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MARCHANDISES ALGÉRIENNES DESTINÉES À L'EXPORTATION REFOULÉES

L'arbre qui cache la forêt?

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L'agriculture devrait constituer un de ses fers de lanceL'agriculture devrait constituer un de ses fers de lance

Cette affaire renseigne sur le long chemin qui reste à parcourir pour aboutir à la diversification de l'économie nationale.

L'Algérie et son pétrole c'est une longue lune de miel qui s'éternise. Même si de temps en temps elle est secouée par des «coups de grisou» provoqués par la dégringolade des prix du baril. Le «couple» se met en crise certes, mais sans se désunir. D'ailleurs, comment envisager une rupture lorsque l'on sait que les exportations d'hydrocarbures assurent l'essentiel des revenus du pays, couvrant les besoins de sa population et permettent de faire face à une facture des importations qui avait atteint plus de 51 milliards de dollars en 2015.
La chute brutale des cours de l'or noir qui avait débuté vers la mi-juin 2014 a contraint les pouvoirs publics à prendre des mesures pour réduire cette addition salée et diversifier une économie chevillée à son pétrole. Les réformes vont bon train et sont même saluées par les instances financières internationales: le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Les premiers frémissements ne se sont pas fait attendre. L'Algérie a commencé par se frayer un passage pour placer ses produits à l'étranger. 950 tonnes de ciment gris ont été exportées pour la première fois vers le Niger avait annoncé le ministère de l'Industrie et des Mines au mois de mars dernier. 200.000 tonnes seront destinées aux marchés européens dans le sillage de cette opération. C'était parti d'un bon pied apparemment avant que ne soit révélée cette affaire de marchandises, des produits agricoles essentiellement, destinés à l'exportation, refoulés par la Russie, le Canada, la France et le Qatar. Elle renseigne sur le long chemin qui reste à parcourir pour aboutir à la diversification d'une économie nationale capable de se faire une place au soleil sur le marché mondial. La question se pose sans bavures sur l'émergence d'une économie productrice de richesse à laquelle aspire l'Algérie. L'agriculture devrait constituer un de ses fers de lance. Ce «couac» vient de signer une désillusion incontestable de l'espoir qui est mis dans ce secteur pour parvenir à se libérer du «joug» de l'or noir. Serait-ce l'arbre qui cache la forêt? La fin d'un mythe? Celui qui doit mettre fin au règne de la rente pétrolière. A la fabuleuse histoire entre l'Algérie et son pétrole. L'or noir lui en fait voir de toutes les couleurs. Au point d'avoir le vague à l'âme.
Les prix du pétrole qui se sont repris ont donné un peu de répit à l'économie nationale qui avait pris de l'eau de toutes parts. Pour éviter le naufrage, l'Algérie a été contrainte de puiser dans son bas de laine et d'avoir recours au financement non conventionnel pour renflouer ses caisses. Ce ne sont pourtant pas les potentialités qui lui font défaut.
Le premier ministre a su si bien les mettre en évidence. «Quand je parle des perspectives prometteuses, j'ai tendance dans mes convictions personnelles à comparer mon pays à un géant qui ne met en valeur qu'une infime partie de ses capacités et c'est le besoin qui est en train de réveiller ce géant», avait déclaré le 31 mai à Alger Ahmed Ouyahia. Cette affaire de marchandises destinées à l'exportation refoulées vient de lui donner mille fois raisons. Elle prouve surtout que le marché mondial n'est pas un bazar où l'on fourgue tout et n'importe quoi. Il faut répondre à des normes internationales avant d'espérer le conquérir. Une affaire de compétence où les mauvais élèves sont recalés. Ce qui devrait être valable, aussi, pour le marché national. Ne dit-on pas: «Charité bien ordonnée commence par soi-même». A bon entendeur...

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