CAMPAGNE NATIONALE DE NETTOIEMENT

Suivi mitigé à Oran

Suivi mitigé à Oran

Hormis quelques associations, la majeure partie de ces organisations ne connaît la route de l'APC que pour déposer les bilans pour être subventionnée.

Mieux vaut tard que jamais. La commune a réagi en mobilisant ses effectifs, tout en les dotant des outils neufs dans le cadre du nettoiement de la cité. Il n'en demeure pas moins que ce n'est totalement pas le cas chez ce citoyen tant attendu dans le cadre du volontariat national, lancé par le département de Zerouati. La participation de celui-ci est mitigée pour ne pas dire presque imperceptible dans plusieurs cités toutes sales. Où sont donc passées ces dizaines d'associations revendiquant leur droit aux subventions de l'état? «C'est un prélude vers des actions citoyennes», dira un agent de nettoiement de la commune d'Oran ajoutant que «faute de tapage médiatique, nous nous sommes retrouvés pratiquement seuls dans ce bénévolat». À vrai dire, ledit volontariat a été lancé dès que les «officiels» ont imputé la responsabilité du choléra à la saleté ambiante, envahissant les villes. À Oran, une telle mission a été déclenchée depuis mercredi dernier.
Elle est motivée par le constat fait, reposant sur une situation ayant atteint le seuil du non-retour. Les rues du vieil Oran en sont un exemple concret. Elles offrent l'un des spectacles des plus désolants et une image d'une ville hideuse, n'ayant quasiment rien d'une cité heureuse. Derrière le Front de mer se dresse un large éventail constituant toutes les misères. Les rues sont jonchées de saletés diverses, de sachets, papiers et autres sacs poubelles. Ahurissant pour une ville se préparant pour les Jeux méditerranéens. Mdina Djedida ainsi que plusieurs immeubles éventrés par les aléas de la nature sont convertis en dépotoirs, abritant toutes les formes d'immondices. Le plancher est envahi par les ordures, des murs décrépis, moches, les gens pressent le pas, sans se soucier mais sans pour autant prendre en compte le respect des voies de circulation. Les services municipaux en charge du nettoyage de la commune sont largement dépassés. De jour, comme de nuit, ils prélèvent des centaines de tonnes d'ordures. La situation revient en l'état dès le petit répit observé par ces hommes baptisés au nom péjoratif de «zebbala» alors qu'en réalité, ces employés sont tout simplement des agents de nettoiement, nettoyant les cités dans des conditions tant bien que mal. Des cités entières croulent sous les montagnes d'ordures qui s'accumulent chaque jour. Et pour cause, les services municipaux sont mis à l'index en n'ayant pas pris les dispositions nécessaires, comme la mise en place des poubelles pour recueillir petits papiers, bouteilles et autres déchets.
Cette lacune est suivie par l'absence flagrante de campagnes d'informations et de sensibilisation. Mais, la responsabilité des citoyens est pleinement engagée. La gestion des affaires de la cité n'est, selon le nouveau Code communal, plus l'apanage exclusif de l'exécutif communal. Le mouvement citoyen et associatif est invité à participer dans les sessions municipales, prendre part aux débats et se constituer en tant que force de propositions. Hormis quelques associations se comptant sur les doigts d'une seule main, la majeure partie de ces organisations ne connaît la route de l'APC que pour déposer les bilans pour être subventionnée. Le manque de civisme est ainsi donc criant, au point où à elle seule, la ville d'Oran produit quotidiennement près de 1 600 tonnes de déchets ménagers. Une telle quantité qui double durant la saison estivale à tel point que les agents de nettoiement ne savent plus par quoi commencer, vu le manque de moyens mais aussi de motivation.