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INCAPABLE DE JUGULER LA FLAMBÉE DES PRIX ET DE CONTRÔLER LE MARCHÉ

La "farce" de deux ministres

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Abdelkader Bouazghi     ,    Saïd DjellabAbdelkader Bouazghi , Saïd Djellab

Le ministère du Commerce pointera encore du doigt cette frénésie démesurée du consommateur sur certains produits, qui sera à l'origine de la hausse des prix, mais à force d'être ressassé, ce disque est rayé.

Ne dit-on pas que gouverner c'est aussi prévoir? Ce n'est pas tout à fait de cette oreille que l'entendent deux membres de l'Exécutif, Saïd Djellab, ministre du Commerce et Abdelkader Bouazghi, ministre de l'Agriculture, directement interpellés par un dossier incandescent: les prix des fruits et légumes ainsi que des viandes rouges et blanches sont quasiment inabordables à quelques jours de l'Aïd. Qu'en sera-t-il alors la veille du «Sacrifice»? L'argument de l'offre et de la demande est irrecevable pour la simple raison que c'est l'offre qui est abondante et cela de la bouche même du ministre de l'Agriculture. Et puis, le pays n'est pas en situation de sécheresse. Avec un hiver et un printemps très pluvieux, l'abondance de la production agricole suffira largement aux besoins du pays. Quel justificatif, quelle promesse sans lendemain va encore servir aux Algériens le ministre de l'Agriculture? Quand on veut faire avaler des couleuvres, il faut être un bon cuistot pour les rendre succulentes...
Le ministère du Commerce pointera encore du doigt cette frénésie démesurée du consommateur sur certains produits, qui sera à l'origine de la hausse des prix. Les consommateurs doivent changer de comportement et faire preuve de plus de retenue, les prix baisseraient d'eux-mêmes et le marché retrouvera un certain équilibre. Le disque est rayé. La vérité est que le département de Djellab est loin, très loin de maîtriser le marché. Le commerce lui échappe totalement et ce ne sont pas les promesses sans lendemain qui vont maîtriser la situation. Le ministre du Commerce a fait son test il y a de cela deux mois, durant le mois de Ramadhan dernier. A-t-il échoué? Nommé en avril 2018, soit un mois avant le Ramadhan, il bénéficiait d'un délai de grâce ce qui n'est plus le cas à présent. Il a eu suffisamment de temps pour localiser le mal et de l'isoler pour mieux le soigner. Or, l'envolée inexpliquée des prix laissent conclure que sa médication est totalement inopérante. A-t-il déjà une médication? Sa dernière «décision» pour l'Aïd El Adha pour garantir un bon déroulement des permanences ne laissent-elle pas supposer que ce cadre de valeur est hors du coup?
Après avoir brandi le glaive de la loi qui serait appliquée dans toute sa rigueur contre les commerçants récalcitrants, en juin dernier, voilà que deux mois plus tard, on recommande plutôt de mener une action de sensibilisation à l'endroit de ces mêmes commerçants. La direction du commerce a lancé, depuis avant-hier, une campagne de sensibilisation à l'adresse des commerçants et opérateurs économiques, notamment ceux de la capitale, pour les appeler à respecter le programme de permanence relatif aux deux jours de l'Aïd El Adha et la semaine qui suit. Cette campagne qui s'étalera jusqu'au 21 août a pour objectif d'éviter les perturbations d'approvisionnement durant les deux jours de l'Aïd et appelle les commerçants et opérateurs économiques à la nécessité de respecter le programme de permanences relatif aux deux jours de l'Aïd El Adha et la semaine qui suit, et ce pour garantir l'approvisionnement des citoyens en produits de grande consommation. Il ne manquait plus qu'à les supplier...Ce changement de ton ne traduit-il pas une certaine mollesse de l'Etat?
Seulement voilà, achalander le marché, le stabiliser et asseoir des mécanismes de fonctionnement stricte n'est pas la première préoccupation des deux membres du gouvernement. Les a -t-on vu se réunir pour identifier et sérier les problèmes qui accablent le fonctionnement du marché? Leurs préoccupations sont ailleurs...Rappelons-nous de la polémique, inutile, qui les a opposés en juin dernier sur le «scandale» du refoulement de produits agricoles algériens du Canada et de la Russie.
Courroucé, Saïd Djellab a lancé une opération de collecte d'informations en rapport avec cette affaire en vue d'identifier avec exactitude les vraies raisons du dysfonctionnement. La campagne, appuyée par les médias, a laissé entendre que l'échec des opérations d'exportation est due à un usage exagéré de pesticides.
L'«accusation» a fait sortir de ses gonds le ministre de l'Agriculture Bouazghi qui a répliqué par un communiqué affirmant que «l'ordre phytosanitaire», n'était pour rien dans ces refoulements suggérant que les problèmes tiennent à d'autres procédures que celles inhérentes à son secteur.
Entendre par là qu'il s'agit du ministère du Commerce. Mais cela ne règle en rien la question de fond. Ni le département du commerce ni celui de l'agriculture n'ont apporté des solutions à même de satisfaire le citoyen.

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