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POURQUOI L'ALGÉRIE RÉSISTE À LA CRISE

Les trois piliers de la résilience

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L'édifice tripartite donne aux décisions présidentielles un prolongement dans les sphères des forces vives de la nation.

L'Algérie laborieuse repose sur trois piliers. Le premier est le Pacte économique et social de croissance. Un instrument stratégique voulu par le chef de l'Etat comme un gage de stabilité du front social et un espace de concertation permanent entre les acteurs centraux de l'espace socio-économique national. Le second pilier se rapporte à la détermination gouvernementale de privilégier la politique sociale de l'Etat, contre les «conseils» du FMI et de la Banque mondiale. Le troisième pilier concerne le formidable effort d'investissement public qui a permis la consolidation de la croissance économique du pays et d'améliorer considérablement les indices de développement humain de la société. Réunis, ces trois facteurs ont permis au pays de bénéficier d'une ère de stabilité exceptionnelle que le chef de l'Etat a rappelé, hier, dans son message à l'occasion de la Fête du travail. Le président de la République a, en effet, noté l'importance du Pacte économique et social de croissance et souligné l'importance de la concertation entre les partenaires. Si le gouvernement, l'Ugta et le patronat ont su mettre en évidence une entente parfaite sur le nombre de dossiers relatifs à l'économie et au social, c'est principalement parce que la tripartite qui se réunit régulièrement a évité toute crispation de la part de chaque partenaire et inscrit le dialogue comme seule voie de résolution des différends.
Le Pacte en question qui supposait des efforts de la part de chaque partenaire a été respecté par l'Etat qui a beaucoup fait dans le sens de l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs, les hausses généralisées et successives des salaires, les révisions des statuts particuliers de l'ensemble des corps de la fonction publique, en sus des hausses qui ont touché le Snmg et les pensions de retraite, ont largement contribué à calmer le front social, lequel a directement bénéficié des investissements publics, notamment dans la réalisation de millions de logements, ainsi que les infrastructures publiques, à l'image des hôpitaux et des universités. A ce propos, le chef de l'Etat n'a pas manqué, dans son message, de souligner «les réalisations de l'Algérie, ces deux dernières décennies, dans tous les domaines du développement et de réformes». Cela pour dire que le volontarisme économique et social de l'Etat a donné le change aux deux partenaires du gouvernement qui, à leur manière aussi, ont rempli leur part du contrat.
L'Algérie qui fait face, depuis près de 4 ans, à une situation financière, des plus difficiles, maintient toutes ses chances de sortie de crise, grâce aux mesures visionnaires prises dans le milieu des années 2000, à travers le payement anticipé de la dette extérieure et l'institution du Fonds de régulation des recettes. Cela est un fait. Mais l'approche financière n'explique pas à elle seule la résilience de l'économie nationale. Il y a aussi l'édifice tripartite qui donne aux décisions présidentielles un prolongement dans les sphères des forces vives de la nation. L'Algérie n'aurait certainement pas réussi à tenir aussi longtemps, sans le Pacte économique et social, le rôle prépondérant de l'Etat dans les investissements et son volontarisme social. Le chef de l'Etat a donc mis en évidence, dans son message aux travailleurs algériens, toute la perspicacité économique et politique déployée par l'Etat ces deux dernières décennies. Rares étaient les «experts» qui misaient sur une Algérie debout en ce premier mai 2018. Ils ont sous-estimé les compétences des Algériens et leur grande aptitude au consensus national.

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