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GRÈVE DES MÉDECINS RÉSIDENTS

La thérapie de Ouyahia

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«le gouvernement n'acceptera jamais une désertification médicale en Algérie»«le gouvernement n'acceptera jamais une désertification médicale en Algérie»

Le vrai syndicaliste sait parfaitement que dans l'action syndicale il n'est pas question d'avoir tout ou rien. Ce n'est pas une version du jeu «quitte ou double».

Le Conseil autonome des médecins algériens (Camra) est-il conscient qu'il n'obtiendra plus de concessions de sa tutelle, à part ce qu'il a déjà réussi à arracher? Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le lui a clairement signifié en déclarant, samedi dernier, lors de la conférence de presse animée au Centre international des conférences, «le gouvernement n'acceptera jamais une désertification médicale en Algérie». Autrement dit, la revendication liée à l'annulation du caractère obligatoire du service civil ne sera jamais satisfaite. Concernant la demande de dispense des médecins-résidents du Service national, là aussi, Ahmed Ouyahia a donné sa réponse «le Service national est un devoir national».
Le syndicat qui est en grève depuis près de six mois va-t-il poursuivre son mouvement de protestation? Et jusqu'à quand? Les examens du Dems ayant été boycottés, l'année blanche n'est plus un spectre pour ces étudiants grévistes qui ont eux-mêmes validé cette option. Les médecins-résidents affichent leur ferme intention de poursuivre le débrayage jusqu'à la satisfaction totale de leurs revendications et en janvier dernier, ils avaient même exigé l'intervention du Premier ministre. Or, ce dernier a donné clairement son avis sur cette grève. Un avis qui rejoint celui de son ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, confirmant par là que la gestion de cette agitation dans le secteur ne se fait pas uniquement par la tutelle, mais en étroite collaboration avec le chef de l'Exécutif. Elle traduit clairement la ferme intention de l'Etat à ne pas céder face aux grèves qui ont secoué plusieurs secteurs au risque de voir la satisfaction des revendications de certains syndicats créer un effet boule de neige alors même que le pays passe par une grave crise économique.
La position ferme du gouvernement a même été exprimée par le premier magistrat du pays qui dans ces derniers messages à la nation, a mis l'accent sur l'importance de faire prévaloir les intérêts suprêmes du pays au-dessus de toute autre considération. «Il est primordial que l'esprit positif, qui fait prévaloir les intérêts suprêmes du pays au-dessus de toute autre considération, doit demeurer le leitmotiv et le levier des différentes forces actives du pays», avait écrit le président dans un message à l'occasion de la célébration de la Journée nationale de l'avocat. Le chef de l'Etat qui a tenu à rappeler à l'ensemble des Algériens qu'ils soient hommes politiques, opérateurs économiques, leaders de mouvements syndicaux, représentants de la société civile ou simples citoyens, l'importance de préserver le pays en lui garantissant la cohésion sociale et l'unité nationale, a également expliqué: «Il importe que tout un chacun comprenne que réunir les meilleures conditions de vie pour le citoyen et améliorer sa situation à tous les niveaux implique la poursuite du développement, et que c'est là un pari tout aussi important, voire le plus important, que d'autres». Expressément donc, le chef de l'Etat a estimé que l'amélioration revendiquée aujourd'hui ne peut être octroyée au citoyen qu'après la poursuite de la croissance du pays. Il l'appelle à intensifier ses efforts et à se doter d'énergie positive pour parvenir à poursuivre le processus de développement et de progrès. Le syndicat des médecins résidents a donc eu la réponse de l'ensemble des responsables de l'Etat sur sa plate-forme de revendications et les propositions qui lui ont été faites par la tutelle sont celles que les pouvoirs publics peuvent offrir au jour d'aujourd'hui. Pourquoi donc aller vers le pourrissement? Pourquoi aller sciemment droit dans le mur? Cette obstination ne peut s'expliquer que par l'absence du discernement, de la maturité et de la modération syndicale. Car une action de grève bien réfléchie est celle qui est menée par des syndicalistes qui ne sont pas dans le jusqu'au-boutisme mais plutôt dans la modération. Le vrai syndicaliste sait parfaitement que dans l'action syndicale il n'est pas question d'avoir tout ou rien. Ce n'est pas une version du jeu «quitte ou double». Le Camra a obtenu des réponses favorables concernant la majorité de ses revendications dont l'attribution d'un logement, l'aménagement et l'équipement des plateaux techniques dans les wilayas d'affectation dans le cadre du service civil, le droit au regroupement familial pour les couples de médecins, le droit à un billet d'avion par année vers les wilayas de l'extrême Sud, outre l'autorisation d'exercer une activité complémentaire dans le secteur privé et le droit à la formation continue. Concernant les revendications à l'origine de la discorde entre les médecins grévistes et la tutelle, ces dernières, même si elles n'ont pas été acceptées dans le fond et dans la forme voulus par le Camra, elles l'ont été partiellement dans une nouvelle forme proposée par le ministère de tutelle. Simplement dit, à la place de l'annulation du caractère obligatoire du service civil et de la dispense du service militaire, le ministère propose la déduction de la durée du Service national de celle du service civil. Pour quelle raison les grévistes ne se sont-ils pas dits que c'est déjà ça de gagné? Pourquoi cet entêtement, mais surtout jusqu'à quand?

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