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AUX FRONTIÈRES DES DEUX PAYS APRÈS L'ATTENTAT MEURTRIER DE JENDOUBA

Bedoui aux Tunisiens: "Nous sommes là!"

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«Relever le défi sécuritaire ensemble»«Relever le défi sécuritaire ensemble»

Stratégiquement, la réaction des autorités algériennes place le curseur de la lutte antiterroriste dans la région à un autre niveau de traitement.

Le ministre de l'Intérieur, Nouredine Bedoui, s'est déplacé, ce jeudi, au poste-frontière d'Oum T'boul, dans la wilaya d'El Tarf. Ce «sas» de l'amitié algéro-tunisienne a été le témoin privilégié d'un voisinage qui n'a jamais été démenti par un pays ou par l'autre. En se déplaçant à ce point de passage, au lendemain d'un terrible attentat terroriste, à la frontière entre la Tunisie et l'Algérie, le ministre de l'Intérieur a clairement annoncé la solidarité de l'Algérie à tous poins de vue. Qu'un ministre de la République se déplace à la frontière d'un Etat frappé par le terrorisme pour s'enquérir des conditions de transit des touristes nationaux en direction du pays victime de l'attentat, offre la preuve par quatre d'une détermination sans faille à ne pas se laisser intimider par les terroristes de quelque bord de la frontière qu'ils soient.
Le message du gouvernement algérien, à travers le déplacement de son ministre de l'Intérieur est on ne peut plus limpide, à savoir que si les terroristes avaient choisi la région de Ghardimaou, dans le gouvernorat de Jendouba, pour ébranler les relations algéro-tunisiennes, en jetant le trouble sur l'origine des assaillants, leur camps de base et autres détails, ils ne réussiront visiblement pas à voir le discours des autorités politiques d'Alger comme de Tunis. La volonté algérienne de faire sienne la préoccupation sécuritaire de la Tunisie, s'est exprimée pleinement dans les propos du ministre de l'Intérieur. «L'échange d'informations est permanent», l'objectif de «relever le défi sécuritaire ensemble» et l'«étroite collaboration» demeurera le principal outil, tant au plan sécuritaire que politique et même économique. Ce sont là les messages à retenir des propos de Nouredine Bedoui, ce jeudi à El Tarf.
Pour l'occasion, le ministre a mis en évidence la détermination de l'Etat à «lutter contre les résidus du terrorisme jusqu'à l'éradication de ce fléau». Cet engagement, l'Algérie le tiendra, non pas dans l'étroite optique sécuritaire nationale, mais dans une vision élargie où la Tunisie voisine sera considérée comme un territoire tout aussi important à débarrasser du terrorisme que l'Algérie. Le sens du déplacement de Nouredine Bedoui apporte cette précision, au sens où l'attentat de Jendouba renforce la conviction d'Alger de «poursuivre la coordination» avec Tunis au plan de la sécurité. Les autorités tunisiennes apprécient certainement à sa juste valeur, le geste d'Alger qui, au lieu de crier à la dégradation de la situation sécuritaire chez le voisin, comme le feraient certainement les Etats européens appelant leurs touristes à la vigilance, si ce n'est à annuler leur voyage, réagit comme si l'attentat s'était produit sur son sol.
Les assurances du ministre de l'Intérieur, dirigées d'abord vers les touristes algériens, seront, à n'en pas douter, d'une aide précieuse aux opérateurs tunisiens qui avaient grand besoin du soutien des autorités algériennes pour sauver leur saison, que l'attaque terroriste est de nature à compromettre.
Il faut dire que stratégiquement, la réaction des autorités algériennes, qui ne s'étaient pas satisfaites d'un communiqué de dénonciation, place le curseur de la lutte antiterroriste dans la région à un autre niveau de traitement. L'égoïsme national n'est plus de mise.
Les intérêts des deux nations passent prioritairement par l'éradication du fléau terroriste. Le message est on ne peut plus clair. Et à travers la ferme décision d'Alger de ne pas rester les bras croisés, mais au contraire, passer à l'offensive et engager la bataille sur le terrain politique et de la coopération tous azimuts, la barre est placée à un niveau inédit dans l'histoire de la coopération au Maghreb. Même si la Tunisie a fait montre d'une solidarité sans faille durant la décennie 1990, en maintenant ses frontières avec l'Algérie ouvertes, malgré les risques, l'attitude de l'Algérie, présentement, amène une lecture plus stratégique.
On est invité à comprendre que désormais, la sécurité des Algériens est liée à celle des Tunisiens. Cette posture sied aux deux sociétés qui ont toujours voué l'une à l'autre, une grande fraternité et un respect mutuel. On ne trouvera pas un Tunisien ou un Algérien qui démentira l'appel du ministre de l'Intérieur à «promouvoir les relations commerciales entre l'Algérie et la Tunisie, et à renforcer l'échange des expériences, notamment dans le secteur du tourisme».

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