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LES AMÉRICAINS «SABORDENT» LES EFFORTS DE L'OPEP ET DE SES ALLIÉS

Le baril perd pied

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L'Organisation des pays exportateurs de pétrole reste cependant optimiste quant à un rééquilibrage du marché à la fin de l'année 2018.

Les Etats-Unis, qui sont sur le point de supplanter l'Arabie saoudite et la Russie en matière de production de pétrole, constituent une sérieuse menace pour l'équilibre du marché. L'augmentation de l'offre des Etats-Unis, qui pourrait à elle seule «égaler la hausse de la demande mondiale en 2018, fragilise le rééquilibrage du marché», a indiqué l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport mensuel rendu public hier. La production américaine de brut augmentera de 1,35 million de barils par jour cette année, pour atteindre «un pic historique au-dessus de 10 mbj, dépassant l'Arabie saoudite et rivalisant avec la Russie», si ces deux derniers continuent de limiter leur propre production, avait souligné l'AIE dans son rapport de janvier. Le dernier record de la production américaine est vieux de près de 50 ans, il date de novembre 1970, il a précédé de trois ans le premier choc pétrolier. Elle avait atteint 9,9 millions de barils par jour en 2017, au coude-à-coude avec celle de l'Arabie saoudite et de la Russie qui contribuent largement à la diminution de l'offre des pays Opep-non-Opep de 1,8 million de barils par jour. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole reste cependant optimiste quant à un rééquilibrage du marché à la fin de l'année 2018 tout en relevant qu'entre décembre et janvier, l'offre globale de pétrole brut avait augmenté de 350.000 barils/jour, tirée principalement par les pays non membres de l'organisation. L'Opep pointe du doigt les Etats-Unis. Le rebond des cours a encouragé les producteurs US de pétrole de schiste à reprendre leurs forages, ce qui ne devrait pas empêcher la demande mondiale de pétrole d'augmenter de 1,59 million de barils par jour cette année, soit 60.000 barils par jour de plus que la précédente prévision, souligne le document du cartel. «Récemment, le développement sain et constant de l'activité économique dans de grands centres de demande mondiale de pétrole a été le principal moteur de la solide croissance de la demande de pétrole», argumentent les experts de l'Opep. «Ce lien étroit entre croissance économique et demande de pétrole devrait se maintenir, au moins à court terme» assurent-ils. Cela suffira-t-il à rééquilibrer le marché? Apparemment oui, mais pas dans l'immédiat. Une date? «Le marché ne retrouvera sans doute l'équilibre que vers la fin de l'année», espère l'Opep, un objectif né de l'accord historique d'Alger conclu le 28 septembre 2016 lors d'un sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole en marge du 15ème Forum international de l'énergie qui s'est tenu dans la capitale algérienne. Une initiative qui allait déboucher sur la décision de la baisse de 1,8 million de barils par jour, scellée entre l'Opep et 11 pays hors cartel, dont la Russie. Entrée en vigueur le 1er janvier 2017, elle court jusqu'en décembre 2018. Un effort qui donne l'impression de donner ses fruits, chiffres à l'appui. Les stocks mondiaux se sont contractés de 22,9 millions de barils en décembre, à 2,888 milliards de barils, ce qui reste, tout de même, supérieur de 109 millions à la moyenne sur cinq ans. La production de l'Opep a, quant à elle, diminué en janvier de 8000 bpj à 32,302 millions de bpj, est-il mentionné dans le rapport de l'Opep qui indique que ses membres ont ainsi respecté à 137% leurs objectifs de production contre 129% en décembre. Les prix du pétrole demeurent toutefois tiraillés. Ils seraient beaucoup plus enclins à la déprime. Ils étaient dans le rouge hier à Londres, en cours d'échanges européens pour la 8ème fois de suite. Vers 16h30 à Alger, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 62,12 dollars sur l'Intercontinental Exchange de Londres, en baisse de 14 cents par rapport à la clôture de lundi. Le baril de light sweet crude pour livraison en mars, référence américaine du brut, cédait aux environs de 15h00, 49 cents et s'échangeait à 58,80 dollars sur le New York Mercantile Exchange. «Les données sur la progression de l'exploitation du pétrole de schiste aux Etats-Unis n'arrêtent pas de s'empiler et ce n'est pas de bon augure pour ceux misant sur une progression des cours», a souligné John Kilduff d'Again Capital. Le baril perd incontestablement pied.

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