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LA GRÈVE DES MÉDECINS RÉSIDENTS ENTAME SON SIXIÈME MOIS

Le dialogue de sourds

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Le dialogue de sourds

Incrédule est le malade face aux déclarations des médecins résidents qui assurent être «conscients que notre vocation est de servir nos concitoyens et notre pays», alors que lui, ne trouve actuellement refuge que dans les prières pour apaiser ses douleurs.

Depuis dimanche dernier, les médecins résidents n'assurent plus les gardes dans les hôpitaux universitaires. Et malgré les mesures prises par les directions des CHU pour pallier le manque de personnel soignant, notamment pendant les gardes de nuit, la situation est chaotique. Les patients n'arrêtent pas de crier dans les différents services. Certains pour exprimer leur colère, d'autres pour faire part de leurs douleurs. Mais dans les deux cas, ils n'arrivent pas à comprendre comment des médecins puissent refuser de leur porter secours et affichent une indifférence totale à leur souffrance. Mais les médecins résidents restent convaincus de la justesse de leur combat et sont dans une logique qui dit que pour faire une omelette, il faut nécessairement casser des oeufs. Dans leur dernier communiqué qui coïncide avec l'entame de leur sixième mois de grève, les grévistes expriment clairement leur détermination. «(...) nous avons usé de tous les moyens diplomatiques, éthiques et pacifiques afin d'attirer l'attention d'une tutelle qui semble sourde aux déboires du médecin de demain, scandant nos revendications légitimes et réalistes que nous estimons indispensables à la pratique d'une médecine algérienne équitable, efficace et durable. Malheureusement, face à la stérilité des négociations mettant l'ensemble des résidents au pied du mur, dans une perspective de durcissement de notre mouvement de protestation, nous n'avons eu d'autres choix que de suspendre toute activité de soins - avec beaucoup de regret et à contrecoeur- et de recourir à l'arrêt des gardes à travers toutes les structures hospitalo-universitaires du pays» ont écrit les grévistes au moment même où le ministère de la Santé, les a appelés de nouveau, à la «sagesse et à la retenue». Le ministère qui «regrette le refus des médecins grévistes d'assurer le service minimum au niveau des points d'urgence et de garde», a tout en rappelant que «leurs revendications ont été prises en charge», réitéré «son engagement et sa disponibilité à la poursuite d'un dialogue responsable, s'agissant de revendications objectives et raisonnables». Mais il s'agit là d'un dialogue de sourds où aucune avancée ne pourra, malheureusement, être enregistrée en raison du campement de chaque partie sur ses positions. Et à ce propos, il y a lieu de relever certaines incohérences dans les déclarations des représentants des praticiens résidents qui, pour commencer, parlent de «la stérilité des négociations» alors que sur l'ensemble de la plate-forme de négociations, deux points seulement n'ont pas été totalement satisfaits, à savoir le service civil et le service militaire, deux points qui sont actuellement pris en charge par une commission mixte. Ils estiment que leurs revendications «légitimes et réalistes» sont «indispensables à la pratique d'une médecine équitable, efficace et durable». Or comment la pratique médicale peut-elle être équitable si les populations des régions reculées et isolées du pays ne bénéficient pas d'une couverture sanitaire et le refus d'assurer le service civil mènera forcément à cette situation. L'autre incohérence est le recours même à l'arrêt d'assurer les gardes et donc le service minimum.
Or, dans toute grève, un service minimum doit être assuré. C'est là un principe fondamental de l'action syndicale. Le ministère de la Santé n'a d'ailleurs pas manqué de le relever en soulignant dans un communiqué «le refus d'assurer le service minimum au niveau des points d'urgence et de garde (est) en violation totale de tous les textes législatifs et réglementaires et du code de déontologie et de l'éthique médicale en vigueur en la matière». Les médecins justifient l'interruption des gardes par la suspension actuelle des salaires alors que le ministère s'engage à reverser les salaires dès la reprise des activités et de la formation. Un cercle vicieux dont la seule victime est le malade qui ne pourra jamais comprendre les déclarations de ce syndicat qui soutient que les médecins résidents sont «conscients que notre vocation est de servir nos concitoyens et notre pays». Car, aujourd'hui, ils sont nombreux, les malades qui n'ont trouvé refuge que dans les prières pour apaiser leurs douleurs.

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