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FINI LE TEMPS OÙ ILS ÉTAIENT LES VEDETTES DES ÉTÉS ALGÉRIENS

Nos émigrés n'impressionnent plus

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L'époque d'aller à leur accueil à l'aéroport et le grand ménage avant leur arrivée relève d'un passé révolu.

Nos émigrés sont venus en nombre cet été aussi. Leurs véhicules immatriculés à l'étranger sont visibles partout. Sur les routes, en ville et dans les parkings des plages. Le mal du pays est définitivement leur «point faible». Cependant, force est de constater que leur arrivée passe de plus en plus inaperçue ces dernières années. On n' en parle presque pas et l'on s'y intéresse de moins en moins. L'époque d'aller à leur rencontre à l'aéroport et d'effectuer le grand ménage avant leur arrivée relève d'un passé révolu. Leurs voisins au bled ne sont au courant de leur retour que quelques jours après leur arrivée! Cet état de fait-est-il la conséquence du hasard ou la résultante de quelque chose? Nombre de citoyens, interrogés à ce sujet ont affirmé que c'est la conséquence de l'évolution qu'a connue la société algérienne. «L'émigré n'est plus cette personne qui donnait, il y a 10 ans, l'impression qu'il venait d'une autre galaxie, inspirant l'étrangeté et l' avance sur tous les plans», indique sèchement Razik. Et d'ajouter: «L'émigré est l'ombre de lui-même de nos jours. Il est bien en retard dans beaucoup de domaines. Il mange à peine à sa faim et s'habille comme il peut en Europe», a ajouté notre interlocuteur avec une note de fierté. Avant de pousser le bouchon très loin. «N'avez-vous pas vu les misérables téléphones portables qu'ils possèdent? N'avez-vous pas vu les bagnoles avec lesquelles ils roulent? Elles sont toutes bas de gamme», ajoute-t-il, soulignant que les temps ne sont jamais statiques.
Assis avec Razik, Imad, la trentaine passée, pense que ce qui fait que les émigrés deviennent de plus en plus invisibles ces derniers temps, est le fait que ces derniers ne sont pas réellement en exil. «L'avènement des moyens de connexion a suspendu la distance et le sens de l'exil a perdu complètement sa signification», dira Razik. Et de poursuivre: «Les émigrés ont perdu de leur éclat et de leur prestige en raison aussi du changement de leur statut. L'ensemble des émigrés est à présent constitué de nouveaux couples ou des étudiants. Les émigrés de la première et de la deuxième génération n'existent presque plus. Les nouveaux émigrés sont des ascendants et à ce titre ils sont à peine connus dans leurs quartiers et villages. Ceci fait que peu de personnes attendent leur retour.» Imad ne contredit pas son ami Razik quant au fait que le train de vie de nos émigrés a baissé ces dernières années. «Les émigrés qui se permettaient le luxe autrefois, en s'achetant à leur arrivée au pays les vêtements les plus chers, et en se permettant les fruits et légumes et toutes sortes de viandes et friandises se contentent à présent de peu et seulement du nécessaire. Leurs vêtements sont achetés dans les magasins bon marché et leurs courses sont faites dans les marchés du coin», signifie-t-il. A l'inverse de Razik, Imad n'est pas aussi critique à l'égard des émigrés. Pour lui, ils n'ont pas choisi l'exil de bon coeur, ils y ont été contraints. La recherche de l'emploi et d'une vie stable restent les deux principales raisons, selon lui, qui poussent les Algériens à courir derrière la vie dans l'Hexagone et dans le Vieux Continent de manière générale. Interrogé pour sa part Salim, quinquagénaire, a indiqué que le changement du regard de la société à l'endroit des émigrés s'explique par des raisons objectives.
La mondialisation a annulé les différences entre les peuples et les continents. «L'accès au savoir, aux nouvelles, à la technologie n'est plus l'apanage des sociétés occidentales comme ça été le cas pendant les années 1980 et 1990», fera-t-il remarquer. Et de souligner que «la nouvelle génération n'attend plus comme notre génération l'arrivée des émigrés pour s'informer au sujet des dernières marques concernant les vêtements, les voitures et les outils informatiques. Toutes les informations sont disponibles au bout d'un clique présentement et la curiosité ce n'est pas ce qui manque pour nos jeunes», a-t-il souligné. Au sujet de la baisse du niveau de vie des émigrés en France et en Europe de manière globale, Salim se dit relatif. «Les émigrés sont payés au même titre que les citoyens des pays dans lesquels ils vivent. Je ne pense pas qu'ils vivent dans la misère, mais ils ne vivent pas non plus dans l'aisance», insiste-t-il. Pour Salim, «l'inflation rattrape tout le monde en Europe». A ce propos, il faut dire que beaucoup de nos émigrés soulignent le fait qu'ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts. «Certes, nous vivons dignement, mais nous ne pouvons plus mettre l'argent de côté. Les impôts ne font qu'augmenter au fil des années», dira Rachid émigré en France depuis plus de 10 ans. Rachid qui ne regrette pas pour autant son choix d'avoir opté pour l'exil, note toutefois que le niveau de vie des Algériens s'est nettement amélioré ces dernières années. Interrogé sur son sentiment par rapport au changement du regard des Algériens à l'endroit des émigrés, en les estimant juste à leur juste valeur, Rachid a dit que la mondialisation et l'avènement des moyens de connexion ont effectivement changé la donne. Est-ce pis ou tant mieux pour lui? Rachid a dit que c'est plutôt tant mieux.

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