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SAHEL, LIBYE, PRÉSIDENTIELLE MALIENNE...

Messahel et Le Drian accordent leurs violons

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Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangèresAbdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères

Le chef de la diplomatie algérienne et son homologue français ont passé en revue les crises qui secouent la région et se sont concertés en vue de la 2ème session du dialogue stratégique qu'ils coprésideront en octobre à Paris.

Les relations entre Paris et Alger sont au beau fixe. Un ciel sans nuages dans une aire géographique qui n'en manque pourtant pas et qui demeure au coeur de leurs préoccupations. Le Mali est en reconstruction malgré une stabilité retrouvée mais qui reste fragile alors que la Libye ne se remet toujours pas de l'insurrection du mois de février 2011 qui a mis fin au règne du dirigeant de l'ex Jamahiriya, Mouammar El Gueddafi. Les événements qui secouent ces deux pays ont été évoqués le 7 août au cours d'un entretien téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean- Yves le Drian, selon un communiqué du MAE. «L'entretien qui s'inscrit dans le cadre de la tradition de concertation et de consultations entre les deux pays, a permis de passer en revue les moyens de renforcement des relations bilatérales dans la perspective de la prochaine réunion du Comité mixte économique algéro-français (Comefa) et la 2ème session du Dialogue stratégique que coprésident les deux ministres, prévues à Paris au mois d'octobre prochain», précise la même source. Une opportunité qu'ont saisie les deux hommes pour faire le tour de certaines questions d'intérêt commun. Notamment la situation au Sahel et en Libye, qui ont fait l'objet d'un large échange de vues. En ce qui concerne le Sahel, la présidentielle malienne était inévitable. Les deux ministres ont considéré que «l'aboutissement de l'élection présidentielle au Mali, dont le premier tour s'est déroulé le 29 juillet 2018, devrait permettre l'accélération du processus politique et de la réconciliation nationale». Ils ont formé le voeu que l'étape post-électorale «puisse accorder la priorité au parachèvement de la mise en oeuvre de l'Accord de paix». Un accord de paix où l'Algérie a joué un rôle de premier plan. Le Premier ministre malien, qui avait réservé sa première sortie internationale à l'Algérie, actrice incontournable et majeure du retour de la stabilité dans son pays, l'avait souligné dès sa descente d'avion. «L'Algérie joue depuis toujours un rôle majeur et essentiel dans la stabilité du Mali. A deux reprises au moins, elle est intervenue pour aider les Maliens à se retrouver entre eux, que ce soit en 1992 ou en 2015», avait rappelé, le 13 janvier à Alger, Soumeylou Boubèye Maïga. «L'Algérie et la France continueront d'appuyer le gouvernement malien dans sa stratégie de sortie de crise et de lutte contre le terrorisme», a souligné mardi dernier le ministère des Affaires étrangères. Pour ce qui est de la Libye, les deux ministres ont abordé «les récents développements et les efforts liés à la sortie de crise». Ils ont, à cet égard, réaffirmé leur «entière disponibilité à n'épargner aucun effort pour contribuer au parachèvement du processus onusien et au suivi des engagements pris par les parties libyennes lors de la conférence de Paris». «Tous ces efforts devraient permettre la mise en place d'institutions nationales capables de préserver l'unité et l'intégrité territoriale de la Libye, sa souveraineté et sa cohésion nationales», a ajouté la même source. L'entretien téléphonique entre les deux patrons de la diplomatie algérienne et française s'est déroulé dans le sillage d'un séminaire international au profit de la police technique et scientifique des pays membres du G5 Sahel, destiné à renforcer leurs capacités dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, qui se tient à Niamey. Le chef de mission Eucap Sahel Niger, Frank Van der Mueren, a rappelé que ce séminaire se tient dans un contexte sécuritaire du Sahel «confronté à une menace grandissante d'attaques terroristes, de criminalité liée au trafic des migrants vers l'Europe, de trafics de produits stupéfiants et de trafics d'armes». Pour rappel, la mission d'Eucap Sahel vise à lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que les migrations irrégulières. L'espace sahélo-saharien fait face à trois fronts très actifs: le groupe terroriste Boko Haram basé au Nigeria depuis 2009, les groupes terroristes proches d'Al-Qaïda, ainsi que des groupes armés et autres bandits de tout acabit en Libye. En outre, le Niger est également un pays de transit par excellence pour les migrants vers l'Europe, un phénomène auquel l'Algérie, la France et d'autres pays européens restent très sensibles.

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