie avaient été signés. Les visites bilatérales de haut niveau n'ont pas manqué non plus. Celle effectuée par Bernard Cazeneuve Premier ministre de François Hollande au mois d'avril 2017 qui a été couronnée par la signature de 10 accords entre les deux pays pour la plupart d'ordre économique. Parmi eux figurent le mémorandum d'accord de coopération entre la Snvi, l'usine d'assemblage et de maintenance des tramways (Cital) et le groupe français Alstom en vue de la réalisation du projet de fabrication de bus électriques. Il y a eu ensuite la visite à Alger du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, les 12 et 13 juin 2017. Le ministre de l'Intérieur Nouredine Bedoui s'était rendu à Paris les 9 et10 novembre 2016, précédés les 19 et 20 septembre de la même année par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah. La rencontre entre la délégation du Medf conduite par son patron Pierre Gattaz et celle du FCE qui sera emmenée par Ali Haddad doit en principe donner un souffle nouveau à la coopération algéro-française. Elle sera couronnée par la création d'un conseil algéro-français, et d'un mémorandum d'entente, portant sur la promotion de la coopération dans le domaine de la jeunesse, du numérique, de la formation et de l'entrepreneuriat. «La création de ce conseil vise à mobiliser les entreprises des deux pays pour fonder de nouveaux partenariats et de favoriser ainsi la promotion des relations économiques, commerciales et industrielles entre l'Algérie et la France», a indiqué le président du Forum des chefs d'entreprise. Il faut rappeler que ce rendez-vous avait été précédé par une visite effectuée, le 2 décembre, par une délégation de chefs d'entreprise de la Confédération générale des entreprises algériennes, à Paris. Conduite par sa présidente Saïda Neghza elle s'est entretenue avec le président du Medef, sur les perspectives de développement du partenariat économique algéro-français, notamment dans les secteurs de l'industrie, de l'agriculture, du tourisme et du numérique, ainsi que les possibilités d'échanges d'expériences entre les petites et moyennes entreprises (PME) algériennes et françaises, a souligné un communiqué de la Cgea. Paris et Alger semblent décidés à élever leur partenariat au niveau qui lui revient: l'excellence.

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