Accueil |Nationale |

BOUIRA

La solidarité bat son plein

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Plusieurs actions sont initiéesPlusieurs actions sont initiées

La station de taxis jouxtant la gare routière de Bouira est devenue un point de chute pour des centaines de passagers qui viennent prendre un repas chaud en ce mois sacré du Ramadhan.

B. Nadjet va subir aujourd'hui une intervention chirurgicale. Cette fillette qui vient de passer son examen de passage au CEM est native du village de Saïd Abid, à quelques kilomètres à l'ouest de Bouira. Sa prise en charge n'a été possible que grâce à l'association «Mafatih el kheir» présidée par Fatiha Ghanou qui a mené une campagne au profit de cette malade dont la famille ne pouvait prendre en charge les frais inhérents à cette intervention. Dans son programme et concernant le mois de Ramadhan, l'association a aussi collecté des denrées alimentaires et distribué 250 couffins du Ramadhan. La nuit du 27e jour, ladite association prévoit la circoncision d'une quinzaine d'enfants.
Cette association n'est pas à sa première action, puisque tout au long de l'année, elle a organisé plusieurs actions en direction des personnes âgées résidentes du centre pour personnes âgées de Bouira-ville. En plus d'une fête et d'un dîner au profit des pensionnaires du centre, l'association a, le mois dernier, organisé un déplacement thermal vers la station de Hammam Ksana. Au début de la seconde semaine du mois sacré, l'association a animé une soirée spéciale au profit des pensionnaires du centre de rééducation pour mineurs d'Aïn Alaoui, daïra d'Aïn Bessem.
Concernant toujours les actions de solidarité, la station de taxi, jouxtant la gare routière de Bouira est devenue un point de chute à des centaines de passagers qui viennent prendre un repas chaud en ce mois sacré du Ramadhan. Les organisateurs viennent de lancer un appel à participation surtout que le lieu reçoit quotidiennement plus de 500 personnes. La même ambiance est perceptible sur l'autoroute à l'entrée de la ville de Kadiria où un restaurant sert plus de 1000 couverts par jour. Plus de 60 personnes sont réquisitionnées pour servir les passagers.
L'association en charge sollicite les aides mais aussi une main-d'oeuvre. Un autre fait caractérise la vie en ce mois de jeûne: la prolifération des mendiants. De plus en plus jeunes, venus des quatre coins de la wilaya et quelquefois des wilayas limitrophes, des fillettes et des garçons accostent les femmes dans les rues et insistent jusqu'à obtention de quelques pièces. Même les gens attablés dans les cafés, les restaurants ou chez les médecins n'échappent pas à la déferlante. Le phénomène touche même les villages les plus reculés.
Les avis autour de ces actions de solidarité sont partagés. Un enseignant conteste et rejette l'idée, «l'action est conjoncturelle, le nécessiteux a besoin d'aide à tout moment pas seulement au mois de Ramadhan, à moins qu'on pense que les gens mangent ce mois seulement» Un père de famille au chômage: «L'état fait des efforts pour atténuer les souffrances du citoyen mais l'aide n'arrive pas toujours aux méritants. Beaucoup de vrais nécessiteux, par orgueil, ne s'inscrivent pas. Ils comptent sur l'aide des proches et des voisins...». Hamid est employé contractuel à la commune, il touche moins de 15.000 DA par mois. «Suis-je nécessiteux ou non? nous demande-t-il, ce mois montre une nouvelle fois que l'Algérie est peuplée par des classes distinctes. Il y a ceux qui ont tout et ceux qui n'ont rien puisque même les fonctionnaires sont dans le besoin...».
Pour se consoler, notre interlocuteur trouve un réconfort dans sa foi et sa croyance: «Ramadhan ramène son bien avec lui, tant qu'il y a la santé, hamdou lillah...tout le reste est éphémère» Omar, retraité, est plus philosophe, «aider un pauvre est un principe de notre religion. Quand on voit le nombre de pratiquants qui se bousculent aux portes des mosquées on se dit qu'aucun nécessiteux ne peut rester sans f'tour. Hélas les valeurs sont parties, laissant place à l'égoïsme et il n'est plus rare de voir le voisin de palier dans le besoin sans qu'aucun ne bouge le bout du doigt...».
Une veuve, mère de deux enfants, percevant après les augmentations 4800 DA mensuellement crie sa colère, «dites que les gens chargés de distribuer ces aides ne sont pas tous intègres, ils commencent par leurs familles avant de laisser les miettes aux vrais gens qui sont dans le besoin...ne me donnez pas des denrées alimentaires mais un emploi durable à mon fils de 25 ans...».

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha