Les choses s'accélèrent

On voit mal les électeurs algériens, en tout cas ceux qui voteront au prochain scrutin, miser sur un «club» et lui confier les clés du pays.

Les événements qui «meubleront» la prochaine rentrée politique se préparent dans la discrétion des «arrière-boutiques» de quelques adresses bien connues de la sphère politique nationale.
Les «faiseurs» d'opinion de tous les bords et de toutes les tendances idéologiques qui traversent la scène partisane sont déjà en «chasse» pour convaincre un maximum de partis et de personnalités à l'idée qu'ils se font de l'avenir immédiat du pays. Si les hommes du pouvoir ont déjà «dégainé» le front populaire pour réunir autour de l'option d'un grand rassemblement multipartisan, une réelle plate-forme sur laquelle ils édifieraient un discours susceptible de convaincre un maximum de citoyens, dont la perspective d'une union est comparable à une planche de salut eu égard aux dangers qui guettent le pays, en face, les tenants de «l'alternance maintenant et tout de suite» sont, eux aussi, sensibles à voir orbiter autour de leur approche un maximum de sigles politique.
La dernière trouvaille de ce qui est, convenu de qualifier présentement de «club» a été d'annoncer la naissance de leur «collectif» dénommé «citoyenneté», au cour d'un «mignon» regroupement à la place des Martyrs.
Les deux tendances qui se font face donnent d'eux l'image d'un combat entre un géant et un nain. Le tableau asymétrique qu'offre la scène nationale amène à penser que les jeux sont quasiment faits. On voit mal les électeurs algériens, en tout cas ceux qui voteront au prochain scrutin, miser sur un «club» et lui confier les clés du pays. Mais le paysage politique est bien plus riche. Une multitude de formations politiques, de personnalités indépendante et de collectifs citoyens n'adhèrent ni au premier ni au second.
L'émergence d'une troisième voie qui soit celle de la raison est sous-jacente au sein de la société, mais pèche par son atomisation. La présence effective de cette frange d'Algériens qui explique en partie le taux d'abstention aux différents rendez-vous électoraux est «grignotée» dans ses deux extrémités par les partisans du front populaire et ceux de l'alternance. Mais si dans le premier cas, la démarche est cohérente et repose sur un discours lisible, voire dans certains de ses aspects rassurants, dans le camp d'en face, un manque flagrant de consistance suscite plus de crainte que d'adhésion de la part de cette majorité d'Algériens qui aspire certes, à la démocratie, mais lui préfère de loin la stabilité et la continuité dans la construction du pays.
A quelques mois de la prochaine échéance présidentielle, force est de constater que les forces politiques en présence ne parviennent pas à créer un climat serein, à même de proposer un choix assez large en programmes électoraux dignes de ce nom.