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UNE DYNAMIQUE CITOYENNE S'EST ENCLENCHÉE APRÈS L'AFFAIRE DE LA JOGGEUSE AGRESSÉE

Le déclic de la société civile

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l'Etat de droit garant de la diversité, de la liberté et de la différencel'Etat de droit garant de la diversité, de la liberté et de la différence

La Toile est chargée de refléter la dimension de ce mouvement qui a vu la participation des filles, des femmes comme des jeunes garçons et des vieux en exprimant leur conviction quant à l'inviolabilité de la liberté individuelle de tout un chacun en général et de celle de la femme qui est doublement réprimée et marginalisée dans cette société machiste en particulier.

Une campagne qui prend de l'ampleur depuis plus d'une semaine au sein de la société civile et du mouvement citoyen. Cette campagne se démarque avec une démarche qui rompt court avec le diktat machiste qui règne en maître absolu dans la société algérienne. La campagne est estampillée par le sceau «plaçti machi fel cousina, plaçti win nehab», (ma place n'est pas dans la cuisine, elle est là où je veux).
La genèse de ce mouvement remonte à quelques jours de ce début du mois du Ramadhan où une joggeuse a été agressée par des jeunes en la sommant d'arrêter de faire le footing et qu'elle devrait s'intéresser à son «rôle» propre qui n'est autre que la cuisine. Cet incident qui s'est déroulé à Bouchaoui a provoqué un tollé au niveau de certaines couches sur la Toile et l'espace bleu. L'ampleur de cette affaire a permis aux femmes et aux hommes qui ont manifesté leur rejet total à ce qui s'est arrivé à cette fille victime d'une agression parce qu'elle s'est permise d'exercer sa liberté en faisant le footing. L'espace «Sablettes» est connu comme un lieu de distraction et de promenade et même du footing où l'on assiste à la présence d'un nombre important de joggeurs et de joggeuses durant toute l'année.
Mais cette fois-ci la donne a changé, l'agression de la fille de Bouchaoui a mobilisé un nombre respectable de femmes et d'hommes pour participer à un événement aussi symbolique que citoyen pour dénoncer le machisme et l'atteinte aux libertés individuelles des citoyens, et citoyennes. C'est sous le slogan que «ma place n'est pas dans la cuisine, elle est où je veux» que la dynamique citoyenne s'est enclenchée pour afficher une solidarité indéfectible et sans ambages à l'égard de la fille victime d'une agression à cause de son mode de vie et de son droit d'exprimer sa liberté telle qu'elle l'entend.
La Toile s'est chargée de refléter la dimension de ce mouvement qui a vu la participation des filles et des femmes comme les jeunes garçons et les vieux en exprimant leur conviction quant à l'inviolabilité de la liberté individuelle de tout un chacun en général et de celui de la femme qui est doublement réprimée et marginalisée dans cette société de machiste en particulier.
Seulement, cette dynamique qui vient de surprendre des pans de la société fait réagir tant d'internautes et les affidés du facebook. Dans un sens, la société civile essaye tant bien que mal de reprendre les espaces en rapport avec les questions brûlantes qui ont trait à la liberté individuelle et à la différence comme celle qui vient d'enflammer la Toile, à savoir l'affaire de la joggeuse agressée à Bouchaoui.
La Toile est aussi un espace de prédilection de ceux qui apportent et profèrent des insultes, voire des menaces à l'égard des femmes et des hommes qui vivent et expriment leur différence et leur manière de vivre. Des internautes en furie, n'hésitent pas à afficher leur haine et leur rejet quant à ce déclic spontané exprimé par un nombre de citoyens en optant pour la consécration de l'initiative de lancer un footing collectif à la même heure où la joggeuse agressée a été sommée d'aller chez elle s'occuper de la cuisine au lieu de faire du footing à 19h 00.
Lesdites menaces font propager une traînée de poudre dans les réseaux sociaux avec un ton qui rappelle la période sombre de la décennie noire et son lot de discours nihilistes, intégristes et qui ont dans la promotion de l'apologie du crime et du terrorisme.
Toute la question est là, est-ce que les forces de sécurité arrivent à localiser ces criminels qui utilisent la Toile pour propager des propos et des discours aussi graves et porteurs de la division et de la discorde au sein de la société?
La cybercriminalité apporte sa «contribution» destructrice et ravageuse ciblant en premier lieu l'harmonie de la société civile et de sa cohésion citoyenne.
Il est temps pour les forces de sécurité chargées de la lutte contre les cybercrimes d'agir par voie de conséquence et répondre avec force et efficacité à cette montée sans précédent du discours hostile à la citoyenneté et au vivre ensemble.
Les gens s'interrogent sur l'état de la société civile et les défis qui attendent cette dernière dans la perspective de faire face aux questions qui touchent aux libertés et aux droits relevant de la citoyenneté propre. Cette affaire de la joggeuse et de son agression vient de reposer la question lancinante de la société civile et de son rôle comme locomotive et avant-garde dans la défense des principes de liberté, de la différence et de la tolérance qui constituent la trame de fond d'une société plurielle, démocratique et diversifiée.
La dynamique citoyenne commence à se frayer un chemin dans sa consécration comme une forme de modus- vivendi où tous les citoyens et toutes les citoyennes sont impliqués pour asseoir les rapports fondés sur l'équité, la parité et la justice.
Ces questions qui refont surface à chaque fois que les libertés sont bafouées au sein de la société, surtout celles qui ont une relation directe avec la vie privée des citoyens, de leur conviction, donnent l'impression que la société est en gestation et que les principes de l'ouverture contre les velléités du conservatisme et de l'obscurantisme sont intacts et que les forces du conservatisme ne font que réagir et que la tendance est surtout du côté des forces du progrès, même si dans des cas fréquents le constat renseigne sur l'absence des dynamiques plaidant pour l'ancrage des réflexes de la liberté citoyenne et la consécration de la culture de la différence et de la tolérance.
La démarche qui a été enclenchée ces derniers jours en menant une initiative de solidarité avec la joggeuse agressée et pour dénoncer les pratiques qui portent préjudice à la vie privée des citoyens et aussi à la notion du vivre-ensemble, est une manière qui permet d'espérer que la société civile pourrait déboucher vers une nouvelle situation sociétale permettant de la sorte à la citoyenneté comme pratique et comme culture de s'ériger comme credo et un comportement quotidien exprimé par la société.
Il faut dire aussi que la société n'est pas aussi homogène, il y a des forces qui poussent vers l'inertie et le passéisme de par le poids de l'archaïsme qui caractérise leur discours et leur pratique que ce soit dans leur vécu ou sur le plan politique à travers leurs relais qui expriment ces approches qui sont dans beaucoup de situations en opposition avec les critères basiques de la citoyenneté.
La société réagit, c'est un signe de vitalité et de mouvement au sein même de ses structures, mais est-ce que cette dynamique pourrait dégager des instruments et des mécanismes susceptibles de donner un caractère qui assurera la pérennité de la notion de la citoyenneté et de la société civile comme prolongement et continuité du principe de l'Etat de droit garant de la diversité, de la liberté et de la différence?.

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