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Va-t-on vers le pourrissement?

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Va-t-on vers le pourrissement?

Le syndicat se félicite en revanche, de l'écho favorable des enseignants à son appel.

Au moment où l'Education nationale vit des heures graves, point de compromis entre le Conseil national du personnel enseignant du secteur ternaire de l'education (Cnapeste) et la tutelle. Ainsi, les deux côtés s'accusent mutuellement d'être à l'origine de la fermeture du dialogue. Face au discours des représentants du département de Nouria Benghebrit qui n'ont de cesse de parler d'un «faible taux de suivi» du débrayage, le syndicat se félicite en revanche, de l'écho favorable des enseignants à son appel. L'entité syndicale se dit par ailleurs résolue à poursuivre sa grève quitte à y laisser des plumes.
Et ce, en dépit de l'application de la mesure du ministère portant sur la radiation de tout enseignant refusant de rejoindre son poste après mises en demeure. Revenant sur cette décision, l'inspecteur général du ministère de l'Education nationale, Nedjadi Mseguem, a affirmé mercredi passé sur la Radio nationale Chaine III, qu'étant donné le caractère illégal de cette grève, «il est naturel que les enseignants n'ayant pas rejoint leurs postes de travail soient sanctionnés». Il a par ailleurs annoncé que des mises en demeure ont été adressées à l'endroit des enseignants à Blida, ajoutant que des radiations ont été transmises à d'autres grévistes. Cela concerne, précise-t-il, quelque 500 et 600 éducateurs en grève.
Justifiant cette initiative quelque peu radicale, Nedjadi Mseguem explique que cet arrêt de travail comme l'a décrété le tribunal administratif, «n'est pas conforme à la loi». Par conséquent, il estime que la loi doit être et «sera appliquée avec vigueur». Par ailleurs, ce même délégué du ministère a affirmé que chaque jour, des enseignants grévistes décident de reprendre les cours. Ce qui, selon lui, démontre que cette décision est finalement «un moyen dissuasif».
Il a en outre mis l'accent sur la mise en place du dispositif de remplacement des grévistes par des vacataires, qui promet-il «permettra de rattraper le retard accusé dans les cours, notamment pour les classes d'examens».
Faisant le bilan de la situation dans les trois wilayas les plus touchées, Nedjadi Msseguem a fait savoir qu'en ce qui concerne Tizi Ouzou, «il y a bien eu reprise et les cours se déroulent normalement». Pour la localité de Blida, il a indiqué que près de 426 enseignants remplaçants assurent correctement les cours. En outre, le responsable assure encore que les cours seront rattrapés, après réadaptation et régulation du programme en fonction du temps restant. Face à cette pression, le Cnapeste pointe du doigt ces mesures punitives, lesquelles, pour ses représentants sont loin d'être un appel au dialogue et à l'apaisement. Le chargé de communication du syndicat en question a de son côté tenu à affirmer que contrairement à ce que veut faire croire le ministère de l'Education, depuis l'annonce de Nouria Benghebrit concernant le début des licenciements des grévistes, des enseignants ont rejoint le mouvement de grève.
Selon Messaoud Boudiba, le «ton» adopté par la ministre n'est pas la meilleure option si elle espère régler le problème, rappelant à son tour, que Nouria Benghebrit est invitée par le Cnapeste à de sérieuses négociations. L'ensemble des grévistes appuie toujours sa position et attend que la tutelle daigne «respecter le contenu des procès verbaux signés entre les DE et les représentants de ce syndicat».
La résistance du Cnapeste, en sus de poser problème au ministère de l'Education, n'est pas bien vue du côté de la Fédération nationale des associations de parents d'élèves. Pour sa présidente, Djamila Khiar, «un comportement immoral portant atteinte à la déontologie du métier d'enseignant». Cette dernière considère que «la notion de grève ouverte n'existe pas légalement». S'agissant de la réaction des élèves, des lycéens ont observé mercredi dernier, un rassemblement à Béjaïa pour appeler leurs enseignants respectifs à reprendre les cours, argumentant que leur «avenir est en jeu».
Ils ont par ailleurs fait part de leur inquiétude quant au remplacement des enseignants grévistes par des vacataires et des répercussions que cela pourrait avoir sur la qualité de l'enseignement.

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