Accueil |Nationale |

16 AVRIL, JOURNÉE DU SAVOIR

Que de leçons à tirer!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Que de leçons à tirer!

Abdelhamid Ben badis ne luttait pas uniquement contre l'analphabétisme, mais aussi contre la disparition de l'identité et la culture algériennes.

Il est des dates indélébiles. Plus les années passent, plus leur importance et pertinence prennent de l'ampleur. Celle du 16 avril en est une. Bien qu'elle rappelle en premier lieu le personnage de Abdelhamid Ben Badis, tant elle correspond à la date de sa mort, à savoir le 16 avril 1940, elle rappelle aussi la valeur que cet homme pieux accordait aux études et au savoir. Le défunt croyait en le savoir, retient l'histoire, comme d'autres croyaient en les armes pour chasser le colonisateur. «Mieux encore Abdelhamid Ben Badis luttait aussi contre la disparition de l'identité et la culture algériennes.» Ainsi, et parce qu' il était justement convaincu en le pouvoir de cette arme, Ben Badis s'y était entièrement consacré. Il tenait à dispenser des cours d'alphabétisation à ses concitoyens, malgré les menaces et la pression qu'il subissait de la part du colonisateur. Toutefois, en parlant de Abdelhamid Ben Badis, il ne faut jamais oublier de parler de ses disciples. En effet, tout comme lui, ces derniers bravaient le couvre- feu imposé par le colonisateur matin et soir et tenaient à être à l'heure. Abdelhamid Ben Badis ne se serait jamais sacrifié autant s'il n'avait pas trouvé en face des lui des élèves avides de savoir de connaissances. Le cas de Cheikh Ben Badis et ses élèves est hélas le contraste de ce qui se produit à présent dans l'Algérie indépendante. Malgré l'indépendance et la disponibilité de tous les moyens nécessaires pour l'acquisition du savoir, les études et la quête du savoir ne sont que le dernier des soucis des Algériens. Sinon, comment peut-on expliquer le comportement des enseignants qui pour un non ou pour un oui déclenchent un arrêt du travail et boudent l'école durant des mois? Comment peut-on expliquer aussi l'indifférence des élèves et les étudiants à l'égard des études au profit du football et du chant? Comment peut-on expliquer en outre l'orgueil des médecins résidents qui pour quelques sous de plus et un confort qui ne profitera qu'à leurs petites personnes, décident de paralyser les hôpitaux du pays et ne plus prodiguer les soins à leurs concitoyens? N'est-ce pas là un mépris pour le savoir et les études? N'est-ce pas là une «trahison» pour le combat de Ben Badis et les sacrifices de ses élèves? Les réponses s'imposent d'elles-mêmes. Cependant, celles-ci ne suffisent pas et ne servent pas à grand-chose. La réinvention de la valeur et l'intérêt qu'accordait Ben Badis aux études impose une nouvelle politique. L'instauration des lois interdisant le recours systématique à la grève et la rigueur au niveau des établissements scolaires sont des passages obligés. La revalorisation des études est aussi une partie de la solution. Car quoi qu'on dise, il n'y a jamais de fumée sans feu. Le désintérêt que manifestent les nouvelles générations pour les études et le savoir est le résultat de la dévalorisation des études. Le chômage et la précarité que vivent les diplômés ne sont pas une fatalité et ne doivent pas l'être, quitte à reléguer certains projets au second plan. Par ailleurs et pour ne pas sombrer dans l'alarmisme et le défaitisme, il faut rendre un hommage aux efforts de l'Etat quant à la généralisation de la scolarité. L'Algérie figure en 2018 parmi les pays ayant presque vaincu l'analphabétisme. Le taux de ce dernier ne dépasse pas les 10%, alors qu'il est de l'ordre de 25 à 30% dans des pays de très loin développés en comparaison avec l'Algérie. La gratuité des études est à inscrire aussi à l'actif de l'Etat.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha