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HAMMAM KSANA (BOUIRA)

A qui profite l'opacité?

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A qui profite l'opacité?

L'absence d'un complexe hôtelier accentue les difficultés et freine l'essor. La quiétude retrouvée le lieu est retenu parmi les sites à promouvoir.

Hammam Ksana est situé au sud-est de la wilaya de Bouira, dans la daïra d'El Hachimia. Longtemps sous l'emprise des hordes intégristes durant toute cette décennie noire vécue par l'Algérie, la région tente de rattraper le temps perdu. La station thermale et la vie qui y reprend en sont une preuve. Deux investisseurs, un médecin de profession et un géologue, se sont engagés à rendre le lieu attractif et attrayant. La nature et la station thermale sont deux ingrédients qui donnent raison aux promoteurs. Le site qui bénéficie d'une importante émergence hydrothermale offre la première opportunité touristique dans une région aux potentialités immenses. L'eau est d'une qualité reconnue et dispose de vertus thérapeutiques soignantes. Le retard dans la remise à niveau du site est en partie dû à l'éloignement de la source qui se trouve en milieu forestier, isolée de toute agglomération, village ou hameau et coupée du reste du monde parce que les chemins qui y mènent ont subi les aléas d'une nature rude.

Un projet ambitieux
L'absence d'un complexe hôtelier accentue les difficultés et freine l'essor. La quiétude retrouvée le lieu est retenu parmi les sites à promouvoir. Comme relevé dans le rapport de l'étude, Hammam Ksana dispose d'une richesse naturelle d'intérêt évident, un patrimoine pouvant permettre l'émergence d'un pôle d'activité multidisciplinaire avec un impact direct sur les plans d'intérêt général et de développement local. La station thermale a intéressé un investisseur qui veut ériger un établissement à vocation médicale, touristique et culturelle. Les concepteurs du projet optent pour trois missions distinctes: la vocation médicale, la vocation touristique et la vocation thalasso-thérapeutique. Le projet qui s'étend dans le temps se veut d'abord une volonté d'intégrer le potentiel naturel et les caractéristiques locales dans un complexe qui est réalisé sur la source Ksana. Il est élaboré pour la valorisation optimale de la ressource présente constituée par la source thermale. Le projet bâti à plus de 80% est un complexe prenant en compte l'ensemble des éléments naturels, en vue des impacts les plus larges possibles sur les plans du développement local et des services visant différentes catégories d'usagers. Pour être en phase avec le temps, le projet s'inscrit dans le strict respect des principes directs fixés à partir des caractéristiques inhérentes au thermalisme considéré comme la première forme de villégiature familiale dans la société rurale. Pour la mission médicale elle comporte la cure thermale, le traitement des rhumatismes, de certaines affections ORL, des myopathies, intestinales, dermatoses, artériopathies, varices, asthme, ulcères de jambe, paralysies, des neuropathies, bronchites chroniques, séquelles de brûlures... La mission touristique vise à mettre en évidence et à contribution les nombreux avantages à même de garantir les meilleures conditions de repos et de détente. Le complexe qui s'étend sur les deux rives de l'oued Ksana est conçu selon la fiche technique pour une capacité d'accueil de 1200 personnes/jour pour les curistes hammam, et de 120 personnes/jour pour les soins médicaux. La restauration 600 couverts/jour, le bloc médical 60 lits, l'hôtel 80 lits, bungalows 600 lits et le hammam 120 lits. Ces capacités peuvent être agrandies quand le complexe commencera à travailler à plein temps et offrira toutes les prestations pour lesquelles il a été réalisé.

Qu'en est-il de ce projet?
Un investissement privé initié en 2002 continue, 16 années après, à se débattre dans des combines d'une autre époque. Le projet en question est celui qui consistait à faire de la station thermale de Hammam Ksana, un lieu de repos et de cure aux normes internationales. L'ambition des deux investisseurs nationaux, un géologue et un médecin, allait vite devenir un réel cauchemar pour ses initiateurs. En 2006 les travaux sont lancés après quatre bonnes années de paperasse et d'allers-retours entre les différents services administratifs de la wilaya. Pour cause d'urbanisme et de gabarit déjà, on autorise la réalisation du tiers du projet le reste en suspens. Le premier imprévu sera la démolition de la bâtisse vétuste existent et qui se fait sur le compte des investisseurs par souci de temps surtout. En 2008, l'infrastructure est prête et l'exploitation est partielle. A ce stade aussi les investisseurs sont dans l'obligation de prendre dans leurs effectifs les jeunes qui occupaient les espaces autour du site. La commune de l'époque saisit l'opportunité pour tenter d'imposer ses idées, mais le refus des investisseurs est catégorique. Là commence une suite d'entraves et de problèmes qui visent à saboter le projet.
La première action initiée par la commune sera l'ouverture d'un parking sans aucune limite et confiée à deux personnes qui font une moyenne de 20.000 DA jour de recette. Malgré les multiples écrits, aucune administration ne daigne lever le petit doigt. En 2012 l'effectif passe à 6 éléments. La deuxième action intimidante de la commune sera l'installation de tierces personnes sur une bande à l'entrée du complexe et sur un terrain intégré dans la concession accordée aux investisseurs. Devant la situation intenable, l'ex wali-Nacer Maskri réagit et convoque les différentes parties. Il installe une commission présidée par le directeur du tourisme pour remettre de l'ordre dans ce dossier. Il ira jusqu'à dire que les rapports qu'il recevait étaient erronés. Lors de la fameuse réunion, il a été exigé des investisseurs d'introduire une demande d'un permis de construire et de finaliser le reste à réaliser dans un délai de trois mois. L'administration de son côté s'engage à lever toutes les contraintes et à évacuer les indus occupants. Si pour le premier contractant les engagements ont été respectés, du côté de l'administration, les indus occupants sont revenus sur les lieux trois jours après la venue du wali. Dès l'affectation du wali à Sétif la commission s'est autodissoute.
L'APC d'El Hachimia reprend une idée refusée en 2008, à savoir la venue d'un second investisseur pour «créer une concurrence». Cette idée n'a pas sa raison d'être pour plusieurs paramètres. D'abord, on ne booste pas l'investissement en créant une concurrence.

La commune n'aime pas les deux investisseurs
Chaque projet nécessite une étude, une faisabilité et des conditions. Parce que le débit de la source ne dépasse pas 8litres secondes, aucun captage ou transfert de cette eau n'est permis surtout que l'eau de Ksana a la particularité d'être intransportable et non stockable. Avec le temps, on a fini par comprendre ce qui se tramait derrière cette histoire de concurrence. Le concurrent n'est en fait qu'un élu, vice-président de l'actuel APW de Bouira, qui vient de louer un café, on parle de 21 millions par mois, à proximité du complexe et qui vient d'engager des travaux de construction d'un restaurant. Parce que l'espace loué n'est pas délimité, l'intéressé peut alors squatter toute la région. Vouloir faire dans la politique politicienne en récompensant un allié conjoncturel avec les biens publics n'est en fait qu'un acte répréhensible en droit: le conflit d'intérêts. La situation sur le site de Hammam Ksana n'a que trop duré. Deux Algériens ont déboursé plus de 24 milliards de centimes pour faire de cette station une destination nationale. Après 16 années de lutte et de sacrifices il est temps de les laisser se reposer en voyant leur projet aboutir.

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