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LE PRÉSIDENT ORDONNE UNE RÉFORME POUR MIEUX LUTTER CONTRE LA CORRUPTION

Raid dans la jungle des prédateurs

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La lutte contre la corruption se fera avec de nouveaux artifices juridiquesLa lutte contre la corruption se fera avec de nouveaux artifices juridiques

L'Affaire d'El Boucher a révélé des failles dans l'édifice national de lutte contre la corruption. Le gouvernement compte y remédier.

Un groupe de travail restreint sera mis en place le mois de septembre prochain. Sa mission consistera à préparer une mouture de la réforme de l'Office central de répression de la corruption (Ocrc). C'est l'annonce qui a été faite par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh à l'initiative du président de la République. La lutte contre la corruption se fera avec de nouveaux artifices juridiques dans le but de renforcer les mécanismes et les outils susceptibles de prévenir et lutter contre ce fléau à la dimension tentaculaire.
L'Office central de répression de la corruption qui a été créé en 2006 n'a pas eu la rigueur attendue pour exercer sa force de «dissuasion» en termes de lutte et de prévention contre des pratiques de corruption. Les conséquences directes et indirectes de l'affaire dite des 701 kilos de cocaïne a mis en lumière certains comportements de la part de quelques fonctionnaires qu'il va falloir réprimer via le renforcement de l' Ocrc.
La décision du gouvernement à travers le ministère de la Justice d'aborder avec de nouveaux mécanismes juridiques le phénomène de la corruption, renseigne sur l'enjeu que constitue cette lutte et aussi la profondeur qui caractérise ce fléau qui a pénétré tous les rouages de la société et des institutions.
Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, a souligné la nécessité de «consolider davantage les mécanismes à même de contribuer à la lutte contre ce phénomène», et d'ajouter «qu'en application des instructions du président de la République, il sera procédé à la formation d'un groupe de travail restreint, début septembre prochain, en vue de réformer l'Ocrc, dont la création remonte à 2006, et ce, en vue de renforcer davantage les mécanismes à même de contribuer à la lutte contre la corruption». C'est-à-dire que l'office doit être doté de plus de prérogatives dans le sens «coercitif» du terme et d'élargir sa sphère d'intervention et ses modalités de lutte et de prévention contre l' «hydre» de la corruption qui a pris des propensions graves.
D'ailleurs, le ministre de la Justice, Tayeb Louh a fait allusion dans son intervention sur cette question lancinante de la lutte contre ce fléau et l'urgence de la mise en place de moyens adéquats pour parvenir à amoindrir son effet. Dans ce sens, Tayeb Louh a indiqué qu'«il est devenu impératif de réactiver les mécanismes de prévention, qui est de la responsabilité de tous les secteurs et de la société de façon générale, voire considéré comme un des moyens efficaces dans la lutte contre la criminalité». Le ministre évoque la question de la lutte avec une nouvelle méthode et aussi avec de nouveaux mécanismes juridiques en termes préventifs. C'est dire que le groupe de travail qui verra le jour, début septembre, aura du «pain sur la planche», puisqu'il s'agit d'un grand défi que l'Etat devrait relever avec force et âpreté que ce soit au niveau juridique ou au niveau politique en permettant à cette lutte d'avoir un sens effectif et concret via l'ouverture de dossiers qui ont trait aux affaires en rapport avec ces pratiques inhérentes à la corruption.
Selon toute vraisemblance, le secteur de la justice est en train d'approfondire son «remake» dans l'objectif d'assainir les institution et la société des pratiques de corruption qui ont atteint un niveau des plus inquiétants.
L'Office central de répression de la corruption (Ocrc) aura à assumer une mission très délicate et sensible, celle de prévenir et de lutter contre un fléau qui n'est pas du tout facile. Cela implique une couverture politique et aussi le déploiement de moyens techniques et logistiques très importants sans oublier l'implication de la ressource humaine qualifiée et apte à gérer des situations et suivre des enquêtes aussi pointilleuses.
La réforme devrait répondre à l'équation complexe de ce fléau: comment lutter? Quel est le champ d'intervention des agents publics qui s'en chargeront de cette mission délicate? Quelles sont les nouvelles prérogatives qui leur seront assignées?
Lutter contre la corruption c'est aussi avoir une marge de volonté en mesure d'entraîner dans son sillage la dynamique de la société comme viatique et rempart efficace dans le sens de la lutte et la prévention contre la corruption et ses conséquences néfastes.

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