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BOUGUERRA SOLTANI, EX-PRÉSIDENT DU MSP, À L'EXPRESSION

"Les Algériens n'aiment pas l'opposition"

Par
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Surnommé le chouchou de Nahnah de son vivant, Bouguerra Soltani est, de l'avis de beaucoup de militants du MSP, l'héritier légitime de la présidence du MSP. «Il a en commun avec le fondateur du MSP bien des aspects», souligne-t-on. Il veut en effet toujours être proche du pouvoir, sans pour autant décevoir les foules. Connaissant son poids au sein du parti, Bouguerra Soltani n'a jamais digéré son éloignement en 2013 du poste de président. Depuis cette date, il ne cesse de contredire Makri et aller à contre-courant. Les proches de Makri le surnomment «l'indiscipliné». A la veille du prochain congrès du MSP, il compte reconquérir le poste de président du parti. Dans cet entretien, il dit ce qu'il a sur le coeur et donne son avis au sujet de plusieurs questions.

L'Expression: Le congrès du MSP est prévu pour les 11 et 12 mai prochain. Pouvez-vous nous donner un aperçu sur ses préparatifs?
Bouguerra Soltani:
Les préparatifs du prochain congrès ont effectivement commencé. Les quatre principaux axes qui seront exposés le 11 avril prochain devant le conseil consultatif, à savoir la ligne politique, les statuts du parti, la vision économique et du développement, ainsi que la vision quant aux questions en rapport avec l'éducation, sont en train d'être débattus et enrichis à l'échelle des communes et des wilayas. Parallèlement à cela, un comité a été désigné au niveau du parti pour s'occuper des préparatifs sur les plans politique, juridique et technique. Le comité en question s'est engagé à être neutre et de garantir la transparence s'agissant de l'opération des préparatifs.

D'ores et déjà, certains observateurs de la scène politique affirment que la reconduction de l'actuel président du parti, Abderrezak Makri, à la tête du MSP sera comme une lettre à la poste. Qu'est-ce que vous avez à dire à ce sujet?
Les observateurs sont libres de penser ce qu'ils veulent. Le dernier mot dans la désignation du futur président du MSP revient aux 1200 congressistes. Ces derniers auront le temps nécessaire de réflexion pour élire leur prochain président parmi les candidats. Je reste donc confiant en les congressistes, lesquels sont suffisamment mûrs pour ne pas être manipulés par X ou Y. J'aimerais par ailleurs faire remarquer que le président sortant aura à défendre son bilan de 5 années à la tête du parti.

Le retour de Ménasra au MSP a été interprété par beaucoup d'analystes politiques comme étant un complot contre vous. Ces commentaires vous-inspirent-ils quelque chose?
Ce sont des appréciations personnelles! Au MSP, ce sont les militants qui décident.

En attendant la tenue du prochain congrès, Abderrezak Makri est en train de multiplier ses sorties médiatiques. Lors de sa dernière sortie, il a appelé le pouvoir et les forces politiques du pays à un éventuel consensus national. Une idée chère à feu Nahnah. Quelle est votre lecture?
L'idée du consensus national est effectivement chère aux militants du MSP. Feu Nahnah nous l'a inculquée. Je dirai même que le MSP s'est fait connaître et aimer auprès de la société, grâce à son ouverture et sa volonté d'impliquer tout le monde dans la recherche des solutions pour les différentes crises. Naturellement donc, j'apprécie l'idée et je félicite ce retour au bercail.

Ne voyez-vous pas que c'est plutôt une technique pour fuir l'opposition laquelle n'aura pas servi le parti- en témoigne la régression des résultats lors des dernières échéances électorales- et une volonté de séduire le pouvoir?
Vous n'avez pas tout à fait tort! Le MSP comme je viens de vous l'expliquer, est un parti qui s'est fait connaître et aimer grâce à sa ligne médiane et sa proximité du pouvoir. Les meilleurs résultats qu'a pu obtenir le MSP depuis sa création, il les a eus tout en étant proche du gouvernement. Donc, il est tout à fait en droit de préserver ses intérêts et de choisir son camp.

Peut-on comprendre par là que l'opposition en Algérie n'a pas encore sa place auprès de la société?
Absolument, je dirai même que la société n'aime pas l'opposition. Le recul des résultats du MSP lors des dernières échéances électorales le confirme très bien. Pourquoi? Je pense que les drames qu'a vécus l'Algérie durant la décennie noire et l'idéalisme du projet de l'opposition ont fait que les Algériens tournent le dos à l'opposition et optent pour les partis nationalistes. En optant pour ces partis et leur politique, la société a opté pour la stabilité et la réconciliation.

Venons-en à présent aux questions d'actualité. La scène nationale est marquée par la protestation et le mécontentement dans plusieurs domaines. Les syndicats de l'éducation et de la santé optent pour le radicalisme. Que pensez-vous de ces mouvements et de leurs revendications?
Moi je fais partie des personnes qui croient en le droit à la grève. Néanmoins, ce droit doit être exercé de façon pacifique et civilisée. Pour ce qui est des revendications de ces syndicats, je trouve qu'elles sont légitimes et que le gouvernement n'a pas su les traiter comme il se doit. Le gouvernement aurait dû opter pour l'apaisement au lieu de la provocation. Un calendrier pour la prise en charge des revendications de ces syndicats aurait évité la situation de pourrissement.

Le gouvernement fait face à une crise économique induite par le recul des prix du pétrole. Comment trouvez-vous en tant qu'ex-ministre, les décisions prises jusque-là?
Je pense que les décisions qui ont été prises sont judicieuses. A vrai dire, le gouvernement n' a pas eu l'embarras du choix. Je fais allusion notamment à la décision de recourir à la planche à billets pour les cinq prochaines années. Au-delà des critiques des économistes qui pourraient être au demeurant justes pour cette décision, je pense que ladite décision a permis au moins à l'Algérie d'échapper à l'endettement extérieur. Eviter ce danger est déjà un exploit en soi. Les recommandations du FMI ne sont pas toujours justes et judicieuses.

Les économistes reprochent surtout au gouvernement le fait de n'avoir pas su baser son économie sur une autre ressource que le pétrole. Qu'en pensez-vous?
C'est une critique tout à fait objective! Le gouvernement avait eu effectivement une chance inouïe de trouver une alternative pour le pétrole quand justement le prix de ce dernier faisait plus de 120 dollars durant près d'une décennie. Il faut dire qu'avec 200 milliards de dollars, beaucoup de choses peuvent être réalisées. Le gouvernement a opté malheureusement pour la facilité. Cela a fait que tout reste à faire.

Le contexte économique délicat que traverse l'Algérie a amené ce dernier à revoir l'un des piliers de sa politique sociale, à savoir la révision des subventions. Etes-vous d'accord avec cette décision?
Oui, je suis d'accord dans la mesure où cette décision va corriger un vieux tort commis par le gouvernement qui consiste à faire profiter tout le monde des subventions. Les subventions de par le monde, profitent aux couches démunies et vulnérables.
Ainsi, je dirai que le gouvernement ne doit pas uniquement revoir la politique des subventions, mais instaurer aussi la rigueur et la transparence comme principes. Sans l'application rigoureuse de ces deux principes, aucune politique sociale ne pourrait aboutir.

L'actualité nationale est marquée ces derniers jours par les commentaires qu'a fait couler le dernier rapport de Amnesty International concernant le respect des droits de l'homme. Quelle est votre appréciation sur son rapport?
Je le trouve exagéré et non objectif. En tout cas, cette ONG nous a habitués à des rapports de cette nature. A mon sens, il ne faut pas lui accorder trop d'importance. Pour la simple raison que cette ONG est adepte par excellence de la politique du deux poids deux mesures. On a beau voir des rapports de sa part concernant les pays émergents, mais jamais contre les pays occidentaux qui bafouent au quotidien les droits de l'homme, y compris dans les territoires des pays arabes, tels que la Syrie par exemple.

Par ailleurs, un débat passionnant est en train d'avoir lieu quant au discours religieux et la résurgence du courant salafiste. Certains partis d'obédience islamiste ont qualifié la dernière sortie du ministre des Affaires religieuses contre le courant salafiste en Algérie de provocation. Etes-vous de cet avis?
Le ministre des Affaires religieuses est dans son rôle, quand il cherche à préserver le référent religieux national, lequel est important pour l'unité nationale. Quant à son rappel à l'ordre pour les salafistes, je trouve qu'il a raison, car en Algérie nous avons assez de savants et d'imams qui prêchent l'islam authentique pour qu'ils se tournent vers les savants des autres pays qui évoluent, faut-il le dire, dans une société différente de la nôtre. Maintenant pour ce qui est de l'inquiétude des autres quant à cette réaction, je dirai que l'imam est protégé en Algérie et il est libre dans son travail.

Récemment, les Algériens ont assisté à l'acharnement de certains contre la promotion de tamazight. Comment concevez-vous cette réaction?
Je pense que les auteurs de cet acharnement se trompent lourdement dans leurs convictions. Le débat autour de la promotion de tamazight est tranché par la Constitution. Celle-ci consacre tamazight comme étant une composante de l'identité nationale. Revenir sur ce débat maintenant est une perte de temps. Ce qui m'intéresse par contre au sujet de tamazight est que sa promotion soit faite et défendue par des spécialistes. La Constitution a prévu la création de l'académie, laissons celle-là s'occuper d'elle.

Vous êtes connu pour être un défenseur acharné de la cause palestinienne. Qu'est-ce que vous pensez de la politique étrangère de l'Algérie?
La politique étrangère de l'Algérie est source de fierté. Elle est restée inchangeable depuis l'indépendance. Au MSP nous félicitons l'Etat pour ses positions et son soutien indéfectible à l'endroit des peuples palestinien et sahraoui. Les efforts de l'Algérie pour le maintien de la paix dans la région du Sahel et dans la région du Maghreb et le continent africain sont aussi à féliciter.

Certains militants des partis d'obédience islamiste trouvent que l'Algérie favorise encore la France dans certains domaines et dans l'octroi des marchés. Qu'est-ce que vous en pensez?
Je n'ai pas à juger les avis des uns et des autres. Néanmoins, je dirai que le traitement de l'Algérie pour la France ne doit pas être particulier quand il s'agit de l'octroi de marchés ou autres. Nous avons effectivement, compte tenu, de l'histoire des liens solides avec la France. Mais ce côté-là, ne doit en aucun cas la placer en tant que partenaire de marque ou à part. Après tout, la France cherche ses intérêts.

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