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LES PRIX DU PÉTROLE ENTAMENT LA SEMAINE À LA HAUSSE

L'Iran et Israël "chauffent" le baril

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Les cours de l'or noir grimpaient, hier, en cours d'échanges européens alors que le ton monte entre Téhéran et Jérusalem.

Le baril a toujours été très sensible aux bruits de bottes. Surtout lorsque cela met en jeu la production. C'est le cas actuellement. La tension entre Israël et l'Iran, membre important de l'organisation des pays exportateurs de pétrole, qui produit près de 4 millions de barils par jour, est vive. Les deux pays se sont confrontés tout récemment en terre syrienne. Des frappes israéliennes ont ciblé, le 10 février, des «positions iraniennes». Depuis, le ton n'a cessé de monter. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui participait pour la première fois à la Conférence sur la Sécurité, qui s'est achevée le 18 février à Munich, a brandi un morceau de drone iranien, selon lui, abattu au-dessus du territoire israélien. Une «preuve» suffisante pour le chef du Likoud qui a menacé, lors de son intervention, de représailles Téhéran. «Ne testez pas la détermination d'Israël», a-t-il lancé en direction du chef de la diplomatie iranienne Zarif Javad Zarif, sur un ton belliqueux. Passera-t-il à l'action? Un nouveau pas dans l'escalade a été franchi. Israël a testé dans la nuit d'hier son système destiné à lutter contre les missiles balistiques à longue portée dans l'espace, capable aussi de détruire les satellites en orbite, a rapporté le site d'information Sputnik! «L'armée israélienne a testé, dans la nuit de dimanche à lundi(19 février Ndlr), son système d'interception de missiles balistiques à longue portée, Hetz-3 (Arrow-3), conçu en collaboration avec les Etats-Unis», a écrit le ministère israélien de la Défense sur son compte Twitter. En novembre 2012, Netanyahu déclarait déjà à la télévision israélienne être «prêt, s'il le faut» à déclencher une attaque contre les sites nucléaires iraniens. Mettra-t-il à exécution sa menace? La question est posée. Ce qui est sûr c'est que cette escalade militaire risque de déboucher sur un conflit armé. On n'a jamais été aussi proche. Même si Mohamad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, a qualifié de «cirque» les propos tenus par le Premier ministre israélien, la bombe n'a pas été désamorcée. Si l'Etat hébreu peut compter sur son allié traditionnel, l'Amérique, l'Iran vient de bénéficier d'un soutien de poids. Les Russes viennent en effet de mettre les pieds dans le plat. «Nous n'acceptons pas l'approche selon laquelle chaque problème de la région est observé à travers le prisme de la lutte contre l'Iran», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères. «Le récent développement des événements autour du problème palestinien, y compris la décision de Washington de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d'Israël, est largement prédéterminé par la même rhétorique anti-iranienne», a souligné Serguei Lavrov qui a ajouté que l'escalade de la rivalité irano-israélienne «risquait d'aggraver davantage la situation dans la région, qui est déjà assez précaire». Et cela fait évidemment l' «affaire» de l'or noir. «Les tensions au Moyen-Orient profitent aux prix du brut», ont commenté les analystes du second groupe bancaire allemand Commerzbank. Hier vers 11h15 à Alger, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s'échangeait autour des 65,19 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, enregistrant une hausse de 35 cents par rapport à la clôture de vendredi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat de mars se négociait à 62,21 dollars et engrangeait un gain de 53 cents. Reste à savoir si la prise de position de la Russie, qui est aussi partie prenante dans l'accord de diminution de la production de 1,8 million de barils par jour des pays Opep-non-Opep, suffira à calmer les ardeurs du Premier ministre israélien et son caractère va-t-en- guerre. Dans le cas contraire, c'est le baril qui risque de s'enflammer.

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